Burkina Faso : 184 millions de dollars pour accélérer l’électrification

Temps de lecture :
Burkina Faso : cap sur 70% d’électrification en 2030Drapeau du Burkina Faso © DR
A A A A A

Le Burkina Faso prévoit de mobiliser 104 milliards de francs CFA, soit environ 184 millions de dollars, pour renforcer ses capacités dans le secteur de l’électricité et accélérer l’extension de l’accès à l’énergie. L’annonce a été faite jeudi 10 septembre par les autorités burkinabè, dans le cadre d’un projet destiné notamment à soutenir les activités de la Société nationale d’électricité du Burkina Faso (SONABEL) et de l’Agence Faso Vêenem, récemment créée pour développer l’accès à l’électricité.

L’investissement doit contribuer à porter le taux d’électrification du pays à 70% à l’horizon 2030. Les fonds seront notamment consacrés aux équipements et aux infrastructures nécessaires au développement des réseaux de transport et de distribution. Pour Ouagadougou, l’enjeu consiste autant à accroître l’accès à l’électricité qu’à renforcer la capacité du système à répondre à une demande en progression.

Le déficit reste toutefois important. D’après les données de la Banque mondiale citées dans les éléments du projet, environ 34% de la population burkinabè avaient accès à l’électricité en 2024, contre une moyenne de 55% en Afrique subsaharienne. L’extension des infrastructures apparaît ainsi comme un volet essentiel de la politique énergétique, alors que l’augmentation de la production ne permet pas, à elle seule, d’améliorer la desserte lorsque les réseaux de transport et de distribution restent insuffisants.

Lire aussi : Burkina Faso-France : une rupture qui redessine les équilibres au Sahel

Réduire les importations d’électricité

Le Burkina Faso cherche également à réduire sa dépendance vis-à-vis des importations d’électricité. Selon le Fonds monétaire international (FMI), celles-ci représentent environ 60% de la consommation nationale, tandis que la demande électrique augmente en moyenne de 8,1% par an depuis 2020. Le renforcement des capacités nationales doit donc permettre de sécuriser davantage l’approvisionnement et de limiter progressivement le recours à l’électricité importée.

Ce projet s’inscrit dans un programme d’investissement plus vaste. En juin 2026, le Burkina Faso a adopté un Pacte national de l’énergie pour la période 2026-2030, dans le cadre de l’initiative Mission 300, portée pour accélérer l’accès à l’électricité sur le continent africain.

Ce pacte prévoit plus de 6.200 milliards de francs CFA, soit environ 10,3 milliards de dollars, d’investissements dans le secteur énergétique burkinabè. Les autorités tablent sur le raccordement de 17,9 millions de personnes supplémentaires d’ici 2030, dont plus de 11 millions en milieu rural.

L’objectif d’un taux d’électrification de 70% constitue ainsi l’un des principaux indicateurs de la stratégie énergétique du Burkina Faso pour les prochaines années, dans un contexte marqué par une forte progression de la demande et la nécessité de consolider les capacités nationales de production, de transport et de distribution.

Recommandé pour vous

RDC-Zambie : les limites du tout-rail pour le cuivre

Malgré les investissements dans les corridors ferroviaires, la RDC et la Zambie restent fortement dépendantes du transport routier pour leurs exportations de cuivre.

Dette : le FMI et la Banque mondiale réforment leur cadre d’évaluation des pays à faible revenu

Le FMI et la Banque mondiale réforment leur cadre d’analyse de la dette des pays pauvres, avec une meilleure prise en compte de la dette intérieure et des besoins de développement.

TV5 Monde : après le Maroc, la Côte d’Ivoire se rapproche de la gouvernance

La Côte d’Ivoire est en voie d’intégrer la gouvernance de la chaîne francophone internationale, TV5 Monde, après une première ouverture au Royaume du Maroc.

Rwanda : Kigali veut diversifier les financements de son développement

Le Rwanda adopte une stratégie de coopération jusqu’en 2050 pour diversifier ses financements, renforcer le rôle du privé et privilégier les projets structurants.

BAD : un plan de 5,1 milliards USD pour l’Afrique

La BAD mobilise 5,1 milliards de dollars pour aider les pays africains à faire face aux tensions sur l’énergie, les engrais et les denrées alimentaires.

Corde commune

Trois missions du FMI en quelques jours au Congo, au Gabon et au Cameroun. Le Fonds ne se déplace jamais pour le tourisme. Il vient compter.
pub