Gazoduc Maroc-Nigeria : le projet entre dans sa phase de structuration financière
Le Maroc a entamé des discussions avec l’Export-Import Bank des États-Unis (US EXIM Bank) et la Banque mondiale afin de mobiliser les financements nécessaires au Gazoduc Africain Atlantique, un projet estimé à 26 milliards de dollars. L’information a été confirmée le 25 juillet par l’ambassadeur du Maroc aux États-Unis, Youssef Amrani, à l’agence Bloomberg, tandis que l’agence américaine de crédit à l’exportation a indiqué que des échanges préliminaires étaient en cours.
Cette nouvelle étape intervient quelques jours après un jalon institutionnel majeur. Le 19 juillet, lors du sommet de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) à Freetown, les chefs d’État ont signé l’accord intergouvernemental encadrant le projet. Ce texte dote désormais le gazoduc d’un cadre juridique régional, transformant une initiative initialement portée par le Maroc et le Nigeria en un programme commun à l’échelle ouest-africaine.
Piloté par l’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM) et la Nigerian national petroleum company (NNPC), le Gazoduc Africain Atlantique doit s’étendre sur près de 6.800 kilomètres et traverser treize pays de la façade atlantique. L’infrastructure vise une capacité de transport de 30 milliards de mètres cubes de gaz par an.
Selon la directrice générale de l’ONHYM, Amina Benkhadra, la réalisation du projet sera progressive. Les travaux devraient débuter par la liaison entre le Maroc, la Mauritanie et le Sénégal, avant la construction d’un tronçon reliant le Ghana à la Côte d’Ivoire, puis d’une connexion avec les gisements gaziers nigérians. Le lancement des travaux est annoncé pour 2028, avec une première mise en service prévue en 2031.
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L’intégration énergétique régionale
Au-delà de son ambition d’exportation, le projet entend favoriser l’intégration énergétique régionale. Les promoteurs estiment qu’il contribuera à améliorer l’accès à l’électricité, à soutenir l’industrialisation des pays traversés et à créer un véritable marché gazier en Afrique de l’Ouest, en complément du Gazoduc de l’Afrique de l’Ouest, dont les capacités restent limitées.
L’ONHYM considère que la diversification géographique du projet, impliquant treize économies, constitue un atout pour rassurer les bailleurs de fonds en limitant les risques liés à un seul marché ou à un unique fournisseur.
Les prochaines étapes porteront sur la création de la société de projet à Casablanca, l’installation de l’autorité de gouvernance à Abuja, ainsi que la conclusion d’un accord spécifique entre le Maroc, la Mauritanie et les États membres de la CEDEAO pour poursuivre la mise en œuvre du projet.