Chaînes de valeur mondiales : quel positionnement pour le Maroc ?
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Ayant réellement pris leur essor à partir des années 1990, les chaînes de valeur mondiales (CVM) ont renforcé le commerce mondial. Ces réseaux de production internationaux offrent de nombreuses perspectives pour l’Afrique, en vue de tirer profit des bénéfices de la mondialisation. Et le Maroc, lui, a réussi, en l’espace de quelques années, à améliorer son positionnement dans les CVM.
Dans une publication récente, l’Institut italien pour les études de politique internationale (ISPI) revient sur le leadership du Royaume dans la région méditerranéenne en matière des CVM. Selon l’Institut, le Maroc, porte d’entrée africaine du commerce mondial, occupe une position «prometteuse» dans ce sens.
Selon le Think tank, la participation du Maroc à la CVM, tant par le développement de nouvelles activités de production que par le renforcement des activités de commerce et de transbordement, est en forte hausse depuis plusieurs mois.
En effet, sur une période de treize ans, entre 2005 et 2018, le Royaume a vu son taux de participation à la CVM passer de 7,6% à 46,7%. Ce niveau est comparable à celui atteint par des pays comme le Mexique, la Roumanie et la Russie, et supérieur à celui de la Turquie, du Brésil et de l’Inde. Notons que les industries de l’automobile, de l’aviation et des phosphates sont parmi les secteurs les plus associés dans la CVM.
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Automobile, principal secteur d’exportation du Maroc
Avec une capacité de production de plus de 700.000 véhicules par an, l’automobile s’est progressivement imposée comme le principal secteur d’exportation du Maroc, relève l’étude. Aussi, le pays est le premier producteur africain et le deuxième fournisseur de l’Union européenne.
Le Royaume est présent sur toute la chaîne de valeur, de la production aux composants, soulignent les analystes. Ils notent, en outre, que les derniers investissements montrent comment la trajectoire de développement du secteur se croise petit à petit avec la transition énergétique, un chantier lancé depuis plusieurs années par le Maroc.
De son côté, poursuit la publication, le Centre technique marocain (CTM) du groupe Stellantis a déjà contribué à la recherche et au développement pour la production de deux nouveaux véhicules électriques. Cette spécialisation naissante est également soutenue par la présence depuis plus de 20 ans du groupe STMicroelectronics. Ce dernier a lancé une nouvelle ligne de production de puces électroniques pour le constructeur américain Tesla dans son usine de Bouskoura.
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Aéronautique et phosphate : le Maroc se positionne en leader mondial
Un autre secteur émergent pour l’intégration du Maroc dans la CVM est l’industrie aéronautique. De nombreux groupes internationaux ont délocalisé une partie de leurs processus de production au Maroc, comme EADS, Boeing, Bombardier Aerospace et Safran, fait savoir l’ISPI.
En 2022, les exportations du secteur ont augmenté de 34,4% en glissement annuel, rappelle-t-il. Par ailleurs, le pays détient environ 70% des réserves mondiales du phosphate. Au cours des onze premiers mois de 2022, le Maroc a enregistré une augmentation de 54% de la valeur de ses exportations de phosphate, qui ont atteint 10,6 milliards dollars.
Le Maroc, un acteur clé du transbordement en mer Méditerranée
D’après le Think tank, l’intégration de l’économie marocaine dans la CVM a également été soutenue par le développement du secteur portuaire. Au cours des quinze dernières années, le pays s’est imposé comme un acteur clé de la logistique et du transbordement en mer Méditerranée.
Le port de Tanger Med, en activité depuis 2007, a atteint la sixième position dans le classement mondial des ports à conteneurs de la Banque mondiale en 2021, rappelle la même source.
«Relié par une ligne ferroviaire aux usines de production du groupe Renault à Tanger et à Stellantis à Kenitra, Tanger Med a été l’un des vecteurs du développement de l’industrie automobile marocaine. Également doté d’une zone franche, il est relié à un réseau de 180 ports et 70 pays dans le monde, dont 18 États africains», précise l’étude.
Enfin, il est à rappeler que l’Institut pour les études de politique internationale a été fondé en 1934 à Milan. Il est l’un des plus anciens instituts italiens de référence dans les affaires internationales.
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