La presse arabophone (hebdos) du samedi 18 avril 2026
ASSAHIFA : Minéraux sous le sol du Maroc. Le Maroc dispose d’un sous-sol exceptionnellement riche en minéraux stratégiques (phosphates, cobalt, lithium, zinc, argent, cuivre) dont la valeur mondiale explose avec la transition énergétique et l’essor des technologies vertes. Sa position géographique entre Europe et Afrique renforce son potentiel stratégique. Pourtant, le pays peine à capitaliser sur cette richesse. Le secteur reste dominé par l’OCP pour les phosphates, tandis que le non-phosphatier est contrôlé en grande partie par le groupe Managem et des investisseurs étrangers. Le problème central n’est pas l’absence de ressources, mais le manque de transformation industrielle locale : le Maroc exporte encore essentiellement des matières premières brutes.
AL AYYAM : Comment le prix des légumes s’enfle-t-il au Maroc ? Au Maroc, les prix des légumes s’envolent entre le champ et le consommateur à cause d’une chaîne d’intermédiaires trop longue. L’agriculteur vend ses produits à bas prix (parfois 1 à 2 dirhams le kilo de tomates) mais le consommateur les paye 7 à 10 dirhams. Entre les deux, jusqu’à cinq intermédiaires se partagent les marges bénéficiaires, souvent sans transparence ni contrôle. Les marchés de gros sont dominés par de grands opérateurs qui influencent les prix à leur avantage. Les experts réclament une digitalisation des transactions, une meilleure régulation de l’État et le développement des coopératives agricoles pour court-circuiter les intermédiaires et protéger le pouvoir d’achat des citoyens.
AL MICHAAL : La fin des centres d’appels au Maroc ? Les centres d’appels au Maroc, qui emploient 120.000 personnes et génèrent 7 milliards de dirhams par an, sont gravement menacés par une nouvelle loi française interdisant le démarchage téléphonique non sollicité. Entre 40.000 et 50.000 postes pourraient disparaître, touchant principalement des jeunes diplômés de 20 à 35 ans. Cette crise frappe un secteur déjà fragilisé, très dépendant du marché français. Des experts appellent à une intervention gouvernementale urgente et proposent plusieurs solutions : diversifier vers les marchés anglophones et africains, monter en gamme vers des services numériques à haute valeur ajoutée comme la cybersécurité et l’intelligence artificielle, et bénéficier de soutiens fiscaux pour accompagner cette transition indispensable.
AL ANBAE : L’IA, levier de la souveraineté marocaine ? L’intelligence artificielle n’est plus un sujet réservé aux experts au Maroc : elle est désormais au cœur du discours politique officiel. Le Royaume ambitionne de faire de l’IA un levier de souveraineté technologique, conscient que maîtriser cette technologie, c’est maîtriser son avenir économique et politique. Cependant, des questions se posent : le cadre éthique et légal est insuffisant, les initiatives restent dispersées sans vision unifiée, et le Maroc consomme encore plus l’IA qu’il ne la produit. La stratégie « Maroc Digital 2030 » fixe des objectifs ambitieux (100.000 profils formés, numérisation des services publics) mais l’écart entre discours et exécution concrète demeure le principal défi à relever.
ASSAHIFA : Diaz choisit le cœur, Yamal choisit la raison. Brahim Diaz et Lamine Yamal, tous deux d’origine marocaine, ont fait des choix opposés : l’un a opté pour le Maroc, l’autre pour l’Espagne. Diaz, longtemps en quête de sa place au Real Madrid, a trouvé dans le maillot marocain un ancrage identitaire fort. L’accueil chaleureux du public marocain, même après ses échecs, lui a offert une sécurité émotionnelle rare. En parallèle, des insultes racistes subies par Lamine Yamal en Espagne questionnent l’appartenance de joueur dans ce contexte. Au final, le choix de Diaz illustre la victoire du cœur et des racines sur les calculs purement sportifs et professionnels.
AL MICHAAL : Le Wydad de Casablanca au bord du gouffre. Le Wydad Athletic Club traverse une crise profonde qui dépasse le cadre des simples résultats sportifs. Après la défaite face au Maghreb de Fès, la tension entre les différentes composantes du club a atteint un niveau sans précédent. Les choix de gestion controversés, l’absence d’une vision claire et les changements répétés dans le staff ont fragilisé l’équipe tant sur le plan technique que mental. La colère des supporters a franchi un cap, passant du mécontentement à des appels explicites à la démission immédiate du président Hicham Ait Menna. Le club, habitué aux titres nationaux et continentaux, peine aujourd’hui à trouver son équilibre. Des décisions courageuses et concrètes s’imposent avant qu’il ne soit trop tard.
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