La feuille de route du commerce extérieur 2025-2027 en détails

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Redresser le commerce extérieur : comment le Maroc compte s’y prendre?Photo prise lors du lancement de la feuille de route du commerce extérieur au Four Seasons de Casablanca © LeBrief / Ayoub Jouadi

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Hier à Casablanca, le gouvernement marocain a officiellement lancé sa feuille de route du commerce extérieur pour la période 2025-2027. En présence d’Aziz Akhannouch, de Ryad Mezzour et d’Omar Hejira, cette cérémonie a marqué un tournant stratégique dans la politique économique du Royaume. Objectif affiché : renforcer la compétitivité du « Made in Morocco » à l’international, diversifier les débouchés commerciaux et consolider la souveraineté économique du pays.

Dans le cadre prestigieux du Four Seasons Casablanca, la cérémonie de lancement de la feuille de route du commerce extérieur 2025-2027 s’est déroulée en présence des plus hauts responsables gouvernementaux et économiques. L’événement a rassemblé ministres, opérateurs, diplomates, représentants des fédérations sectorielles et journalistes autour d’une ambition commune : donner un nouveau souffle aux exportations marocaines.

Le choix du lieu, les supports visuels diffusés sur écran et l’agencement des interventions témoignaient d’un effort de communication maîtrisé, destiné à faire passer un message fort : le commerce extérieur n’est plus un simple levier économique parmi d’autres, mais une priorité nationale. Les éléments visuels du fichier transmis (logos institutionnels, messages projetés, présence des opérateurs et des fédérations) renforcent cette dimension de mobilisation.

« Le Maroc n’attend pas, le Maroc agit, le Maroc est volontaire, le Maroc est déterminé », a déclaré Ryad Mezzour, ministre de l’Industrie et du Commerce, dans un discours improvisé, mais énergique.

Commerce extérieur : feuille de route 2025-2027

Trois ans pour redresser la balance commerciale

La feuille de route, qui s’étale sur la période 2025-2027, vise à réduire le déficit structurel de la balance commerciale, tout en stimulant les secteurs exportateurs à fort potentiel. Elle repose sur trois piliers principaux :

• La diversification des marchés : avec une ouverture vers l’Afrique subsaharienne, l’Asie du Sud-Est et l’Amérique latine. Cette orientation géographique vise à diminuer la dépendance vis-à-vis des marchés traditionnels comme l’Europe.

• L’accompagnement ciblé des entreprises exportatrices : notamment les PME, qui peinent à accéder aux marchés internationaux. La feuille de route prévoit la création de guichets régionaux, des cycles de formation à l’export, et des mécanismes d’incitation sur mesure.

• Le renforcement logistique et la numérisation : la fluidification des procédures douanières, la digitalisation des documents commerciaux, et l’intégration des zones logistiques dans une stratégie nationale unique sont des leviers identifiés comme prioritaires.

« C’est un programme sur mesure, qui a été conçu avec vous, pour vous. Il vous permet de choisir ce dont vous avez besoin pour réussir : adapter vos produits, compléter vos offres, accéder à de nouveaux marchés », a insisté Mezzour.

Le ministre a également souligné le rôle moteur du Chef du gouvernement dans le pilotage du programme, saluant une dynamique gouvernementale inédite dans ce domaine.

Lancement officiel de la feuille de route du commerce extérieur 2025-2027

Une dynamique territoriale et sociale affirmée

Le secrétaire d’État chargé du Commerce extérieur, Omar Hejira, a livré une intervention dense, axée sur la dimension territoriale et inclusive du plan. Il a rappelé que cette feuille de route était le fruit de plusieurs mois de concertation avec les régions et les acteurs locaux. « Le commerce extérieur doit devenir un vecteur de développement local. À partir de 2025, nous engageons un partenariat structurant avec les conseils régionaux pour accompagner les entreprises et créer des synergies territoriales. »

Hejira a également annoncé que le programme visait à mobiliser plus de 100.000 acteurs économiques et sociaux d’ici à 2027, en lien avec les objectifs de développement durable. Il a évoqué une série de mesures intégrées pour répondre aux enjeux d’emploi, de formation, d’innovation et d’attractivité régionale. « Nous travaillons à faire de la politique commerciale un outil d’inclusion et de justice territoriale. La région est au cœur de notre vision. »

L’approche évoquée repose aussi sur la mobilisation d’indicateurs de performance régionaux, pour évaluer l’impact réel des politiques publiques sur le terrain.

TijarIA : l’IA au service du commerce extérieur marocain

Une vision portée au plus haut niveau de l’État

Prenant la parole en clôture de la cérémonie, le Chef du gouvernement Aziz Akhannouch a livré un message ferme, centré sur la soutenabilité de l’économie nationale à travers l’exportation. « Le gouvernement s’engage à mettre en œuvre tous les outils intégrés pour renforcer la position du Maroc à l’échelle internationale et tirer pleinement parti des opportunités qu’offre l’exportation. »

Akhannouch a souligné l’interconnexion entre commerce extérieur, emploi et stabilité économique. Il a mentionné plus de 76.000 emplois directs liés aux exportations, appelant à une coordination renforcée entre les institutions et les opérateurs. « Nous devons agir avec cohérence et efficacité pour faire du commerce extérieur une véritable force de résilience économique. »

Enfin, le Chef du gouvernement a réitéré la détermination de l’exécutif à exécuter ce programme sans délais, avec rigueur et transparence, en y associant le secteur privé comme partenaire stratégique.

Le commerce extérieur au vert, malgré un déficit croissant

Un tournant stratégique, un test de mise en œuvre

Avec le lancement de cette feuille de route 2025-2027, le Maroc affiche une ambition claire : faire du commerce extérieur un levier majeur de développement, de souveraineté et de résilience. La qualité de la planification, la cohérence du discours gouvernemental et la mobilisation des parties prenantes témoignent d’une volonté de rupture avec les pratiques du passé.

Mais comme souvent, la réussite d’un tel programme dépendra moins de sa conception que de son exécution effective. Les prochains mois seront décisifs : pour traduire les orientations en mesures concrètes, pour générer de la confiance auprès des exportateurs, et pour inscrire durablement le Maroc dans les circuits économiques mondiaux.

La feuille de route est lancée. Reste à prouver qu’elle n’est pas qu’un document de plus, mais bien un acte stratégique fondateur.

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