Pas de place pour un Maroc à deux vitesses : décryptage du discours royal
Discours du roi Mohammed VI, accompagné du prince héritier Moulay El Hassan, à l'occasion de la Fête du Trône, le 29 juillet 2025 © DR
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Le discours royal du 29 juillet 2025, prononcé depuis Tétouan à l’occasion du 26e anniversaire de l’intronisation du roi Mohammed VI, a été suivi avec attention dans toutes les sphères du pays. Il s’est penché sur les grands choix que le Maroc compte bien assumer, chez lui comme au-delà de ses frontières. Disparités régionales, attentes sociales, nécessité de rénover la vie politique, le Souverain a pris la parole avec une forte exigence qui est de ne pas laisser de place à un Maroc à deux vitesses.
Pour le politologue et économiste Driss Aissaoui, ce discours ne s’inscrit pas dans la simple continuité d’un calendrier institutionnel. Il marque, selon lui, une volonté nette d’inscrire la transformation du Maroc dans une réalité concrète et équitable.
Une large partie du discours a été consacrée à l’injustice territoriale. Le Roi a dénoncé les déséquilibres entre les villes bien dotées et les campagnes encore en retard sur les infrastructures, les services sociaux ou l’accès à l’emploi. Cette réalité a été confirmée par les résultats du Recensement général de la population et de l’habitat de 2024, qui ont mis en lumière les écarts en matière d’équipements de base et de services. « Sa Majesté le roi Mohammed VI a souligné dans son discours les écarts en matière de développement territorial. Il a mis en lumière le fait que les zones rurales restent insuffisamment dotées par rapport aux milieux urbains, une inégalité qu’il considère comme préjudiciable », nous explique Driss Aissaoui, « Le Souverain est très exigeant avec lui-même. Il reconnaît que des actions ont été menées, mais il ne s’en satisfait pas tant que l’égalité territoriale n’est pas atteinte ». Selon lui, l’appel royal à abandonner les anciens modèles de développement pour adopter une approche basée sur les spécificités régionales est un signal politique fort.
Le discours évoque la mise en œuvre de programmes territoriaux repensés, s’appuyant sur la complémentarité entre régions. Il s’agit de favoriser des projets ayant un impact dans chaque territoire, comme la création d’emplois, l’amélioration des services publics, une meilleure gestion des ressources en eau…
L’on parle donc de garantir que l’ensemble du pays avance au même rythme, mais aussi faire en sorte que les citoyens, qu’ils soient à Berkane ou à Taroudant, sentent que l’Etat les considère de la même manière. L’exemple de la mobilisation nationale après le séisme dans la région de Marrakech est cité comme symbole d’un pays solidaire, dont les réflexes de cohésion sont profonds. Le défi, désormais, est d’ancrer cette solidarité dans les politiques publiques.
Maroc-Algérie
Le volet international du discours aura marqué les esprits. A commencer par la réaffirmation de la position marocaine sur le Sahara et la volonté de dialogue avec l’Algérie. Driss Aissaoui rappelle que la position du Maroc sur le dossier saharien repose depuis 2007 sur une offre d’autonomie sous souveraineté nationale, une proposition déposée auprès des Nations unies et de plus en plus soutenue par des puissances internationales. « Le Roi a salué l’appui de pays comme le Portugal et le Royaume-Uni. C’est une reconnaissance diplomatique qui pèse », souligne-t-il.
Mais ce soutien ne suffit pas à résoudre les tensions régionales. C’est pourquoi le Roi a de nouveau tendu la main à Alger, en appelant à un dialogue franc sur tous les sujets. Cette ouverture, selon Aissaoui, est constante et crédible. « Le Maroc ne cherche pas le conflit. Il propose un dialogue, sans conditions. On ne peut pas être voisin et se tourner le dos ».
La relance d’un Maghreb fort, capable de peser face aux grandes mutations géopolitiques, semble être l’une des priorités implicites du discours. Dans ce sens, le développement des provinces du Sud prend aussi une dimension stratégique. Il ne s’agit pas seulement de consolider la présence marocaine, mais de montrer que ces régions avancent sur la voie du progrès.
En évoquant explicitement la révision du Code général des élections, à moins d’un an des législatives, le Roi a placé la barre haut pour les responsables politiques. Il a demandé que cette réforme soit finalisée ET rendue publique avant la fin de l’année. « Il s’agit d’un chantier de réformes importantes qui doivent transformer en profondeur le paysage politique marocain. Ces prochaines élections législatives ne doivent pas être vues comme un simple rendez-vous électoral, mais comme une étape déterminante dans l’évolution du jeu politique national. Il s’agit de franchir un nouveau cap, avec des institutions et des politiques publiques renouvelées. Le Maroc a déjà lancé plusieurs réformes structurantes, et comme l’a rappelé le roi dans son discours, il est désormais temps d’aller plus loin », déclare Aissaoui.
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