Changement climatique : la progression préoccupante du « Jour du dépassement »
L’humanité a vécu un mois de juillet marqué par des phénomènes climatiques extrêmes : canicules, sécheresses, et feux de forêt meurtriers. Selon Global Foot Print (GFP), le 28 juillet 2022 correspondait au « Jour du dépassement de la Terre ». En d’autres termes, à cette date, l’humanité a consommé (empreinte écologique) l’ensemble des ressources que la planète peut reconstituer en une année (biocapacité).
Nous continuerons à vivre les cinq mois à venir dans le rouge, en entamant la consommation du capital naturel nécessaire à la vie sur terre jusqu’à la fin de cette année.
Depuis la création de l’univers et jusqu’à l’apparition de la vie sur Terre, la nature, grâce à une volonté divine, a continué de s’ingénier en créations diverses, dont la beauté, l’efficacité, la complexité et l’utilité, ne font que confirmer que l’homme n’a rien fait que de comprendre et de copier la nature. Le bio-mimétisme est une excellente démarche, si l’on respecte la nature.
Hélas, depuis l’avènement de la nouvelle ère que l’on dénomme « Anthropocène », l’activité humaine impacte négativement notre environnement dans une sorte de « Biopiraterie ». Cet impact négatif est illustré par notre impact carbone (émission de CO2 généré par l’activité humaine), consommation excessive d’eau potable dans l’activité agricole et industrielle, pollution tous azimuts (terre, air et mer), et déforestation criminelle.
Ce constat, que certains dirigeants continuent à réfuter, devient de plus en plus évident de par la multiplication des catastrophes naturelles. L’exacerbation du changement climatique avait été signalée pour la première fois par des groupes de réflexion en 1972 au Club de Rome.
Des chercheurs du Massachusetts Institute of Technology (MIT) avaient ensuite publié le rapport Meadows (Les limites à la croissance, Livre de Dennis Meadows, Donella Meadows et Jørgen Randers), qui alertait sur l’empreinte écologique humaine et les principales interactions du « système Terre » : Population, économie, énergie, production agricole et industrielle, etc (La bombe humaine. Le Monde Diplomatique : « Manière de voir #167, octobre-novembre 2019).
En 1992, le sommet de la Terre de Rio de Janeiro, au Brésil, avait donné le coup d’envoi d’un programme ambitieux de lutte contre le changement climatique. Ce dernier portait sur :
- – la lutte contre le réchauffement climatique et la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) ;
- – la lutte contre la pauvreté en encourageant les objectifs de développement durable (ODD) ;
- – le respect des droits de l’homme ;
- – la promotion de la Biodiversité…
Ces objectifs logiques et justes n’ont pas été atteints, malgré la multiplication des rencontres internationales sur le climat.
La pandémie Covid-19, les conflits armés, la guerre en Ukraine, et les différentes vagues de déplacement des populations pour causes diverses ont aggravé la situation. Devant l’échec à trouver des solutions durables à ce phénomène qui menace la vie sur notre planète, on se tourne vers des solutions alternatives, à court et à moyen terme. Il s’agit de la décroissance, la sobriété énergétique, la diminution de la consommation de viande et d’eau potable pour un usage agricole, la réduction des déplacements en avions, etc.
Toutes ces solutions sont, certes, pertinentes, mais demandent une démarche et une participation citoyennes, et une communication claire de la part des dirigeants politiques.
Changer de comportement est psychologiquement difficile. Et interdire n’a jamais été payant. «Comprendre plus, pour risquer moins» est un concept qu’il faut développer. Dans la vie, il y a ceux qui ont tout compris et qui persistent dans l’erreur, et ceux qui n’ont rien compris et qui continuent à subir sans pouvoir réagir.
Espérons que le « Jour du dépassement » ne soit pas le jour du signal au « déplacement » !
L’être humain s’apprête déjà à abandonner le « Navire Terre » après l’avoir dégradé, en finançant des programmes de prospection de l’univers à la recherche d’autres planètes viables. D’autres pensent à construire des cités qui seront mieux vivables, avec des jardins suspendus éternels, des maisons intelligentes, des taxis volants, et même une nouvelle lune. À moins que ce ne soit qu’un rêve, qui nous rappelle celui des « Djinns » et des tapis volants, et qui a berné et enchanté notre enfance.
«En attendant la prochaine lune», veillons à préserver notre planète Terre, les voyages dans l’espace sont encore loin.
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