Cantine scolaire : le prix de la santé des enfants

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Cantine scolaire : quand la santé des enfants se paie cherImage d'illustration © DR

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À chaque rentrée, le prix et la qualité de la cantine scolaire dans le privé nourrissent débats et critiques. Derrière les repas servis aux enfants, une réalité : ce service est confié à des prestataires et reflète directement la qualité demandée par les familles.

À midi, les couloirs des écoles se vident et les enfants se dirigent vers la cantine. Pour certains, elle représente une simple commodité, pour d’autres une nécessité, faute de pouvoir rentrer déjeuner chez eux. Dans le privé marocain, ce service est devenu quasi incontournable, mais il reste source de polémiques.

Entre prix jugés excessifs et inquiétudes sur la qualité, la cantine cristallise les critiques des parents. Pour mieux comprendre, LeBrief a interrogé un directeur d’un grand groupe scolaire privé. Ses propos permettent de saisir la logique qui se cache derrière ce service, ses limites et ses risques.

La cantine, un service externalisé

Premier constat : les écoles privées ne gèrent pas directement la cantine. « Ce ne sont pas nous qui nous occupons de la cantine, ce sont des prestataires externes », explique le directeur.

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Cette externalisation signifie que les tarifs ne sont pas décidés par l’établissement, mais par les sociétés contractées. « Nous le disons aux parents clairement : ce n’est pas nous qui nous occupons de ces services annexes », insiste-t-il.

En d’autres termes, l’école ne fait que mettre en relation les familles avec un prestataire choisi, sans intervenir sur la fixation des prix, selon les mots du directeur.

Pourquoi les prix paraissent élevés ?

Dans de nombreux établissements, le coût mensuel de la cantine tourne autour de 900 dirhams, ce qui choque certains parents. Mais pour le directeur, ces tarifs reflètent un standard de qualité.

« Un repas varié et équilibré ne peut pas coûter 15 dirhams par jour », affirme-t-il. Selon lui, proposer des plats chauds, diversifiés et bien calibrés implique forcément un coût plus important : rémunération du cuisinier, du personnel de cuisine, des surveillants, sans oublier la marge du prestataire.

« Ceux qui proposent des repas à 12 ou 15 dirhams prennent des risques sur la qualité et donc sur la santé des enfants », alerte-t-il.

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L’exigence d’un repas équilibré

La question de la qualité nutritionnelle est au cœur du débat. Pour ce responsable, il ne s’agit pas seulement de nourrir les enfants, mais de leur offrir un repas complet et varié.

« Si tu veux que ton enfant ait des repas variés et équilibrés, chaque jour un menu différent et bien calibré entre protéines, lipides et glucides, ce standard ne peut pas être à 15 dirhams », explique-t-il.

Il met en garde contre les cantines à bas coût, qui privilégient des repas répétitifs et peu équilibrés, au détriment de la santé des élèves.

Le dilemme des parents

Face aux prix affichés, beaucoup de familles expriment leur frustration. Pour elles, la cantine représente une charge supplémentaire qui s’ajoute déjà à des frais de scolarité élevés.

Mais pour le directeur, le choix revient aux parents : accepter de payer pour des standards de qualité ou se tourner vers des solutions moins coûteuses, avec tous les risques que cela comporte. « Les critiques sont compréhensibles, mais dans les faits, la cantine reflète directement ce que les parents veulent et peuvent offrir à leurs enfants », souligne-t-il.

Fournitures scolaires : prix stables pour certains articles, hausse pour d’autres

La cantine scolaire dans le privé marocain illustre les tensions qui traversent tout le secteur : exigence de qualité d’un côté, contraintes budgétaires de l’autre. Externalisé, ce service échappe en grande partie aux écoles, qui rappellent que le prix dépend avant tout des prestataires et du niveau attendu.

Comme l’explique le directeur interrogé par LeBrief, « un vrai repas équilibré et chaud ne peut pas être bon marché ». Entre menus bas de gamme et prestations plus coûteuses, le dilemme reste entier pour les familles, qui doivent arbitrer entre budget et santé de leurs enfants.

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