Aller au contenu principal

Éducation nationale : les tensions persistent entre les contractuels et la tutelle

Le bras de fer entre les enseignants contractuels et le ministère de l’Éducation nationale est loin d’être fini. Un nouvel appel a été lancé par le Syndicat national d’enseignement (SNE) à l’adresse des cadres administratifs relevant de la tutelle pour observer une nouvelle grève nationale les 22 et 30 avril. Le SNE a également exhorté à l’engagement de tous les contractuels aux programmes de lutte établis par la coordination tripartite des associations de cadres administratifs de l’éducation. De son côté, Saïd Amzazi a défendu le mode d’embauche régional lors de son intervention à la Chambre des représentants. Pour lui, cette politique de recrutement a été utile et efficace au regard des efforts déployés par le Royaume pour réformer son système éducatif.

Par Nora Jaafar, Publié le 20/04/2021 à 13:19, mis à jour le 20/04/2021 à 17:04
         Temps de lecture 9 min.
Teaser Media
Les tensions persistent entre contractuels et MEN

Les tensions entre enseignants contractuels et ministère de l’Éducation nationale s’enveniment. Dans un communiqué de presse, datant de ce lundi 19 avril, le Syndicat national d’enseignement (SNE), affilié à la Confédération démocratique du travail (CDT), a annoncé qu’il compte continuer de défendre les dossiers revendicatifs qu’il a soumis au gouvernement depuis déjà plusieurs mois. Le SNE rappelle qu’il s’agit de la nécessité d’adopter en urgence «deux décrets relatifs aux cadres administratifs, de la révision du cycle de formation des cadres de l’administration pédagogique et de l’octroi du statut d’“administrateur pédagogique” au personnel exerçant les fonctions de l’administration pédagogique par attribution».

Lire aussi : Éducation : le ras-le-bol des contractuels et le mutisme de la tutelle

Aussi, le communiqué de presse souligne que les contractuels et leurs représentations exigent la régularisation de la situation des administrateurs pédagogiques de deuxième grade et de celle de tous les lauréats des cycles administratifs, tout en leur assurant une mobilité entre les cycles d’enseignement. Concernant les indemnités financières, le SNE demande leur révision à la hausse. Il appelle également à une consolidation des ressources humaines ainsi qu’à l’amélioration des conditions du travail de l’administration pédagogique.

Lire aussi : Enseignants contractuels : le combat reprend de plus belle

D’après la missive, le gouvernement et la tutelle sont pleinement responsables de la forte tension avec les éducateurs «ainsi que de la grande paralysie et confusion vécues par les établissements d’enseignement». Le syndicat lance que c’est en raison du silence de ces derniers que le système éducatif marocain est en constante détérioration. Et afin de dénoncer cette "injustice", le SNE exhorte tous les cadres administratifs de l’éducation, dont les directeurs d’écoles, les superviseurs, les inspecteurs..., etc., à rejoindre sa cause en observant une grève nationale de soutien les 22 et 30 avril, et en adhérant aux programmes de lutte arrêtés par la coordination tripartite de l’enseignement (l’Association nationale des directeurs des lycées publics du Maroc, l’Association nationale des surveillants généraux, des censeurs, des directeurs, des chefs de travaux et des directeurs d’études, et l’Association nationale des directeurs de l’enseignement primaire au Maroc).

Lire aussi : Grogne sociale : contractuels et infirmiers interdits de manifester

 

Amzazi défend le mode d’embauche régional

Intervenant à la Chambre des représentants, Saïd Amzazi, ministre de l’Éducation nationale, a déclaré que son département «n’a imposé à personne le mode d’embauche régional et reste attaché à la garantie du droit des étudiants à l’apprentissage». Le ministre a avancé cette affirmation en réponse aux interrogations des députés quant à la «situation préoccupante» du secteur de l’éducation, notamment suite aux protestations continues des enseignants contractuels et de la stagnation de l’année scolaire en cours en raison de la pandémie de la Covid-19.

Lire aussi : Éducation nationale : entre Covid-19 et manifestations des contractuels, le secteur est dans la tourmente

Amzazi a ainsi consacré l’essentiel de son discours sur les manifestations des éducateurs et l’attitude conflictuelle de «certaines parties» qui a terni la réputation du «mode de recrutement» adopté par son ministère. Il est revenu sur «l’évolution de la situation statutaire des enseignants des académies régionales de l’éducation et de la formation (AREF), qui s’est déroulée en trois grandes phases». Il a expliqué que durant la première phase, remontant à 2016, les AREF ont organisé des concours de recrutement pour embaucher des candidats sous contrat. Deux ans plus tard, grâce au soutien du gouvernement, les autorités éducatives «ont amélioré les conditions réglementaires de recrutement, en mettant en place un statut spécifique en 55 articles approuvés par les conseils d’académie», et ce dans le cadre de la deuxième phase. S’agissant de la troisième phase, lors de cette dernière le régime contractuel a été abandonné pour un «système d’équivalence des droits et obligations». Selon Amzazi, l’objectif premier était de mettre en place progressivement un cadre juridique permettant aux autorités de «rectifier la situation administrative» des contractuels avant l’adoption de cette nouvelle politique.

Lire aussi : Éducation : la réforme du secteur ne peut plus être retardée, selon Amzazi

En réponse aux accusations des enseignants concernés, qui dénoncent être victimes d’un mécanisme de recrutement injuste et opaque, le ministre a assuré qu’il s’agissait au contraire d’un mécanisme transparent basé sur l’organisation d’examens régionaux. «Le taux de participation élevé, croissant et volontaire aux concours de recrutement organisés annuellement par les académies régionales» est la preuve du succès et de l’efficacité de ce mode d’embauche, martèle le responsable. Et de préciser que la politique de recrutement régionale s’est avérée utile et efficace au regard des efforts déployés par le pays pour réformer son système éducatif.

Lire aussi : Éducation/formation : de grands changements en vue

Auparavant, le recrutement de 100.000 enseignants pouvait prendre jusqu’à 20 ans. Mais depuis l’adoption du nouveau régime d’embauche par région, le Maroc a pu recruter le même nombre d’éducateurs en seulement cinq ans, a soutenu Amzazi. Enfin, il a indiqué que ce rythme rapide signifie que cette solution a contribué à la réalisation de l’objectif du Royaume de parvenir à une «justice spatiale» en étendant les services éducatifs aux élèves traditionnellement défavorisés des zones rurales.

Le Maroc suspend ses vols vers l’Allemagne, le Royaume-Uni et les Pays-Bas

Les autorités marocaines ont décidé ce mercredi de suspendre les vols en provenance et à destination de l’Allemagne, du Royaume-Uni et des Pays-Bas. Cette mesure est effective à partir de ce jour à 23...

Aïd Al Mawlid Annabaoui : une commémoration qui ne fait pas l’unanimité

Le Maroc ainsi que la plupart des pays arabes et musulmans célèbrent ce mardi, le jour de naissance...

Aid Al Mawlid : veillée religieuse et grâce royale au profit de 510 personnes

Le Roi Mohammed VI accompagné du Prince Héritier Moulay El Hassan et du Prince Moulay Rachid ont tenu ce lundi après la prière d’Al Maghrib, une veillée religieuse en commémoration de l’Aïd Al-Mawlid ...

Officiel : le passeport vaccinal adopté dés ce jeudi au Maroc

Un communiqué du gouvernement vient d'annoncer ce lundi soir que le passeport vaccinal sera demandé dans les transports et les espaces publics à partir du jeudi 21 octobre 2021. Le gouvernement a déci...

Nabila Rmili entame une opération grand nettoyage de Casablanca

Pas de temps à perdre pour Nabila Rmili, présidente du conseil de la ville de Casablanca. Deux jours après sa démission du poste de ministre de la Santé et de la Protection sociale, jeudi 14 octobre 2...

Accès aux espaces publics : le pass vaccinal deviendra bientôt obligatoire

C’est quasi-officiel, le pass vaccinal sera obligatoire pour accéder aux espaces publics au Maroc. ...