G20 à Johannesburg : l’Afrique du Sud défie le boycott américain
Une affiche du G20 Johannesburg 2025, un sommet historique marqué par l’absence des États-Unis © REUTERS/Siphiwe Sibeko
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L’Afrique du Sud accueille ce week-end un sommet du G20 historique, le premier jamais organisé sur le sol africain. Mais cette grande première s’ouvre dans un climat de tensions inédites, marqué par l’absence retentissante du président américain Donald Trump, qui a choisi de boycotter la rencontre et de dénoncer une présidence sud-africaine jugée « antiaméricaine ». Pretoria, elle, entend maintenir le cap et pousser ses priorités : allègement de la dette, lutte contre les inégalités et défense d’un multilatéralisme sous pression.
Un sommet sous haute tension diplomatique
Le retour de Donald Trump à la Maison Blanche a rapidement heurté la première présidence africaine du G20. Hostile au multilatéralisme, le président américain a relancé dès janvier le retrait des États-Unis de l’accord de Paris avant d’imposer une nouvelle salve de droits de douane tous azimuts. L’Afrique du Sud en a été l’une des principales victimes, frappée par une taxe de 30%, la plus élevée d’Afrique subsaharienne.
Depuis plusieurs mois, Donald Trump multiplie également les attaques contre Pretoria, accusant sans fondement le gouvernement de Cyril Ramaphosa de fermer les yeux sur un prétendu « génocide » visant la minorité afrikaner. Face à ces attaques, Pretoria avait tenté, dans un premier temps, de renouer le dialogue avec Washington avant de constater l’impasse. « Tant pis pour eux », a fini par réagir Cyril Ramaphosa, décidé à poursuivre son programme avec ou sans la première puissance mondiale.
L’Argentine, alliée de Donald Trump, s’aligne également sur cette posture de rupture : son président Javier Milei, qui revendique une proximité idéologique avec le locataire de la Maison Blanche, a choisi de ne pas faire le déplacement. Buenos Aires sera toutefois représentée par son ministre des Affaires étrangères.
Dette, inégalités et climat : les priorités de Pretoria
Le thème de la présidence sud-africaine, « Solidarité, égalité, durabilité », place au cœur du sommet les défis du financement du développement, de l’adaptation au changement climatique et de la lutte contre les inégalités.
La dette figure en tête des priorités. Entre 2021 et 2023, l’Afrique a dépensé en moyenne 70 dollars par habitant pour rembourser les intérêts de sa dette, un montant supérieur aux budgets consacrés à l’éducation (63 dollars) et à la santé (44 dollars), selon l’ONU. Pretoria espère obtenir des engagements forts pour alléger ce poids qui freine les investissements publics essentiels.
Lire aussi : Sommet SAI20 à Johannesburg : la Cour des comptes défend une réforme du financement du développement
Autre dossier majeur : la création d’un Panel international sur les inégalités, sur le modèle du Giec pour le climat. Cette proposition, issue d’un rapport dirigé par le prix Nobel Joseph Stiglitz, considère les inégalités comme une crise mondiale à traiter avec la même urgence que le réchauffement climatique. Un enjeu jugé crucial par les pays du Sud, où l’insécurité alimentaire touche encore 2,3 milliards de personnes.
« Si cela est adopté, ce sera un succès majeur pour Pretoria mais aussi pour les millions d’habitants du Sud global dont la voix est souvent marginalisée dans ces forums », souligne Tendai Mbanje, chercheur à l’Université de Pretoria. Reste un obstacle : obtenir un consensus. Selon plusieurs sources, la délégation argentine s’est distinguée par une attitude d’obstruction lors des réunions préparatoires.
Le « Sud global » en première ligne
En l’absence de Washington, la Chine devrait occuper davantage d’espace politique. Son premier ministre, Li Qiang, se rend à Johannesburg pour défendre un multilatéralisme qu’il juge « irréversible » et s’opposer au retour à « la loi de la jungle » commerciale. La Russie sera représentée par Maxime Orechkine, conseiller économique de Vladimir Poutine.
Le sommet intervient au lendemain de la clôture de la COP30 à Belém, dont les négociations finales pourraient peser sur les discussions. Il clôt également un cycle inédit de présidences du G20 assurées par des pays du « Sud global » : Indonésie en 2022, Inde en 2023, Brésil en 2024, Afrique du Sud en 2025. Une parenthèse qui se referme puisque la présidence tournante reviendra l’an prochain… aux États-Unis.
Johannesburg, vitrine sud-africaine
La rencontre se tient dans l’enceinte de Nasrec, gigantesque parc des expositions jouxtant Soweto et symbole de l’intégration post-apartheid. La métropole sud-africaine, née de la ruée vers l’or au XIXe siècle, est aujourd’hui la capitale économique du pays et la ville abritant le plus grand nombre de millionnaires du continent, près de 12.000 selon Henley & Partners.
L’enjeu est donc double pour Pretoria : réussir un sommet historique malgré les défections américaines et argentine, et affirmer la place de l’Afrique dans la gouvernance économique mondiale. Cyril Ramaphosa le martèle : « Avec ceux qui sont présents, nous voulons un consensus et une déclaration commune ». Un objectif ambitieux, dans un monde où le G20 n’a jamais semblé autant à la croisée des chemins.
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