Médicaments contrefaits : une industrie aux dépens de la santé publique
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Au Maroc, la contrefaçon de médicaments est un grave problème de santé publique, alimenté par les réseaux sociaux et l’ignorance des consommateurs. Ces produits, souvent vendus sans consultation ni diagnostic, promettent des guérisons miracles à bas prix mais contiennent des substances de mauvaise qualité ou inappropriées. Cela entraîne des complications, allant de l’aggravation des maladies à la mort. Le confinement a favorisé ce commerce illégal, profitant de la peur et du désespoir de plusieurs.
Un réseau au service du gain et aux dépens de la santé publique
«C’est une industrie très rentable! 1 dollar investi pourrait rapporter jusqu’à 500 dollars de gain», s’alarme Tayeb Hamdi, médecin et chercheur en politiques et systèmes de santé. L’expert ajoute que cette industrie profite des réseaux sociaux, du transport de marchandise pour s’émanciper. En effet, Dr. Hamdi souligne que, hormis leur dangerosité, ces médicaments sont souvent vendus à des prix très inférieurs par rapport aux originaux. Concrètement, il explique que n’importe qui derrière son écran peut vendre son produit en avançant des promesses de guérison pour certaines maladies, notamment des médicaments pour les troubles sexuels, l’obésité ou encore l’avortement. Et ce, «sans diagnostic, sans consultation médicale et sans analyse, rien!», déplore le médecin ajoutant que ces pratiques sont totalement contraires à l’étique médicale. D’autre part, Dr. Hamdi indique que les médicaments concernés sont le plus souvent sous prescriptions médicales ou simplement interdits à la vente au Maroc à cause de leur risque, mais autorisés dans d’autres pays. Parfois ce sont des médicaments qui n’existent tout simplement pas et n’ont aucune preuve de leurs effets.
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Un business qui grandit par l’ignorance
Par ailleurs, il faut rappeler que ces réseaux de médicaments interdits ont trouvé un terreau fertile lors de la fermeture des commerces pendant le confinement auquel les citoyens ont été soumis pour freiner la propagation de la Covid-19. Profitant de la peur et de l’ignorance des gens, ces malfaiteurs proposaient sur leurs sites des produits que les consommateurs ne reçoivent pas ou reçoivent un produit totalement différent.
Pour éviter de se faire arnaquer, Tayeb Hamdi recommande de ne jamais acheter ces médicaments sur des e-commerces, puisque le Maroc ne délivre pas d’autorisation aux pharmacies en ligne. Il souligne que le pays d’origine du site et les coordonnés demandées doivent mettre la puce à l’oreille des consommateurs. Si le site exige uniquement un paiement sans fournir d’autres informations fiables, il est probable qu’il soit frauduleux. L’expert indique que le prix doit être un indicateur de fiabilité.
Pour reconnaitre un médicament contrefait, il faut prendre en compte certains éléments extérieurs tels que le nom, l’étiquette et l’emballage qui sont souvent trop similaires à l’original. Il est important de noter que le danger de ce type de produit réside dans le fait que les composants sont soit de mauvaise qualité ou, soit en quantité inappropriée et incorrecte. Dans certains cas, ces composants peuvent être simplement des placebos. Dans ce sens, la consommation de ces médicaments contrefaits peut entrainer des complications qui peuvent aggraver l’état du patient, voire entrainer sa mort.
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Toutefois, la mauvaise qualité des ingrédients combinée à une quantité non vérifiée peut manifester des effets indésirables tels que des allergies, des intoxications ou une résistance bactérienne qui rendra le traitement plus difficile malgré l’utilisation de médicaments originaux. En effet, le médecin chercheur Tayeb Hamdi explique que les gens qui ont des besoins médicaux spécifiques et ont recours aux médicaments en ligne sont exposés aux risques de retard de diagnostic, réduisant ainsi leurs chances de guérir.
Il donne l’exemple des traitements anti-cancéreux contrefaits. Tayeb Hamdi explique qu’une mauvaise manipulation de ce type de médicament peut entrainer de lourdes conséquences pour le patient comme l’aggravation de son cancer au point qu’il ne soit plus possible de le traiter. Il ajoute que dans le cas des maladies virales ou contagieuses, la personne qui utilise de faux médicaments devient un danger pour les autres.
Au-delà du simple commerce illicite, la contrefaçon de médicaments au Maroc se révèle être un tueur silencieux, exploitant l’ignorance et la détresse des malades. Un choix aveugle, motivé par un prix alléchant ou des promesses miracles, peut coûter bien plus qu’un billet : la vie elle-même. En fin de compte, un clic irréfléchi sur un site frauduleux ne guérit pas, mais creuse davantage la tombe de ceux qui espéraient une seconde chance.
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