Chômage : trop de candidats, peu de postes

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Emploi, chômage, sous-emploi…Ce qu’il faut retenir de la note du HCPEmploi (Image d'illustration) © DR

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Alors que l’emploi mondial montre des signes de reprise post-pandémie, le Maroc, à l’instar des autres pays d’Afrique du Nord, fait face à des défis structurels profonds. Entre une main-d’œuvre en croissance et des opportunités d’emploi limitées, le pays est confronté à la nécessité d’un véritable tournant dans ses politiques économiques et sociales. Quels sont les principaux enjeux pour le marché du travail marocain ?

La reprise économique post-pandémie, bien qu’encourageante à l’échelle mondiale, révèle des fractures importantes au Maroc. Comme dans le reste de l’Afrique du Nord, la population en âge de travailler dans le pays croît plus rapidement que les créations d’emplois. Cette situation reflète un déséquilibre structurel qui ne cesse de s’amplifier, rendant l’inclusion économique et sociale encore plus difficile.

Ce contexte met en lumière un besoin urgent de réformes structurelles capables de relancer la dynamique de création d’emplois de qualité. Mais avant d’aborder ces réformes, examinons les principaux indicateurs du marché de l’emploi marocain selon les tendances générales observées en Afrique du Nord dans le rapport de l’OIT.

Une main-d’œuvre croissante, mais des emplois insuffisants

Le Maroc, comme ses voisins, connaît une augmentation constante de sa population active. Cependant, le marché du travail ne parvient pas à absorber cette force de travail supplémentaire. Selon les projections du rapport, cet écart risque de s’aggraver à moyen terme si des mesures correctives ne sont pas prises.

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Le défi est double : d’une part, il s’agit de fournir des opportunités aux jeunes entrant sur le marché, et d’autre part, de garantir des emplois décents. Malheureusement, beaucoup d’emplois nouvellement créés restent précaires et concentrés dans des secteurs informels, caractérisés par une faible productivité et des salaires modestes.

Le poids de l’informalité et de la pauvreté laborieuse

L’informalité reste une caractéristique majeure du marché de l’emploi marocain, où une grande partie des travailleurs opèrent sans protection sociale ni sécurité juridique. Cette réalité freine non seulement les perspectives de croissance économique, mais aggrave également la pauvreté laborieuse.

Dans les économies où l’emploi formel est limité, les travailleurs se tournent souvent vers des solutions de repli. Ce phénomène alimente un cercle vicieux dans lequel les revenus insuffisants empêchent les familles d’investir dans l’éducation et la santé, compromettant ainsi le développement humain et économique à long terme.

L’urgence d’une transformation structurelle

Pour répondre à ces défis, le rapport souligne l’importance d’un virage vers une transformation structurelle de l’économie. Cela implique de diversifier les secteurs d’activité, en particulier en investissant dans des industries à forte valeur ajoutée comme les technologies vertes ou les services modernes.

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Le Maroc a déjà pris certaines initiatives dans ce sens, notamment avec des projets dans le domaine des énergies renouvelables et des infrastructures. Cependant, ces efforts doivent être intensifiés et accompagnés de réformes institutionnelles pour renforcer l’éducation, la formation professionnelle et l’accès à la technologie.

Les femmes et les jeunes, acteurs décisifs du changement

Le rapport met également en avant un potentiel sous-exploité : celui des femmes et des jeunes. Au Maroc, les taux de participation des femmes au marché du travail restent parmi les plus faibles au monde. Cela représente une perte économique importante, car des études montrent qu’une hausse de leur participation pourrait significativement accroître le PIB par habitant.

De même, les jeunes Marocains, souvent bien formés, peinent à trouver des opportunités correspondant à leurs compétences. Youssef El Hammal, président de Youth Africa Foundation, souligne que : « Aujourd’hui, les jeunes Marocains peinent à trouver un emploi pour plusieurs raisons. D’abord, il existe un décalage entre les compétences développées dans le système éducatif et les besoins réels du marché du travail. Bien souvent, les programmes de formation ne mettent pas suffisamment l’accent sur les soft skills telles que la communication, la résolution de problèmes ou le travail d’équipe, qui sont pourtant indispensables dans le monde professionnel actuel. »

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Il ajoute que « malgré de réelles opportunités proposées par les recruteurs, beaucoup de jeunes ne comprennent pas pourquoi ils ne parviennent pas à décrocher un poste. Souvent, ils négligent certains aspects essentiels, comme la qualité de leur CV, leur posture ou encore leur capacité à communiquer efficacement lors des entretiens. Cette incompréhension génère une forme de frustration qui peut, à terme, les pousser à abandonner la recherche d’emploi et à basculer dans la catégorie des ‘NEET’ (Not in Employment, Education or Training). »

Pour remédier à ces défis, Youssef El Hammal recommande de « renforcer la confiance dans le marché de l’emploi en multipliant les initiatives de transparence et de méritocratie, tout en améliorant l’accompagnement des jeunes. Cela passe notamment par des programmes de développement de compétences transversales et une orientation plus adaptée, afin de mieux les préparer à intégrer le monde du travail. »

Un avenir à construire

Pour le Maroc, les défis du marché de l’emploi ne sont pas insurmontables, mais ils nécessitent une action rapide et coordonnée. La transformation de l’économie doit aller de pair avec une politique sociale renforcée, afin de garantir que les bénéfices de la croissance profitent à tous.

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Si le pays parvient à relever ces défis, il pourrait devenir un modèle en Afrique du Nord, démontrant qu’il est possible de transformer les contraintes structurelles en opportunités de développement inclusif.

Le rapport met en lumière des tendances inquiétantes, mais aussi des opportunités pour le Maroc. En investissant dans une économie plus diversifiée et inclusive, et en valorisant le potentiel de sa jeunesse et de ses femmes, le pays peut relever les défis qui se dressent devant lui. Le chemin est long, mais il est porteur d’espoir.

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