Migration interne : l’herbe plus verte ailleurs ?
Voyage (illustration) © DR
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Le Haut-Commissariat au Plan (HCP) estime que 40% des Marocains ont changé au moins une fois de commune au cours de leur vie, contre 60% demeurant dans leur lieu de naissance. Cette mobilité est largement interne, la migration internationale demeurant marginale avec moins de 1% de la population.
Les femmes sont aujourd’hui plus mobiles que les hommes, soit 43,7% contre 35,5%, une évolution notable qui témoigne d’une féminisation croissante des mouvements de population. Les raisons évoquées varient, mariage, travail, études ou regroupement familial.
Toutefois, la dynamique migratoire montre un léger ralentissement avec moins de 20% de la population a migré au cours des dix dernières années, et seulement 12% durant les cinq dernières. Ce tassement n’enlève rien à l’importance du phénomène, qui reste un puissant moteur du changement territorial.
Les villes, épicentres de la mobilité nationale
Les mouvements entre zones urbaines dominent nettement le paysage migratoire. Près de la moitié des migrations internes (45,6%) concernent des déplacements entre villes, traduisant l’attractivité des centres urbains en matière d’emploi, d’éducation et de services.
Les flux ruraux vers urbains viennent en deuxième position avec 34,1%, confirmant la persistance de l’exode rural, bien que celui-ci se soit transformé : il ne s’agit plus seulement d’un départ des campagnes démunies, mais aussi de la recherche d’une meilleure qualité de vie ou d’une ascension sociale. À l’inverse, les migrations urbain-rural ne représentent que 7,2% du total, souvent motivées par la retraite ou des projets familiaux.
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Dans l’ensemble, près de 14,7 millions de Marocains sont considérés comme migrants internes, dont 55% de femmes, un chiffre qui illustre l’importance croissante du rôle féminin dans la transformation socio-économique du pays.
Les déplacements féminins sont particulièrement observés dans les régions urbaines où l’accès à la formation et à l’emploi est plus développé. Cette transformation traduit une évolution des normes sociales et une autonomisation progressive des femmes, qui deviennent des actrices à part entière de la dynamique territoriale.
Casablanca, Rabat et Tanger en tête des régions attractives
Les régions de Casablanca-Settat, Rabat-Salé-Kénitra et Tanger-Tétouan-Al Hoceima concentrent la majorité des migrants entrants. Ensemble, elles attirent près de la moitié des flux interrégionaux, selon le HCP.
Casablanca-Settat se distingue comme la principale région d’accueil, avec 3,6 millions de migrants, dont plus d’un million venus d’autres régions. Elle affiche un indice de rétention de 92%, traduisant sa capacité à maintenir sa population tout en en attirant de nouvelles.
Rabat-Salé-Kénitra, pôle administratif et universitaire, suit avec près de 2,1 millions de migrants, dont une majorité interrégionale. Quant à Tanger-Tétouan-Al Hoceima et Souss-Massa, elles s’affirment également comme pôles de croissance, bénéficiant d’investissements structurants et d’une forte urbanisation.
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À l’inverse, Marrakech-Safi, Fès-Meknès, Béni Mellal-Khénifra et Drâa-Tafilalet enregistrent les plus forts déficits migratoires. Ces régions, à dominante rurale, continuent de voir une partie importante de leur population se diriger vers les grandes métropoles, accentuant ainsi les déséquilibres territoriaux. Le solde migratoire est particulièrement négatif à Marrakech-Safi (-767.000 personnes) et à Drâa-Tafilalet (-510.000).
Un Maroc à deux vitesses : le littoral attire, l’intérieur se vide
L’analyse régionale révèle une polarisation marquée entre les régions côtières dynamiques et l’intérieur du pays. Les zones urbaines du littoral concentrent la majorité de la croissance démographique liée à la migration, tandis que les régions intérieures subissent une érosion continue de leur capital humain.
Les régions du Sud, telles que Laâyoune-Sakia El Hamra et Dakhla-Oued Ed-Dahab, montrent cependant des signes de vitalité. Grâce aux projets économiques et aux investissements publics, elles enregistrent des soldes migratoires positifs et des indices d’efficacité supérieurs à 50%, traduisant leur montée en puissance dans le paysage national.
Dans ce contexte, le HCP souligne que la migration interne agit comme un mécanisme de redistribution démographique, mais aussi comme un révélateur des inégalités régionales. En renforçant la concentration des populations dans les pôles économiques et en vidant certaines zones rurales, elle met en lumière les défis d’un modèle de développement encore déséquilibré.
Les experts appellent donc à une nouvelle génération de politiques publiques territorialisées, axées sur la création d’emplois locaux, la valorisation des potentialités régionales et la réduction des écarts entre zones côtières et intérieures. Dans cette perspective, la migration interne ne doit plus être perçue uniquement comme un mouvement spontané de population, mais comme un levier stratégique de cohésion nationale et d’aménagement équilibré du territoire.
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