Éducation : l’AMDH alerte sur l’affaiblissement de l’école publique
Une école publique © DR
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À l’occasion de la Journée mondiale de l’éducation, l’Association marocaine des droits humains (AMDH) a lancé un nouvel avertissement sur l’état de l’enseignement public au Maroc. L’organisation appelle les pouvoirs publics à mettre fin à des politiques qu’elle juge responsables du recul de l’école et de l’université publiques, tout en dénonçant la montée de la marchandisation du secteur éducatif, perçue comme un facteur aggravant des inégalités sociales.
Dans un communiqué, l’AMDH fait part de sa profonde préoccupation face aux « dérives graves » qui marquent le système éducatif national. Selon l’association, ces évolutions portent atteinte au droit des citoyennes et citoyens à une éducation publique moderne, inclusive et de qualité. Elle rappelle, à cet égard, que le Maroc se classe au 110e rang mondial en matière d’éducation, d’après l’Indice de justice mondiale, un indicateur jugé révélateur des dysfonctionnements structurels du secteur.
Un fossé entre discours officiel et réalité du terrain
L’organisation pointe un décalage persistant entre les annonces officielles et la situation réelle dans les établissements scolaires et universitaires. Ce constat concerne aussi bien l’enseignement de base que l’enseignement supérieur, la recherche scientifique et l’innovation. Pour l’AMDH, les politiques publiques mises en œuvre n’ont pas permis d’améliorer sensiblement la qualité de l’enseignement ni de garantir l’égalité des chances entre les élèves et les étudiants.
S’agissant de l’enseignement préscolaire, l’association souligne l’absence de généralisation effective de ce cycle, pourtant déterminant. Elle met également en lumière la précarité persistante des éducatrices et éducateurs, conséquence directe, selon elle, du désengagement de l’État et de la délégation de la gestion du préscolaire à des associations, sans garanties suffisantes en matière de droits sociaux et de stabilité professionnelle.
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Des conditions d’apprentissage dégradées
Sur le plan matériel et humain, l’AMDH dresse un tableau préoccupant : classes surchargées, enseignement à niveaux multiples, pénurie d’enseignants et de personnel administratif. À cela s’ajoute le manque criant d’équipements de base, tels que les laboratoires, les cantines scolaires, les internats, les maisons de l’étudiant et les cités universitaires. L’association insiste également sur l’insuffisance des sanitaires et du transport scolaire, notamment dans les zones rurales.
L’AMDH critique ce qu’elle qualifie d’échec structurel des politiques éducatives. Elle estime que certains projets lancés par le ministère de tutelle n’ont pas atteint leurs objectifs. L’association déplore par ailleurs l’inefficacité des mesures de lutte contre le décrochage scolaire et l’incapacité à protéger les enfants contre l’abandon précoce de la scolarité.
Appel au respect des engagements de l’État
Selon ses chiffres, plus de 1,5 million d’enfants seraient aujourd’hui en dehors du système éducatif, auxquels s’ajoutent environ 300.000 nouveaux cas chaque année. L’AMDH souligne également la faiblesse des apprentissages fondamentaux et la persistance d’inégalités territoriales et linguistiques marquées.
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Face à ce diagnostic, l’association exhorte au respect des engagements nationaux et internationaux en matière d’éducation. Elle plaide pour un enseignement public gratuit, accessible à toutes et à tous, de qualité acceptable et reconnu comme un service public relevant pleinement de cette responsabilité.
Des réformes législatives contestées
Enfin, l’AMDH met en garde contre ce qu’elle considère comme un processus de démantèlement progressif de l’école publique, susceptible de priver de larges catégories de la population de leur droit à l’éducation, sous l’effet de politiques qu’elle estime inspirées par les institutions financières internationales.
L’association dénonce également la volonté du ministère de faire adopter les projets de loi n°59.24, relatifs à l’enseignement supérieur et à la recherche scientifique, et n°59.21, concernant l’enseignement scolaire. Elle estime que ces textes mettent en danger l’avenir de l’école publique et l’indépendance de l’université, et réclame leur retrait ainsi qu’un réexamen dans le cadre d’une démarche participative impliquant l’ensemble des acteurs du secteur.
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