Sahara : le repositionnement discret de la Chine et de la Russie
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Le 31 octobre 2025, le Conseil de sécurité des Nations unies adoptait la résolution 2797 sur le Sahara, marquant, selon de nombreux observateurs, un basculement dans la manière dont la communauté internationale aborde ce conflit territorial vieux de cinquante ans, en particulier des puissances qui se sont longtemps rangées du côté algérien, dont la Russie et la Chine.
Appuyée par les États-Unis en tant que porteur du texte et soutenue activement par la France, la résolution a été approuvée par 11 voix pour, sans rejet direct, mais avec trois abstentions (Russie, Chine et Pakistan) tandis que l’Algérie, membre non permanent du Conseil, choisissait de ne pas participer au vote.
Cette décision du Conseil ne se limite pas à un simple renouvellement de mandat de la MINURSO. Elle introduit, pour la première fois dans le texte, la formulation selon laquelle elle considère l’autonomie sous souveraineté marocaine comme la solution la plus réaliste au Sahara.
Ce glissement sémantique replace le plan d’autonomie présenté par Rabat en tant que base privilégiée pour de futures négociations, au détriment de toute formulation affirmant la tenue d’un référendum d’autodétermination tel que réclamé par la pseudo RASD et ses alliés historiques. Le texte officiel de la résolution permet de vérifier cette évolution.
Une récente note du centre de recherche en affaires internationales de Barcelone (CIDOB) met en perspective ce nouveau cadre diplomatique et ses conséquences régionales. Selon l’auteur, la résolution matérialise une réinsertion du dossier du Sahara dans une logique d’équilibres d’influence.
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Un vote préparé et piloté par Washington
Les États-Unis ont assumé le rôle de rédacteur principal et d’initiateur du texte, la mission américaine à l’ONU a publié une explication de vote reprenant l’argumentaire selon lequel la résolution saisit une « fenêtre d’opportunité » pour avancer vers une paix durable.
La France a, pour sa part, multiplié les gestes diplomatiques en faveur de la reconnaissance du plan marocain, au point que le président Emmanuel Macron a personnellement œuvré pour lever les réticences de certains membres européens.
En janvier 2026, le Conseil d’association UE-Maroc a formalisé une position européenne coalisée, tout au moins sur le plan déclaratif, qui inscrit le concept d’autonomie « véritable » comme base de dialogue, illustrant la convergence entre décisions onusiennes et orientations européennes récentes, selon le rapport.
Pourquoi la Russie et la Chine se sont-elles abstenues ?
L’abstention de Moscou et Pékin est révélatrice des calculs stratégiques au-delà de la rhétorique, avancent les auteurs du rapport. Ces puissances ont pointé des méthodes de préparation du texte, sans toutefois vouloir assumer le coût politique d’un veto. La décision traduit aussi la faiblesse relative que représente, pour elles, l’enjeu sahraoui face à d’autres priorités (relations commerciales, projets d’infrastructure, coopération sécuritaire en Afrique).
Cette réorientation diplomatique s’inscrit dans un contexte régional déjà marqué par une militarisation croissante. Les données de l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm montrent une hausse notable des dépenses militaires au Maghreb et à l’échelle mondiale en 2024, ce qui influe sur le rapport de forces local.
Alger a augmenté sensiblement son budget de défense et diversifié ses acquisitions (notamment auprès de la Russie), tandis que Rabat a renforcé ses capacités via des partenariats internationaux, notamment des acquisitions et coopérations technico-militaires avec Israël. Ce renforcement a des implications directes sur le terrain, tant pour la surveillance que pour la potentielle évolution d’un conflit latent en conflit actif.
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Le dilemme algérien : isolement diplomatique ou escalade ?
Pour Alger, la résolution constitue un revers diplomatique important. L’Algérie se retrouve fragilisée par l’alignement qui s’opère, ainsi que par la prudence affichée par Pékin et Moscou.
Les options de l’Algérie sont restreintes. En effet, intensifier la pression énergétique sur l’Europe aurait des résultats limités dans un contexte de diversification des approvisionnements, soutenir militairement la pseudo RASD comporte le risque d’une guerre régionale, et un rapprochement avec des acteurs comme l’Iran risquerait d’isoler le pays davantage sur la scène internationale, selon le CIDOB.
Opter pour la reprise des hostilités exposerait l’Algérie à l’hypothèse d’une confrontation armée contre des forces marocaines désormais mieux équipées et soutenues diplomatiquement.
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