Réseaux sociaux : une députée du PAM réclame leur interdiction aux moins de 15 ans
Plusieurs études démontrent les effets négatifs des réseaux sociaux sur la santé mentale et physique des jeunes. (Illustration) © LeParisien / Arnaud Journois
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La députée Najwa Koukous (groupe parlementaire du PAM) a interpellé, le 9 février, le gouvernement marocain sur les risques liés à l’accès des mineurs aux réseaux sociaux. Elle a adressé des questions orales au chef du gouvernement ainsi qu’à trois ministres — ceux de la Justice, de l’Éducation nationale et de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication — appelant à des mesures « urgentes » pour interdire ou encadrer l’accès des enfants de moins de 15 ans aux espaces numériques.
Dans sa question orale, Najwa Koukous alerte sur les « effets psychologiques, comportementaux et éducatifs graves et destructeurs » résultant, selon elle, d’un usage non encadré des réseaux sociaux chez les moins de 15 ans et rappelle l’augmentation des phénomènes de « violence numérique, harcèlement, dépendance et exploitation ». Elle demande au gouvernement « les mesures d’urgence » qu’il entend prendre pour « l’encadrement ou l’interdiction de l’accès des enfants de moins de 15 ans à ces plateformes » et la mise en place d’un cadre juridique protecteur garantissant une « éducation numérique saine ».
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Koukous a par ailleurs adressé des questions ciblées aux ministres concernés. Au ministre de la Justice, elle demande quelles actions législatives ou répressives sont envisagées pour lutter contre l’exploitation et les violences en ligne visant les mineurs. Au ministre de l’Éducation nationale, elle appelle au renforcement des programmes de sensibilisation dans les établissements scolaires et à une plus grande implication des familles. Enfin, au ministre de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, elle plaide pour l’élaboration d’une stratégie nationale de communication destinée à encadrer, contrôler et réglementer l’accès des mineurs au numérique.
La parlementaire plaide pour une « approche globale et participative » qui associerait législation, campagnes de sensibilisation et accompagnement familial et institutionnel, estimant que la protection de l’enfance dans l’espace numérique est « une nécessité pressante » face aux transformations technologiques rapides.
Un débat inscrit dans un mouvement international
L’interpellation de Najwa Koukous s’inscrit dans un contexte international marqué par l’adoption de règles visant à limiter l’accès des mineurs aux réseaux sociaux. En Australie, une obligation imposée fin 2025 contraint les grandes plateformes à bloquer les comptes des utilisateurs de moins de 16 ans, sous peine de sanctions. Les autorités australiennes accompagnent cette mesure d’un dispositif de mise en œuvre confié à l’instance eSafety.
En Europe, la France a vu son Assemblée nationale approuver en première lecture une proposition de loi visant à interdire l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans, texte qui a relancé le débat public sur les modalités concrètes de vérification de l’âge et sur l’équilibre entre protection des mineurs et libertés individuelles.
Néanmoins, vérifier l’âge en ligne pose des défis considérables en matière de vie privée, d’efficacité et de contournement, et réclame des solutions concertées entre États, régulateurs et plateformes technologiques. La Commission européenne travaille par ailleurs sur des prototypes et des outils de vérification d’âge destinés à faciliter ce type de contrôles sans porter atteinte aux données personnelles.
Sur le plan pratique, Najwa Koukous demande la mise en place d’un « cadre juridique clair » pour protéger les mineurs, la généralisation des campagnes de sensibilisation dans les écoles et au sein des familles, ainsi que l’élaboration d’une politique nationale de communication dédiée à la protection des enfants en ligne. Elle met en garde contre les conséquences « psychologiques, éducatives et sociales » d’un laxisme prolongé et appelle à une mobilisation collective.
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