Ouganda : la production pétrolière attendue d’ici fin 2026

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Ouganda : la production pétrolière attendue d’ici fin 2026Image d’illustration. © DR
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L’Ouganda se prépare à franchir une étape majeure dans son développement économique avec le lancement de sa production pétrolière, annoncé d’ici la fin de l’année 2026. Après plusieurs années de retard, le pays s’apprête ainsi à rejoindre le cercle des producteurs de pétrole. Le président Yoweri Museveni a également dévoilé le nom qui sera donné au brut ougandais : « Pearl Sweet ».

La cérémonie officielle s’est tenue mercredi 2 septembre sur le site de Kingfisher, situé sur les rives du lac Albert, dans l’ouest de l’Ouganda. Exploitée par la compagnie chinoise CNOOC, cette installation constitue l’un des deux principaux projets pétroliers actuellement développés dans le pays.

Lors du lancement, les autorités ont indiqué qu’environ 28.000 barils devraient être produits quotidiennement au début de l’exploitation. À pleine capacité, la production du site pourrait atteindre 40.000 barils par jour grâce à une trentaine de puits forés par CNOOC.

Le président de CNOOC en Ouganda, Dr Liu Xiangdong, a estimé que le projet Kingfisher était désormais entré dans sa « phase finale ». Il a également salué le soutien du président Museveni, qui défend depuis plusieurs années le développement de l’industrie pétrolière nationale.

Des recettes de deux milliards de dollars

Pour Kampala, l’exploitation du pétrole représente une importante opportunité économique. Les autorités espèrent générer jusqu’à deux milliards de dollars de revenus annuels lorsque la production aura atteint son niveau maximal.

Le choix du nom « Pearl Sweet » revêt également une dimension symbolique. « Pearl » fait référence au surnom de l’Ouganda, souvent présenté comme « la perle de l’Afrique ». Le terme « sweet » renvoie, quant à lui, à la qualité du brut, caractérisé par une faible teneur en soufre.

Lire aussi : Pétrole : le baril dépasse 115 dollars avec la guerre au Proche-Orient

Malgré les perspectives économiques, le projet pétrolier fait l’objet de nombreuses critiques de la part d’organisations environnementales et de représentants de la société civile. Les conditions de déplacement des populations figurent notamment parmi les sujets de préoccupation. Près de 20.000 foyers auraient été affectés par la construction du pipeline destiné au transport du pétrole.

Juliette Renaud, coordinatrice des Amis de la Terre France, dénonce les conséquences sociales du projet et affirme que plus de 100.000 personnes ont perdu leurs terres ou leurs moyens de subsistance dans le cadre des différents projets pétroliers. Les autorités ougandaises assurent de leur côté prendre des précautions afin de limiter les risques de pollution.

Tilenga également sous pression

Le projet Kingfisher s’inscrit dans un programme pétrolier plus vaste, comprenant également Tilenga, développé par TotalEnergies. Les travaux de ce projet seraient réalisés à environ 75%. Plus de 100 puits doivent à terme être forés dans le secteur du parc national des Murchison Falls. Cette perspective suscite de fortes inquiétudes parmi les défenseurs de l’environnement, qui redoutent les conséquences de l’exploitation sur les écosystèmes et les populations locales.

Les controverses autour de Tilenga ont également pris une dimension judiciaire. Six ONG et 26 plaignants ont engagé une procédure devant le tribunal judiciaire de Paris pour mettre en cause TotalEnergies concernant notamment les expropriations et les violations présumées des droits humains.

Le groupe français rejette ces accusations et affirme appliquer un programme d’acquisition foncière conforme aux standards internationaux. Une première décision de justice l’a toutefois contraint à transmettre des documents destinés à évaluer les préjudices invoqués par les populations concernées. Une nouvelle audience est attendue au premier semestre 2027, alors que l’Ouganda se rapproche du lancement effectif de sa production pétrolière.

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