Éducation nationale : les tensions persistent entre les contractuels et la tutelle

Avatar de Nora Jaafar

Temps de lecture :

Les tensions persistent entre contractuels et MEN

A
A
A
A
A

Le bras de fer entre les enseignants contractuels et le ministère de l’Éducation nationale est loin d’être fini. Un nouvel appel a été lancé par le Syndicat national d’enseignement (SNE) à l’adresse des cadres administratifs relevant de la tutelle pour observer une nouvelle grève nationale les 22 et 30 avril. Le SNE a également exhorté à l’engagement de tous les contractuels aux programmes de lutte établis par la coordination tripartite des associations de cadres administratifs de l’éducation. De son côté, Saïd Amzazi a défendu le mode d’embauche régional lors de son intervention à la Chambre des représentants. Pour lui, cette politique de recrutement a été utile et efficace au regard des efforts déployés par le Royaume pour réformer son système éducatif.

Les tensions entre enseignants contractuels et ministère de l’Éducation nationale s’enveniment. Dans un communiqué de presse, datant de ce lundi 19 avril, le Syndicat national d’enseignement (SNE), affilié à la Confédération démocratique du travail (CDT), a annoncé qu’il compte continuer de défendre les dossiers revendicatifs qu’il a soumis au gouvernement depuis déjàplusieurs mois. Le SNE rappelle qu’il s’agit de la nécessité d’adopter en urgence «deux décrets relatifs aux cadres administratifs, de la révision du cycle de formation des cadres de l’administration pédagogique et de l’octroidu statut d’“administrateur pédagogique”au personnel exerçant les fonctions de l’administration pédagogique par attribution».

Lire aussi :Éducation : le ras-le-bol des contractuels et le mutisme de la tutelle

Aussi, le communiqué de presse souligne que les contractuels et leurs représentations exigent la régularisation de la situation des administrateurs pédagogiques de deuxième grade et de celle de tous les lauréats des cycles administratifs, tout en leur assurantunemobilité entre les cycles d’enseignement. Concernant les indemnités financières, le SNE demande leur révision à la hausse. Il appelle également à une consolidation des ressources humaines ainsi qu’à l’amélioration des conditions du travail de l’administration pédagogique.

Lire aussi :Enseignants contractuels : le combat reprend de plus belle

D’après la missive, le gouvernement et la tutelle sont pleinement responsables de la forte tension avec les éducateurs «ainsi que de la grande paralysie et confusion vécues par les établissements d’enseignement». Le syndicatlance que c’est en raison du silence de ces derniers que le système éducatif marocain est en constante détérioration. Et afin de dénoncer cette « injustice », le SNE exhorte tous les cadres administratifs de l’éducation, dont les directeurs d’écoles, les superviseurs, les inspecteurs…, etc., à rejoindre sa cause en observant une grève nationale de soutien les 22 et 30 avril, et en adhérant aux programmes de lutte arrêtés par la coordination tripartite de l’enseignement (l’Association nationale des directeurs des lycées publics du Maroc, l’Association nationale des surveillants généraux, des censeurs, des directeurs, des chefs de travaux et des directeurs d’études, et l’Association nationale des directeurs de l’enseignement primaire au Maroc).

Lire aussi :Grogne sociale : contractuels et infirmiers interdits de manifester

Amzazi défend le mode d’embauche régional

Intervenant à la Chambre des représentants, Saïd Amzazi, ministrede l’Éducation nationale, a déclaré que son département «n’a imposé à personne le mode d’embauche régional et reste attaché à la garantie du droit des étudiants à l’apprentissage». Le ministre a avancécette affirmation en réponse aux interrogations des députés quant à la «situation préoccupante» du secteur de l’éducation, notamment suiteaux protestations continues des enseignants contractuels et de la stagnation de l’année scolaire en coursen raison dela pandémie de la Covid-19.

Lire aussi :Éducation nationale : entre Covid-19 et manifestations des contractuels, le secteur est dans la tourmente

Amzazi a ainsi consacré l’essentiel de son discours sur les manifestations des éducateurs et l’attitude conflictuelle de «certaines parties» qui aterni la réputation du «mode de recrutement» adopté par son ministère. Ilest revenu sur «l’évolution de la situation statutaire des enseignants des académies régionales de l’éducation et de la formation (AREF), qui s’est déroulée en trois grandes phases». Il a expliqué quedurant la première phase, remontant à 2016, les AREF ont organisé des concours de recrutement pour embaucher des candidats sous contrat. Deux ans plus tard, grâce au soutien du gouvernement, les autorités éducatives «ont amélioré les conditions réglementaires de recrutement, en mettant en place un statut spécifique en 55 articles approuvés par les conseils d’académie», et ce dans le cadre de la deuxième phase. S’agissant de la troisième phase, lors de cette dernière le régime contractuel a été abandonné pour un «système d’équivalence des droits et obligations». Selon Amzazi, l’objectif premier était de mettre en place progressivement un cadre juridique permettant aux autorités de «rectifier la situation administrative» des contractuels avant l’adoption de cette nouvelle politique.

Lire aussi :Éducation : la réforme du secteur ne peut plus être retardée, selon Amzazi

En réponse aux accusations des enseignants concernés, qui dénoncent être victimes d’un mécanisme de recrutement injuste et opaque, le ministrea assuréqu’il s’agissait au contraire d’un mécanisme transparent basé sur l’organisation d’examens régionaux.«Le taux de participation élevé, croissant et volontaire aux concours de recrutement organisés annuellement par les académies régionales» estla preuve du succès et de l’efficacité de ce mode d’embauche, martèle le responsable.Et de préciser que la politique de recrutement régionale s’est avérée utile et efficace au regard des efforts déployés par le pays pour réformer son système éducatif.

Lire aussi :Éducation/formation : de grands changements en vue

Auparavant, le recrutement de 100.000 enseignants pouvait prendre jusqu’à 20 ans. Mais depuis l’adoption du nouveaurégime d’embauche par région, le Maroc a pu recruter le même nombre d’éducateurs en seulement cinq ans, a soutenu Amzazi. Enfin, il a indiqué quece rythme rapide signifie que cette solution a contribué à la réalisation de l’objectif du Royaume de parvenir à une «justice spatiale» en étendant les services éducatifs aux élèves traditionnellement défavorisés des zones rurales.

Dernier articles
Les articles les plus lu
Intempéries : un dispositif structuré pour le retour des habitants à Sidi Slimane

Société - Les autorités locales mettent en œuvre un dispositif structuré pour faciliter le retour des habitants à Sidi Slimane après les intempéries.

Mouna Aghlal - 14 février 2026
L’agence Bayt Mal Al-Qods Acharif lance sa campagne sociale à l’approche du Ramadan

À l'approche du Ramadan, l'Agence Bayt Mal Al-Qods Acharif lance une campagne de 5 000 paniers alimentaires, 20.000 repas d’Iftar quotidiens.

Mouna Aghlal - 14 février 2026
Le CHU Mohammed VI d’Agadir clarifie les circonstances de décès d’un patient

Société - Le CHU Mohammed VI d'Agadir explique les circonstances du décès d'un patient survenu le 14 octobre. Détails à découvrir.

Mouna Aghlal - 14 février 2026
Intempéries : un plan intégré pour organiser le retour des habitants à Ksar El Kébir

Société - Les autorités de Larache annoncent un plan pour faciliter le retour des habitants à Ksar El Kébir après les intempéries.

Mouna Aghlal - 14 février 2026
Maroc ou le grand paradoxe hydrique ?

Dossier - Après des années de sécheresse, le Maroc a brutalement changé de décor hydrique en quelques semaines. Comment le pays gère-t-il ses ressources en eau ?

Sabrina El Faiz - 14 février 2026
Bulletin d’alerte météo : fortes intempéries attendues de vendredi à samedi

Société - La DGM annonce des intempéries majeures affectant plusieurs provinces ce week-end. Restez informés et préparez-vous.

Mouna Aghlal - 13 février 2026
Voir plus
Manifestations de la « GenZ 212 » : 60 personnalités marocaines exhortent le Roi à engager des réformes profondes

Société - Soixante figures marocaines appellent le roi Mohammed VI à lancer des réformes profondes en phase avec les revendications de la jeunesse.

Hajar Toufik - 8 octobre 2025
Travaux : les Casablancais n’en peuvent plus !

Dossier - Des piétons qui traversent d’un trottoir à l’autre, des voitures qui zigzaguent… À croire que les Casablancais vivent dans un jeu vidéo, sans bouton pause.

Sabrina El Faiz - 12 avril 2025
Manifestations de la « GenZ 212 » : appel à boycotter les entreprises liées à Akhannouch

Société - Les manifestations de la « GenZ 212 », poursuivent leur mobilisation à travers un appel au boycott des entreprises liées à Aziz Akhannouch.

Ilyasse Rhamir - 7 octobre 2025
Mariages marocains : l’amour au prix fort

Société - Au Maroc, on peut rater son permis de conduire, son bac… Mais rater son mariage ? Inenvisageable !

Sabrina El Faiz - 23 août 2025
La classe moyenne marocaine existe-t-elle encore ?

Dossier - Au Maroc, pour définir le terme classe moyenne, nous parlons de revenus. Cela ne veut pourtant plus rien dire.

Sabrina El Faiz - 5 juillet 2025
Le Maroc des voisins qu’on n’a pas choisis

Dossier - Les voisins ont bien changé. Les balcons étaient les réseaux sociaux d’antan. On y partageait les breaking news du quartier et les hommes étaient aussi bien surveillés que les enfants !

Sabrina El Faiz - 12 juillet 2025
pub

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée Champs requis marqués avec *

Poster commentaire