Épargne : l’argent et les habitudes des Marocains à la loupe

Avatar de Hajar Toufik

Temps de lecture :

Épargne nationale : stabilité à 30,8% du PIB fin 2025Image d’illustration © DR

A
A
A
A
A

Face au choc de l’inflation et à la baisse du pouvoir d’achat, on constate un ralentissement de l’épargne chez les Marocains. Le contexte actuel a fortement impacté l’aspiration des ménages à mettre de l’argent de côté et la dernière étude du Groupe Sunergia le confirme. Elle apporte également un éclairage sur les comportements et les motivations de l’épargne. Focus.

Si la crise sanitaire et le confinement avaient compliqué la situation des Marocains en termes d’épargne, les ménages éprouvent encore plus des difficultés à mettre de l’argent de côté dans un contexte économique fragile. La flambée des prix est la conséquence d’une part de l’envolée des prix de l’énergie, mais également de ceux de l’alimentation. Résultat : la baisse du pouvoir d’achat qui s’est traduite par une diminution de la capacité d’épargne des ménages.

Seuls 32% des Marocains épargnent

Selon l’étude du Groupe Sunergia, 32% des Marocains interrogés arrivent à épargner, contre 68% qui se disent incapables de mettre de l’argent de côté. En comparaison avec la dernière enquête, il s’avère que la part des ménages capables d’épargner a fortement diminué, car ils étaient 44% à pouvoir le faire en 2021. La même proportion des répondants a d’ailleurs été enregistrée chez les hommes et les femmes.

Sans surprise, ce sont les catégories aisées qui mettent le plus facilement de côté. L’étude précise que les catégories socioprofessionnelles A et B épargnent davantage (42%), alors que le niveau d’épargne baisse chez la CSP C (39%) et 28% chez les D et E.

Autre enseignement de l’étude : les personnes qui épargnent sont davantage les jeunes de 18 à 24 ans. Ils représentent 45% des sondés.

Lire aussi : Crise économique : le moral des ménages est au plus bas

Faire face aux imprévus

La principale motivation qui pousse les Marocains à «mettre de côté» est la constitution d’une épargne de précaution. Ils sont en effet 51% à épargner pour faire face aux cas d’urgence, comme la santé. D’autres (13%) sont dans une logique d’investissement dans la perspective de réaliser un projet.

Toujours selon l’enquête, 11% des sondés mettent de l’argent de côté par plaisir. De même, les Marocains sont 11% à privilégier le financement des études de leurs enfants pour assurer leur avenir, alors que 10% disent que leur épargne est dédiée au voyage.

Plus rarement, 9% des Marocains déclarent épargner pour l’acquisition d’un bien immobilier, alors que 4% des répondants affirment vouloir acheter une voiture.

Lire aussi : Inflation et salaires : le citoyen en difficulté

Les effets de la crise financière

 Les Marocains se montrent pessimistes quant à leur capacité à épargner. Un pessimisme qui touche plus particulièrement les ménages les plus modestes et c’est la crise financière qui a contraint ces derniers à renoncer à mettre de l’argent de côté, comme le laisse entendre l’étude.

Autrement dit, les Marocains ont beau vouloir mettre de l’argent de côté, mais ils le font moins, certainement parce qu’ils ne le peuvent pas si facilement.

En effet, 79% des personnes interrogées affirment être dans une situation financière qui ne le permet pas. Un taux qui est davantage plus élevé chez les hommes (85%), des personnes âgées de 35 à 44 ans (89%), des ruraux (88%) et des personnes issues des CSP D et E (84%).

10% refusent le principe de l’épargne. Ils affirment plutôt qu’ils «aiment profiter de la vie et se faire plaisir». 2% pointent l’impact de la hausse des prix. Les autres (2%) mettent en avant le fait qu’ils ne disposent pas de revenus stables.

Au final, le montant moyen d’épargne des Marocains n’est pas rentré dans le champ de cette étude. Mais globalement, l’effondrement de la capacité des ménages à épargner peut avoir plusieurs raisons. Résultat de la crise certes, ces données ne semblent d’ailleurs pas surprenants et signifient surtout que le Maroc vit un appauvrissement d’une partie de sa population.

Dernier articles
Les articles les plus lu
Le PJD plaide pour le retour à l’heure légale

Société - Le PJD annonce son soutien officiel à la suppression de l’heure additionnelle et au retour à l’heure légale.

El Mehdi El Azhary - 1 avril 2026
Science Week 2026 : la faim invisible, un défi stratégique pour le développement humain

Société - La faim invisible touche deux milliards de personnes et affecte à la fois la santé et la productivité. Une nutrition adéquate et la biofortification des cultures sont essentielles.

Mouna Aghlal - 1 avril 2026
Lune rose : un spectacle printanier visible au Maroc

Société - Phénomène céleste associé au printemps, la lune rose sera observable au Maroc début avril. Malgré son nom, elle ne change pas de couleur. Ce rendez-vous astronomique symbolise le renouveau et attire les passionnés du ciel.

Ilyasse Rhamir - 1 avril 2026
Lutte anticorruption : le Maroc fort en lois, faible en résultats, selon l’OCDE

Société - Malgré un cadre anticorruption avancé, le Maroc peine à appliquer ses lois, freinant efficacité, transparence, confiance institutionnelle et attractivité économique.

El Mehdi El Azhary - 1 avril 2026
Recruter les meilleurs, faire confiance aux talents : comment atteindre l’excellence académique ?

Société - Lors de la Science Week 2026 à l’UM6P, le professeur Willy Zwaenepoel a partagé sa vision pour bâtir une institution d’excellence.

Mouna Aghlal - 1 avril 2026
Science Week 2026 : l’IA et les jumeaux numériques, quand l’informatique redéfinit les frontières de la science

Société - Lors de la Science Week, Lamia Azizi explique que les jumeaux numériques, répliques virtuelles connectées au réel, transforment la science.

Mouna Aghlal - 1 avril 2026
Voir plus
Aïd Al-Fitr 1447 pourrait tomber le samedi 21 mars

Société - Selon les calculs astronomiques, Aïd al-Fitr 2026 pourrait tomber le samedi 21 mars au Maroc. La visibilité du croissant lunaire est prévue vendredi soir, mais la date officielle sera confirmée par le ministère des Habous.

Ilyasse Rhamir - 9 mars 2026
Ramadan : horaires spéciaux du tramway de Casablanca

Société - Le réseau CASA Tramway adopte des horaires spéciaux durant le mois de Ramadan.

Mouna Aghlal - 17 février 2026
8 mars : 8 Marocaines qui bousculent les lignes

Société-A l’occasion du 8 mars, LeBrief rend hommage à 8 femmes que nous avons rencontrées et interviewées ces derniers mois.

Sabrina El Faiz - 8 mars 2026
Manifestations de la « GenZ 212 » : 60 personnalités marocaines exhortent le Roi à engager des réformes profondes

Société - Soixante figures marocaines appellent le roi Mohammed VI à lancer des réformes profondes en phase avec les revendications de la jeunesse.

Hajar Toufik - 8 octobre 2025
Travaux : les Casablancais n’en peuvent plus !

Dossier - Des piétons qui traversent d’un trottoir à l’autre, des voitures qui zigzaguent… À croire que les Casablancais vivent dans un jeu vidéo, sans bouton pause.

Sabrina El Faiz - 12 avril 2025
Ramadan 2026 : la Zakat Al Fitr fixée à 25 dirhams

Société - Le Conseil supérieur des oulémas annonce la valeur de la Zakat Al Fitr pour 2026 à 25 dirhams pour l'année 1447 de l'Hégire.

Mouna Aghlal - 12 mars 2026
pub

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée Champs requis marqués avec *

Poster commentaire