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Hajar Toufik Publié le 13/01/26 à 10:27
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Maroc–Nigeria, une demi-finale de CAN, ça claque déjà sur l’affiche. Mais pour les Lions de l’Atlas, l’enjeu dépasse le simple billet pour la finale : c’est un rendez-vous avec le passé. La dernière fois que le Maroc a vu le dernier carré, c’était en 2004. Certains joueurs de l’effectif actuel n’étaient même pas devant la télé, d’autres apprenaient à marcher. Depuis, des générations ont défilé, des promesses se sont évaporées, et la CAN a souvent laissé un goût amer. Cette fois, elle se joue à la maison, et ça change tout.

Parce qu’une demi-finale à domicile, ce n’est pas un match comme les autres. Le Maroc est favori, numéro un africain au classement FIFA, demi-finaliste de la Coupe du monde 2022, porté par un public entier qui attend autre chose que des « presque ». Walid Regragui le sait : le crédit du Qatar fond à mesure que les matchs deviennent serrés et que le jeu reste prudent. Heureusement pour lui, Brahim Diaz est en feu, cinq buts en cinq matchs. Comme s’il refusait de laisser la compétition lui échapper.

En face, il y a le Nigeria. Pas un invité surprise, jamais. Le spécialiste de la CAN, celui qui arrive toujours avec des talents plein les poches et des certitudes plein la tête. La génération Osimhen–Lookman n’a encore rien gagné, mais elle frappe à la porte avec insistance. Quatre buts, deux passes pour Osimhen, un Algérie–Nigeria plié sans trembler, et cette impression permanente que les Super Eagles peuvent transformer le moindre ballon en alerte rouge. Le Nigeria ne joue pas toujours bien, mais il joue toujours juste quand ça compte.

Et puis, il y a l’autre demi-finale qui ressemble à une réunion de légendes. Sénégal–Égypte, c’est 12 étoiles de CAN à eux deux, et une affiche qui sent la poudre et l’expérience. Les Lions de la Teranga veulent rappeler qu’ils sont toujours là, revanchards après leurs échecs récents, portés par un Sadio Mané éternel et une génération qui mélange jeunesse et vécu. En face, l’Égypte avance masquée, fidèle à sa discipline et à son pragmatisme, avec Mohamed Salah qui rêve encore de son premier sacre continental.

Quatre équipes, quatre histoires, un casting XXL pour un dernier carré qui pèse lourd dans la mémoire du football africain. Mais au Maroc, cette demi-finale a une saveur particulière. Parce qu’une CAN à domicile, ça ne se joue pas, ça se traverse. Parce qu’attendre depuis 2004, c’est long. Et parce que parfois, une génération n’a qu’une seule chance d’écrire sa propre date dans les livres d’histoire.

Bref, demain, mercredi 14 janvier, le Maroc n’a pas seulement un match à gagner, il a un rendez-vous à ne pas rater.

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