Droit de grève : quelles sont les nouveautés et amendements de fond apportés à la loi?
Le Parlement. DR
A
A
A
A
Hier, les différents syndicats avaient appelé à une grève nationale générale pour s’opposer au projet de loi sur le droit de grève et à l’inflation. Un mot d’ordre qui a été très suivi entraînant au passage une paralysie de l’administration. Les écoles publiques étaient fermées, les hôpitaux fonctionnaient au ralenti entre autres.
Selon Miloud Moukharik, secrétaire général de l’UMT, la grève est totale dans plusieurs secteurs notamment l’agriculture, avec le ministère, les offices, la conservation foncière, le ministère des Finances, les services des impôts. Il ajoute que la CNSS a cessé toutes activités tant au niveau du siège que dans les agences et les polycliniques.
Il s’est réjoui de l’ampleur de la mobilisation. Miloud Moukharik soutient que c’est est moyen pour attirer l’attention du gouvernement, l’inciter à reprendre le dialogue social, à mettre fin à l’augmentation vertigineuse du coût de la vie et à défendre le pouvoir d’achat des travailleurs.
Pendant ce temps, le gouvernement reste campé sur sa position avec l’introduction du projet de loi organique n° 97.15 fixant les conditions et les modalités d’exercice du droit de grève pour une seconde lecture à la Chambre des représentants lors d’une session législative. Le projet de loi a été approuvé par 84 voix pour et 20 voix contre, sans aucune abstention.
Lire aussi : Grève : mobilisation dans le public, services partiellement paralysés
Durant cette session, des nouveautés et des amendements de fond ont été apportés à ce projet. Le premier article a été largement développé, conformément à la volonté des syndicats. Le point majeur apporté stipule qu’«en cas de conflit entre les législations en vigueur, la priorité est accordée aux dispositions en faveur des travailleurs et des syndicats». Cet amendement a été présenté par le gouvernement lors de la séance plénière de mardi.
Le second amendement concerne l’élargissement du droit de grève à la défense des intérêts moraux des travailleurs. Initialement, la version adoptée par la Chambre des représentants limitait ce droit à la protection des intérêts matériels. Avec cette modification, les libertés syndicales, la dignité et d’autres formes d’intérêts moraux sont reconnus comme motifs légitimes de grève. Cette nouvelle définition s’aligne avec celle de l’Organisation internationale du Travail (OIT). Toutefois, l’amendement proposé par les syndicats pour autoriser des grèves d’une durée illimitée n’a pas été retenu, car il contrevient à la définition de l’OIT, qui considère la grève comme une cessation temporaire du travail.
Extension du droit de grève et nouvelles catégories de bénéficiaires
Le quatrième article, adopté à l’unanimité par la Chambre des représentants, demeure inchangé. Il a permis d’élargir le droit de grève à de nouvelles catégories professionnelles. Alors qu’en 2016, ce droit était réservé aux salariés du secteur privé et aux fonctionnaires du secteur public, il inclut désormais les travailleurs domestiques, les travailleurs indépendants et les non-salariés.
Sur la question des délais de négociation préalables à une grève, la version de 2016 fixait un délai de 30 jours, jugé excessif par les syndicats. La Chambre des représentants l’a réduit à 10 jours pour les grèves portant sur des questions litigieuses dans le secteur privé, qui représentent 95% des cas de grève. La Chambre des conseillers a encore abaissé ce délai à 7 jours, et à 3 jours en cas de «danger imminent». Dans ce cas, l’inspecteur du travail est tenu de fournir les preuves de cette situation, en conformité avec le Code du travail.
Lire aussi : Adoption du projet de loi sur la grève
Concernant les grèves pour une augmentation salariale dans le secteur privé, un délai de 15 jours renouvelable une fois a été instauré, afin de permettre à l’employeur de convoquer son conseil d’administration et de respecter les formalités nécessaires. Dans le secteur public, la revendication de revalorisation salariale est soumise à un délai de 45 jours pouvant être prolongé, car elle implique plusieurs départements, notamment les ministères des Finances et de l’Administration publique, voire le chef du gouvernement en cas d’arbitrage nécessaire.
Réduction des délais et renforcement des protections des travailleurs
Les délais de notification des grèves ont également été réduits. Alors qu’en 2016, ils étaient de 15 jours, ils sont passés à 7 jours dans la version de la Chambre des représentants et à 5 jours dans celle de la Chambre des conseillers, sauf pour la grève nationale, qui conserve un délai de notification de 7 jours.
Des amendements ont été introduits pour garantir la protection du droit de grève. Il est désormais interdit à l’employeur d’entraver ce droit, de sanctionner, de révoquer ou de se venger des grévistes, ou encore de recourir à la sous-traitance en remplacement des grévistes. Les sanctions pour violation de cette interdiction vont de 20.000 à 200.000 dirhams, tandis que la version de la Chambre des représentants fixe une amende à 50.000 dirhams.
Lire aussi : Droit de grève : le PPS rejette le projet de loi
Dans le passé, les grévistes pouvaient être licenciés ou remplacés. Dorénavant, les amendes prévues pour les grévistes en infraction ont été réduites de 5.000-10.000 dirhams à 1.200-8.000 dirhams afin d’éviter la contrainte par corps. Un nouvel article interdit explicitement cette mesure en cas d’insolvabilité du gréviste.
L’élargissement de la liberté syndicale est aussi un aspect important des modifications. Désormais, tous les syndicats représentatifs, et non uniquement les plus représentatifs, peuvent appeler à la grève au niveau national et sectoriel. En l’absence de syndicat dans une entreprise, la proportion de salariés pouvant décider d’une grève a été ramenée de 75% en 2016 à 35% par la Chambre des représentants, puis à 25% par la Chambre des conseillers.
Politique - À Rabat, le Sénégal réaffirme son soutien au Sahara et à l’Initiative Royale pour l’Afrique Atlantique, saluant une coopération bilatérale jugée exemplaire et durable.
Hajar Toufik - 9 janvier 2026Politique - Le gouvernement annonce 1.000 postes dédiés aux enseignants de la langue amazighe pour 2026, renforçant ainsi son enseignement.
Mouna Aghlal - 9 janvier 2026Dans un contexte international marqué par le retour de la loi du plus fort et l’affaiblissement du multilatéralisme, la France entend réaffirmer une ambition diplomatique…
Wissal Bendardka - 9 janvier 2026Politique - Renforcement du dialogue parlementaire entre Rabat et Dakar, appui sénégalais à l’intégrité territoriale du Maroc et mise en avant des initiatives africaines du Royaume au cœur des échanges entre responsables des deux institutions législatives.
Ilyasse Rhamir - 9 janvier 2026Politique - Le gouvernement maintiendra le dialogue autour du projet de loi sur la profession d’avocat jusqu’à son examen final par le Parlement.
Mouna Aghlal - 9 janvier 2026Politique-Rabat a accueilli une réunion tripartite entre les directeurs généraux de la police du Maroc, d’Espagne et d’Allemagne.
Rédaction LeBrief - 8 janvier 2026Dossier - Le Maroc peut maintenant demander plus : sortir le dossier du Sahara de la quatrième commission de l'ONU, inscrire le Polisario comme organisation terroriste…
Sabrina El Faiz - 25 janvier 2025Politique - Après les inondations meurtrières, le PJD demande une officialisation de la catastrophe pour soutenir les victimes et les sinistrés.
Mouna Aghlal - 17 décembre 2025Politique - L’ONU tire la sonnette d’alarme : le Sahara reste en tension, Guterres appelle les parties à un changement de cap pour éviter l’escalade.
Hajar Toufik - 25 août 2025Le roi Mohammed VI a adressé, mardi, un discours au peuple marocain à l’occasion du 26e anniversaire de son accession au Trône. Voici le texte…
Rédaction LeBrief - 29 juillet 2025Dossier - À l’instar d’un pur-sang arabe, le Parlement avance toujours, rectifiant ses virages au besoin. Immersion dans un univers parallèle.
Sabrina El Faiz - 28 décembre 2024Politique - Le Ministère de la Maison Royale, du Protocole et de la Chancellerie annonce que le roi Mohammed VI adressera un discours à son peuple.
Rédaction LeBrief - 31 octobre 2025