Éducation nationale : le grand pas de la tutelle

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Des négociations en cours pour résoudre la suspension de 545 enseignantsMouvement national de grève initié par les coordinations des enseignants et protestant contre la décision du gel du "statut unifié" © DR

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Le ministre de l’Éducation nationale, du Préscolaire et des Sports, Chakib Benmoussa, a bien choisi le moment pour annoncer une décristallisation dans le secteur. À l’occasion de la journée mondiale des enseignants, Benmoussa a annoncé la promulgation prochaine d’un décret pour titulariser les enseignants contractuels dans les différentes régions du Maroc. Détails.

Il avait promis, au mois de février, que la revendication majeure des enseignants cadres des Académies régionales de l’éducation et de la formation (AREF), celle de basculer du statut de contractuels à celui de personnel soumis au régime de la fonction publique, ne serait plus posée à compter du mois de juillet. Depuis, les enseignants contractuels sont restés dans l’expectative multipliant les sit-in et grèves pour forcer la tutelle à respecter ses engagements. Mais mieux vaut tard que jamais, Chakib Benmoussa a annoncé la bonne nouvelle hier : tous les contractuels seront titularisés.

Un statut unifié

Dans un message adressé mercredi soir aux enseignants à l’occasion de la Journée mondiale des enseignants, Benmoussa a expliqué que les douze statuts fondamentaux régissant les enseignants-cadres des académies régionales seront annulés et remplacés par un statut unifié, garanti par l’État à travers un décret. «Ce statut leur garantira les mêmes droits, opportunités et carrière professionnelle qu’aux autres fonctionnaires, tout en préservant le recrutement au niveau régional afin d’assurer le service public d’éducation à tous les niveaux du territoire national», précise le ministre.

Lire aussi : Journée mondiale de l’enseignant : quid des défis et des besoins de ce métier

Dans le détail, l’opération de titularisation des enseignants-cadres des académies dans ce nouveau statut unifié leur accordera le droit de bénéficier de leurs indemnités depuis la date de recrutement. Ils auront également le droit de bénéficier de tous les avantages du statut fondamental, y compris le droit de participer aux examens professionnels et à la mobilité au niveau national. Benmoussa a voulu clore ce dossier, qui selon lui, a été particulièrement soulevé lors des concertations nationales sur l’école. Il faut dire que la réforme de l’école publique ne peut se faire sans l’engagement du corps professionnel en entier, y compris cette catégorie d’enseignants. «Nous avons œuvré pendant sept mois dans le cadre du Dialogue social avec les cinq syndicats les plus représentatifs du secteur, en vue d’établir un statut unifié pour tous les fonctionnaires du département de l’Éducation nationale», a assuré le ministre, rappelant les fondamentaux de sa feuille de route 2022-2026.

Lire aussi : Système éducatif : l’insurmontable retard

Réactions mitigées

Sur la page officielle de la Coordination nationale des enseignants contractuels, les réactions sont plutôt mitigées. Entre ceux qui se réjouissent d’un «grand acquis» pour le corps enseignant et d’autres qui font une lecture entre les lignes du message ministériel et qui parlent d’«entourloupe». Selon ces derniers, un statut unifié est certes meilleur qu’un statut contractuel, mais il n’équivaut pas au statut normal de la fonction publique. Samir Laachaq relève pour sa part que Benmoussa parle de l’annulation des 12 statuts fondamentaux régionaux, mais que le recrutement se fera toujours dans le cadre de ces statuts. Une aberration selon cet enseignant. Enfin, d’autres revendications sont rappelées par les membres de la coordination, comme le choix du cycle d’enseignement ou encore la situation des enseignants soumis au statut de 2003.

D’autres promesses

L’autre bonne nouvelle est d’ordre pécuniaire. Le ministre a souligné qu’en collaboration avec les secteurs concernés, il est prévu de régler les arriérés de promotion de l’année 2020 avant fin 2022, avec une enveloppe budgétaire de 2 milliards de DH. Benmoussa a enfin assuré que son ministère maintient une logique d’ouverture et de dialogue constructif et responsable avec les partenaires sociaux. Et cerise sur le gâteau,  le ministère de l’Éducation nationale, du Préscolaire et des Sports a lancé dans la foulée avec trois jours de retard le portail électronique dédié au mouvement de mutation au titre de l’année 2023. Le ministère a annoncé qu’il a été aussi décidé de prolonger, jusqu’au 11 octobre, l’opération d’insertion des données, d’établissement des choix et d’approbation des demandes de participation sur le site web dédié « haraka.men.gov.ma/haraka » à cet effet. Cette décision intervient, selon la même source, en réponse à la volonté de la famille de l’éducation et de la formation de voir proroger les délais impartis pour la réception des demandes de participation à ce mouvement de mutation, et en interaction avec les propositions des partenaires sociaux en la matière, et afin d’ouvrir la voie à l’ensemble des enseignantes et enseignants, dans un cadre garantissant la transparence et l’égalité des chances.

Pour rappel, plusieurs débrayages étaient prévus dans le secteur de l’éducation nationale dans les prochains jours. Espérons que le dénouement du dossier des contractuels favorisera l’apprentissage serein des élèves et atténuera les problèmes de l’école publique.

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