Location de voitures : difficile reprise pour les professionnels

Avatar de Hajar Toufik

Temps de lecture :

Un été de galère s’annonce pour loueurs de voituresLe secteur de la location de voitures © DR

A
A
A
A
A

Parmi les marchés les plus affectés par la crise de la Covid-19, celui de la location de voitures. Ce secteur est resté quasiment à l’arrêt pendant deux ans. Avec une saison estivale 2022 qui s’annonce prometteuse, les professionnels espèrent survivre aux effets de la pandémie. Mais à quel prix ? Le point avec Fouad Meliani, président du syndicat national des loueurs de voitures.

Si la réouverture des frontières, l’allègement de certaines restrictions sanitaires et le retour de l’opération Marhaba donnent de bonnes perspectives pour la saison estivale, les professionnels du secteur de la location de voitures restent plutôt pessimistes. Ils continuent de déplorer le manque de soutien et la difficulté de relance de leur marché.

La crise a laissé des traces

La crise de la Covid-19 a frappé de plein fouet le secteur. Ils étaient près de 10.000 opérateurs avant la pandémie, alors qu’aujourd’hui ils ne sont plus que 6.000. Dans le lot des voitures, le parc a été réduit de 36%. Certains véhicules ont été vendus par leurs propriétaires, alors que d’autres ont été simplement saisis par les banques.

Des sociétés de location ont même été contraintes de mettre la clé sous le paillasson, laissant des milliers de personnes au chômage, sans oublier les cas de suicides recensés parmi les patrons.

Lire aussi: Location de voitures : le ministre rencontre les professionnels

Une relance difficile

Pour les professionnels du secteur, ces bonnes perspectives pour la saison estivale sont les bienvenues, mais selon eux, l’activité est en chute libre et elle est confrontée à des contraintes de taille, qui se répercutent sur le marché.

Après avoir plaidé leur cause auprès du ministre du Transport et de la Logistique, Mohammed Abdeljalil, les opérateurs de ce secteur estiment que leur situation est loin d’être réglée. Contacté par LeBrief, Fouad Meliani, président du Syndicat national des loueurs de voitures, explique «que la reprise n’est que partielle».

«Nous n’avons reçu aucun soutien et nous n’avons pas pu bénéficier des programmes Oxygène et Relance. Les banques et les organismes de crédit n’ont fait qu’empirer notre situation», affirme-t-il. Il ajoute que la location des voitures fait face aujourd’hui à une pénurie de stocks automobiles. «Le temps d’attente entre la commande et la livraison augmente de plus en plus. Il faut compter au moins trois mois pour recevoir son véhicule», poursuit Meliani.

Pour tous les loueurs, la priorité aujourd’hui est de modifier le cahier des charges. «Il n’a jamais été revu malgré les appels multiples des syndicats et des professionnels. C’est la base pour préparer un nouveau départ», martèle-t-il.

Lire aussi: Vol de voitures de location : les victimes saisissent la DGSN

Un secteur classé à risque

Les loueurs de voitures figurent aujourd’hui dans la liste noire des organismes de financement. C’est ce que confirme Fouad Meliani. «Nous ne pouvons plus prendre de crédit pour nous acquérir de nouvelles voitures. Personnellement, j’avais 15 véhicules et j’en ai gardé que cinq, faute d’argent. Et je ne suis pas le seul. Plusieurs propriétaires d’agences souffrent aujourd’hui du manque de véhicules pour cette saison estivale», témoigne-t-il.

Ce contexte de crise a ainsi conduit à une augmentation des prix. Ainsi, le tarif moyen de la location par jour, qui était de 250 DH, a atteint actuellement 350 DH et pourrait même dépasser 400 DH durant les prochains mois. Face à cette situation, les professionnels appellent à une réelle restructuration d’un secteur dont le potentiel reste inexploité.

Dernier articles
Les articles les plus lu
Oignon : autopsie d’une flambée spectaculaire

Consommation-L’oignon ne fait plus seulement pleurer en cuisine, c’est le passage en caisse qui tire les larmes aux foyers marocains.

Sabrina El Faiz - 4 avril 2026
Vidéo – Coopération économique : la France renforce sa présence au Maroc

Économie - Le ministre français Nicolas Forissier a effectué une visite stratégique à Casablanca, mettant en avant les opportunités économiques liées au Mondial 2030 et renforçant les partenariats entre entreprises françaises et marocaines dans plusieurs secteurs clés.

Ilyasse Rhamir - 3 avril 2026
Impériales Week 2026 : « Marketing houwa koulchi »

Économie - Aux Impériales Week 2026, le panel « Marketing houwa koulchi » redéfinit le rôle du marketing. Il s’impose comme une boussole stratégique qui guide innovation, production et croissance bien au-delà de la simple communication.

Ilyasse Rhamir - 3 avril 2026
Casablanca-Settat : 27 stations pour sécuriser l’eau potable

Économie - La région Casablanca-Settat accélère son programme hydrique avec 27 stations de dessalement et de traitement des eaux. Déjà en grande partie opérationnelles, ces installations visent à sécuriser durablement l’approvisionnement en eau potable.

Ilyasse Rhamir - 3 avril 2026
Commerce extérieur : importations en baisse, exportations en légère hausse au T4-2025

Économie - Recul des prix à l’importation et progression modérée à l’exportation au quatrième trimestre 2025. L’évolution des indices reflète des dynamiques sectorielles contrastées, entre baisse de l’énergie et hausse de certains produits industriels et alimentaires.

Ilyasse Rhamir - 3 avril 2026
Pénurie de fruits rouges : un signal pour repenser la filière

Economie - En raison de multiples aléas climatiques, la filière des fruits rouges au Maroc, comme ailleurs, a subi un coup dur.

Mouna Aghlal - 3 avril 2026
Voir plus
Le Made in Morocco est-il en danger ?

Entre importations massives et produits locaux mal protégés, le Made in Morocco se retrouve au cœur d’un étrange paradoxe.

Sabrina El Faiz - 14 mars 2026
Viandes, poissons : la danse des prix ramadanesques

Consommation - Si les fruits et légumes nous mettent déjà la tête à l’envers, les viandes et poissons ne sont pas en reste !

Sabrina El Faiz - 7 mars 2026
Indemnités CNSS 2025 : nouveaux plafonds et conditions d’exonération

Économie - Un arrêté du 19 mai 2025 redéfinit les règles d’exonération des indemnités liées au transport, à la représentation ou aux aides sociales. La CNSS est désormais dotée d’un cadre harmonisé avec la fiscalité, garantissant plus de clarté pour les employeurs.

Ilyasse Rhamir - 20 octobre 2025
Visa Schengen : le cauchemar européen à prix d’or

Dossier - Entre les délais interminables, les coûts exorbitants et les parcours semés d’embûches, obtenir un visa Schengen c’est devenu…

Sabrina El Faiz - 26 juillet 2025
Coût, impact… tout savoir sur la nouvelle LGV Kénitra-Marrakech

Économie - Le Maroc lance l’extension de sa LGV vers Marrakech, un projet structurant qui transformera durablement la mobilité, l’économie et la connectivité entre les grandes villes.

Hajar Toufik - 25 avril 2025
Pilotage énergétique : pourquoi la data est un levier de compétitivité pour les entreprises ?

Économie – Si on réussit, l’impact est double : compétitivité économique et contribution aux objectifs de transition énergétique du Royaume.

Rédaction LeBrief - 13 mars 2026
pub

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée Champs requis marqués avec *

Poster commentaire