Cour des comptes : les défis du système de santé

Avatar de Khadija Shaqi

Temps de lecture :

Santé : le syndicat exige l’application de l’accord du 23 juilletImage d'illustration © DR

A
A
A
A
A

Le système de la santé nationale est dans le collimateur de la Cour des comptes. Celle-ci a rendu public le rapport annuel sur ses activités et celles des cours régionales des comptes au titre de l’année 2021. Elle a également suggéré un ensemble de recommandations en faveur de plusieurs secteurs, à l’instar de la santé, notamment, l’enseignement et le tourisme. Précisions.

La Cour des comptes a publié son rapport annuel au titre de l’année 2021. Cette juridiction financière indépendante a présenté un ensemble de recommandations en faveur de plusieurs secteurs, dont celui de la santé. Elle met l’accent sur les disparités territoriales concernant les ressources humaines du ministère de la Santé.

Au Maroc, le personnel de santé dans les secteurs public et privé a connu une légère amélioration au cours de la dernière décennie. Leur nombre est passé de 51,1 à 64,1 agents pour 1.000 habitants entre 2011 et 2020. Ce renforcement s’explique principalement par une augmentation des effectifs dans le secteur privé. Cependant, la densité des médecins du secteur public a diminué au cours de cette même période.

Lire aussi : Levée d’état d’urgence sanitaire : impact sur la société et la santé

Disparités territoriales

Le rapport annuel de 2021 de l’institution financière indique également que cette amélioration n’a pas été uniforme dans toutes les régions du pays. La Cour des comptes a souligné l’absence de critères précis pour déterminer la compatibilité entre les effectifs médicaux disponibles et les besoins sanitaires de la population et des établissements de santé.

Cette situation soulève la question de la répartition et du développement des professionnels de santé au Maroc. La Cour a également soulevé «la prédominance des spécialisations non prioritaires, la baisse de la part des spécialisations prioritaires, ainsi que le renforcement de l’offre de soins qui ne sert pas à soutenir les soins de proximité».

De plus, l’institution estime que «la pénurie de médecins, d’infirmiers et d’infirmiers techniciens va, en général, continuer à augmenter au cours des années à venir», tandis que «la couverture adéquate de la population (45,4 agents de santé pour 1.000 habitants selon la définition de l’Organisation mondiale de la santé) reste difficile à atteindre».

Lire aussi : Réforme du système de santé : Aït Taleb fait le point

Assurance maladie obligatoire (AMO)

La Cour des comptes a souligné dans son rapport annuel de 2021 que la généralisation de l’Assurance maladie obligatoire (AMO) dépend du développement de l’hôpital public, qui est le principal levier de l’AMO. Pour atteindre cet objectif, la Cour a recommandé d’accélérer la modernisation des structures de soins pour améliorer la disponibilité et la qualité de l’offre de soins dans le secteur public.

Aussi, elle a rappelé que la loi-cadre n°06.22, relative au système national de santé, a défini les objectifs de réforme et de restructuration de toutes les composantes du système. Il s’agit du renforcement des ressources humaines sanitaires, de la mise en place d’instances spécialisées pour la gestion et de la gouvernance, ainsi que d’un système d’information sanitaire national intégré. Cette refonte va permettre au système de santé de remplir ses missions et de répondre aux attentes des citoyens.

En outre, la Cour a recommandé l’adoption de mécanismes de financement pour garantir la pérennité de l’AMO et permettre une couverture adéquate des frais de soins de la population assurée. Ces réformes sont en ligne avec les efforts déployés pour développer le système de protection sociale du pays, le régime de l’assistance médicale aux démunis et les réformes de certains régimes de retraite, au cours des deux dernières décennies.

S’agissant des prix des médicaments, la Cour des comptes estime que la sélection des pays de référence pour la fixation et la révision «n’a pas été faite sur la base d’une étude antérieure». Abdelmajid Belaiche, analyste des marchés pharmaceutiques, nous explique que le système des benchmarks est le meilleur moyen pour fixer les prix de médicaments en les comparant avec d’autres pays. «Pour effectuer son benchmark tarifaire, le Maroc a comparé ses prix avec ceux de plusieurs autres pays, dont la France et la Belgique. En l’occurrence, des pays qui ne partagent pas le même système économique ni sanitaire que le nôtre. Et le coût des médicaments dans ces pays est visiblement plus élevé que celui du Royaume». L’expert ajoute aussi que le choix de ces références européennes n’est pas adéquat au marché marocain.

Enfin, Abdelmajid Belaiche suggère de choisir des pays de référence qui ont, plus ou moins, la même économie que la nôtre afin d’avoir des prix adaptés aux différentes catégories de patients.

Dernier articles
Les articles les plus lu
Alerte météo : pluies, neige et vents violents dans plusieurs provinces

Société - De fortes précipitations orageuses avec risque de grêle, d’importantes chutes de neige en altitude et des rafales atteignant 85 km/h sont attendues mercredi et jeudi dans de nombreuses provinces du Royaume.

Ilyasse Rhamir - 4 mars 2026
Hajj 1447H : frais définitifs fixés à 63.021 dirhams, remboursement prévu

Société - Le coût final du Hajj 1447H a été fixé à 63.021 dirhams. Les 1.979 dirhams restants seront remboursés via Al Barid Bank du 9 au 20 mars 2026. Les frais incluent désormais le sacrifice, et les préparatifs pour 1448H démarreront immédiatement après la saison actuelle.

Ilyasse Rhamir - 3 mars 2026
Surdité : une urgence mondiale de santé publique

Société - L'OMS prévoit que d'ici 2050, 2,5 milliards de personnes seront atteintes de surdité. Une situation alarmante à prendre en compte.

Mouna Aghlal - 3 mars 2026
Ksar El Kébir : inwi annule les factures ADSL de février

Société - Selon nos informations, Inwi a supprimé les factures ADSL Xtra de février pour tous ses abonnés à Ksar El Kébir, dans un contexte de reconstruction après des inondations historiques ayant provoqué évacuations massives et lourds dégâts économiques.

Ilyasse Rhamir - 3 mars 2026
Libéralisation des pharmacies : une réforme qui déclenche la fronde syndicale

Société - Les syndicats des pharmaciens d’officine annoncent une série de grèves nationales pour protester contre la recommandation de libéralisation du capital des pharmacies émise par le Conseil de la concurrence.

El Mehdi El Azhary - 3 mars 2026
Ramadan : comment bien rompre le jeûne sans brusquer son organisme ?

Société - Après plus de douze heures de jeûne, le premier repas peut fatiguer autant qu’il soulage. Une nutritionniste détaille comment structurer un ftour équilibré, limiter les pics de glycémie et éviter les erreurs alimentaires les plus fréquentes.

Ilyasse Rhamir - 3 mars 2026
Voir plus
Manifestations de la « GenZ 212 » : 60 personnalités marocaines exhortent le Roi à engager des réformes profondes

Société - Soixante figures marocaines appellent le roi Mohammed VI à lancer des réformes profondes en phase avec les revendications de la jeunesse.

Hajar Toufik - 8 octobre 2025
Travaux : les Casablancais n’en peuvent plus !

Dossier - Des piétons qui traversent d’un trottoir à l’autre, des voitures qui zigzaguent… À croire que les Casablancais vivent dans un jeu vidéo, sans bouton pause.

Sabrina El Faiz - 12 avril 2025
Manifestations de la « GenZ 212 » : appel à boycotter les entreprises liées à Akhannouch

Société - Les manifestations de la « GenZ 212 », poursuivent leur mobilisation à travers un appel au boycott des entreprises liées à Aziz Akhannouch.

Ilyasse Rhamir - 7 octobre 2025
Mariages marocains : l’amour au prix fort

Société - Au Maroc, on peut rater son permis de conduire, son bac… Mais rater son mariage ? Inenvisageable !

Sabrina El Faiz - 23 août 2025
La classe moyenne marocaine existe-t-elle encore ?

Dossier - Au Maroc, pour définir le terme classe moyenne, nous parlons de revenus. Cela ne veut pourtant plus rien dire.

Sabrina El Faiz - 5 juillet 2025
L’Union européenne envisage des visas Schengen à entrées multiples valables jusqu’à 10 ans

Société - L'Union européenne envisage des visas valables jusqu'à 10 ans, transformant la politique de circulation en Europe.

Mouna Aghlal - 17 février 2026
pub

Un commentaire

  1. Il est temps de mettre en place une stratégie nationale pour valoriser nos compétences et notamment nos médecins

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée Champs requis marqués avec *

Poster commentaire