Gazoduc Maroc-Nigeria : quid de l’état d’avancement du projet ?

Avatar de Manal Ben El Hantati

Temps de lecture :

Amina Benkhadra, directrice générale de l’Office national des hydrocarbures et des mines du Maroc (ONHYM) © DRAmina Benkhadra, directrice générale de l’Office national des hydrocarbures et des mines du Maroc (ONHYM) © DR

A
A
A
A
A

Les études concernant le gazoduc Maroc-Nigeria avancent dans de très bonnes conditions. Cette confirmation a été faite, vendredi 1er juillet à Bruxelles, par Amina Benkhadra, directrice générale de l’Office national des hydrocarbures et des mines, lors de sa participation à la 33ᵉ session extraordinaire du Crans Montana Forum Africa. Selon elle, ce projet est hautement stratégique pour le développement et la souveraineté énergétique du continent africain. Détails.

Les études concernant la réalisation du gazoduc Maroc-Nigéria avancent dans de «très bonnes conditions», a affirmé, vendredi 1er juillet à Bruxelles, la directrice générale de l’Office national des hydrocarbures et des mines du Maroc (ONHYM), Amina Benkhadra. Elle est intervenue lors d’une table ronde sur ce projet, dans le cadre de la 33e session extraordinaire du Crans Montana Forum Africa.

«Ce mégaprojet, pour lequel un accord a été signé en mai 2017 pour conduire les études de faisabilité et les études d’ingénierie entre l’ONHYM et la NNPC (Nigerian National Petroleum Corporation), avance de manière appropriée», a indiqué la responsable. Elle a également assuré que l’ONYHM et la NNPC travaillent en synergie totale.

Lire aussi : Sadiki : les ressources naturelles africaines «ne sont pas exploitées de manière efficace»

Étapes franchies par le projet depuis son lancement

Amina Benkhadra a mis l’accent sur les étapes franchies par le projet. Elle est ainsi revenue sur son lancement au cours de la visite officielle du roi Mohammed VI, en décembre 2016 à Abuja, et la signature de l’accord y afférent, le 10 juin 2018, lors d’un déplacement à Rabat du président nigérian, Muhammadu Buhari.

«L’étude de faisabilité a été achevée en 2018 et nous avons décidé de passer à l’étude FEED (Front-End Engineering design) principale en deux étapes : La pré-FEED et la main FEED. La Pré-FEED a été achevée en 2019 et elle a permis d’assurer les grands éléments de la rentabilité du projet. Depuis le mois de mai 2021, nous sommes sur l’étude d’ingénierie détaillée, qui permet de préparer tous les dossiers et tous les aspects techniques, mais aussi managériaux, financiers, légaux et commerciaux pour aller à la décision finale d’investissement», a-t-elle détaillé.

«L’étude suit son cours dans de très bonnes conditions et nous espérons être au rendez-vous de ce projet hautement stratégique et très important pour l’intégration économique et sociale de notre continent», a souligné la directrice générale de l’ONHYM.

En outre, elle a souligné l’importance de l’adhésion de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) au projet. Celle-ci a donné son accord en 2020 pour qu’il y ait un seul projet de gazoduc sur la côte ouest-africaine.

Par ailleurs, la responsable a relevé que les problématiques environnementales sont partie intégrante de «notre démarche, ainsi que toutes les questions d’offre et de demande de chacun des pays et les aspects liés à la sécurité des installations».

Lire aussi : Fermeture du Gazoduc Maghreb-Europe : «le Maroc dispose de plusieurs alternatives»

Les multiples avantages du gazoduc Maroc-Nigeria

S’agissant des avantages de ce gazoduc, Amina Benkhadra a expliqué que ce projet d’envergure continental va permettre d’accélérer l’électrification d’un certain nombre de pays de la côte ouest-africaine. Il favorisera aussi le développement industriel et agricole de la région. Cette dernière dispose de grandes richesses naturelles et pourrait être développée de manière plus rapide grâce à l’accès à une énergie à bas coût.

De plus, ce chantier permettra d’assurer une intégration régionale considérable du continent, tout en améliorant la vie de ses populations. Il contribuera également à la réduction du torchage de gaz et au développement de l’exportation du gaz vers l’Europe.

Notons que ce projet ambitionne d’être un catalyseur de développement de la côte ouest-africaine, avec seize pays concernés (treize pays atlantiques et trois pays enclavés). Aussi, il va impacter 340 millions de personnes dans la région, permettre de connecter 5.400 milliards de mètres cubes de gaz et intégrer les économies de pays avec un PIB cumulé de 670 billions de dollars, a précisé Benkhadra.

D’autre part, ce projet est d’autant plus stratégique dans le contexte actuel de la guerre en Ukraine, qui a amplifié le besoin de l’Europe à diversifier ses approvisionnements en gaz, a fait la responsable. A cet égard, elle a noté que le gazoduc Maroc-Nigeria constitue une opportunité pour l’Europe.

Projet intégrateur, «ce méga projet est de nature à être soutenu par les institutions financières et les parties prenantes, multilatérales et bilatérales», a-t-elle conclu.

Lire aussi : De grandes ambitions pour le Gazoduc Maroc-Nigéria

Pour rappel, le forum de Crans Montana est une organisation internationale non gouvernementale suisse, à vocation mondiale, créée en 1986.

Ce forum a tenu, du 29 juin au 2 juillet à Bruxelles, sa 33e session extraordinaire autour de la thématique  »le monde à l’heure de la souveraineté économique de l’Afrique ».

Il a invité à cette occasion des personnalités africaines pour échanger avec de hauts représentants des institutions européennes, d’organisations internationales, ainsi qu’avec des autorités officielles et milieux d’affaires du monde.

Il est à noter que cette session extraordinaire du forum a discuté de la construction d’un nouveau partenariat Afrique-Europe, des défis sécuritaires, du renforcement des systèmes de santé publique, du financement de l’investissement public et de la place de la femme africaine dans la lutte pour la sécurité alimentaire.

Lire aussi : Maroc-Nigéria : début imminent de la construction du gazoduc

Dernier articles
Les articles les plus lu
Vidéo – Coopération économique : la France renforce sa présence au Maroc

Économie - Le ministre français Nicolas Forissier a effectué une visite stratégique à Casablanca, mettant en avant les opportunités économiques liées au Mondial 2030 et renforçant les partenariats entre entreprises françaises et marocaines dans plusieurs secteurs clés.

Ilyasse Rhamir - 3 avril 2026
Impériales Week 2026 : « Marketing houwa koulchi »

Économie - Aux Impériales Week 2026, le panel « Marketing houwa koulchi » redéfinit le rôle du marketing. Il s’impose comme une boussole stratégique qui guide innovation, production et croissance bien au-delà de la simple communication.

Ilyasse Rhamir - 3 avril 2026
Casablanca-Settat : 27 stations pour sécuriser l’eau potable

Économie - La région Casablanca-Settat accélère son programme hydrique avec 27 stations de dessalement et de traitement des eaux. Déjà en grande partie opérationnelles, ces installations visent à sécuriser durablement l’approvisionnement en eau potable.

Ilyasse Rhamir - 3 avril 2026
Commerce extérieur : importations en baisse, exportations en légère hausse au T4-2025

Économie - Recul des prix à l’importation et progression modérée à l’exportation au quatrième trimestre 2025. L’évolution des indices reflète des dynamiques sectorielles contrastées, entre baisse de l’énergie et hausse de certains produits industriels et alimentaires.

Ilyasse Rhamir - 3 avril 2026
Pénurie de fruits rouges : un signal pour repenser la filière

Economie - En raison de multiples aléas climatiques, la filière des fruits rouges au Maroc, comme ailleurs, a subi un coup dur.

Mouna Aghlal - 3 avril 2026
Carburants : des écarts de prix qui interrogent le fonctionnement du marché

Économie - Des hausses anticipées des carburants au Maroc interrogent les pratiques des distributeurs et relancent le débat sur la régulation.

El Mehdi El Azhary - 3 avril 2026
Voir plus
Le Made in Morocco est-il en danger ?

Entre importations massives et produits locaux mal protégés, le Made in Morocco se retrouve au cœur d’un étrange paradoxe.

Sabrina El Faiz - 14 mars 2026
Viandes, poissons : la danse des prix ramadanesques

Consommation - Si les fruits et légumes nous mettent déjà la tête à l’envers, les viandes et poissons ne sont pas en reste !

Sabrina El Faiz - 7 mars 2026
Indemnités CNSS 2025 : nouveaux plafonds et conditions d’exonération

Économie - Un arrêté du 19 mai 2025 redéfinit les règles d’exonération des indemnités liées au transport, à la représentation ou aux aides sociales. La CNSS est désormais dotée d’un cadre harmonisé avec la fiscalité, garantissant plus de clarté pour les employeurs.

Ilyasse Rhamir - 20 octobre 2025
Visa Schengen : le cauchemar européen à prix d’or

Dossier - Entre les délais interminables, les coûts exorbitants et les parcours semés d’embûches, obtenir un visa Schengen c’est devenu…

Sabrina El Faiz - 26 juillet 2025
Coût, impact… tout savoir sur la nouvelle LGV Kénitra-Marrakech

Économie - Le Maroc lance l’extension de sa LGV vers Marrakech, un projet structurant qui transformera durablement la mobilité, l’économie et la connectivité entre les grandes villes.

Hajar Toufik - 25 avril 2025
Pilotage énergétique : pourquoi la data est un levier de compétitivité pour les entreprises ?

Économie – Si on réussit, l’impact est double : compétitivité économique et contribution aux objectifs de transition énergétique du Royaume.

Rédaction LeBrief - 13 mars 2026
pub

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée Champs requis marqués avec *

Poster commentaire