FMI-Sénégal : un accord de 2,2 milliards de dollar

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Sénégal : le Pastef veut des clarifications sur la dette sénégalaiseConférence de presse du ministre de l’Économie et des Finances, Cheikh Diba (au centre), sur la signature d’un accord avec le FMI © Léa-Lisa Westerhoff / RFI
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Les discussions entre le FMI et les autorités sénégalaises ont abouti à un accord majeur au niveau des services sur les principales politiques économiques qui pourraient laisser entendre un nouveau programme au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC).

Ledit programme s’étalera sur 36 mois et envisage une enveloppe d’environ 2,2 milliards de dollars, équivalente à 1,537 milliard de droits de tirage spéciaux (DTS) soit environ 475% de la quote-part du Sénégal au FMI.

A ce stade, il s’agit toujours d’un accord au niveau des services qui doit recevoir l’approbation de la direction du FMI puis celle du Conseil d’administration. Quant au pays de la Teranga, ce dernier doit obtenir les assurances de financement nécessaires auprès de ses partenaires.

Lire aussi : FMI-Sénégal : une mission attendue à Dakar dès le 19 août

Le retour à la coopération

Le Sénégal cherche à rétablir la stabilité macroéconomique et à restaurer la viabilité de sa dette, après des années de sérieux défis budgétaires et de rupture avec le Fonds monétaire international.

Ce programme est un véritable chantier qui vise à réduire les défaillances budgétaires et les vulnérabilités extérieures, améliorer la transparence des finances publiques, renforcer la gestion de la dette, favoriser une croissance portée par le secteur privé, mais ce n’est pas tout, la liste est encore longue.

Il est important de rappeler qu’avant cette reprise de contact, le Sénégal avait perdu la confiance du FMI sous l’ancien gouvernement qui avait communiqué des données financières inexactes, notamment des emprunts et des niveaux de déficit sous-déclarés.

D’après les données disponibles à fin 2023, la dette en question dépassait onze milliards de dollars, cette situation avait conduit à la suspension du programme précédent et la relation entre les deux entités a été profondément secouée.

Dans ce sens, le nouveau programme exige une transparence de gouvernance budgétaire et la mise en place de mesures correctrices résolues afin d’éviter toute manœuvre frauduleuse.

La dette au cœur du nouveau programme

Le problème de Dakar n’est pas de se procurer de nouveaux financements, mais de rendre la dette soutenable car, rappelons-le, la dette publique sénégalaise a atteint environ 132% du PIB en 2024 d’après les données du FMI suite à la découverte des emprunts précédemment non déclarés.

Le Sénégal a ainsi exprimé son intention de solliciter un traitement de sa dette pour restaurer sa soutenabilité. Le traitement d’une dette concerne les conditions de rééchelonnement de cette dernière afin de rendre son remboursement plus pérenne.

Le pays va donc devoir mener plusieurs grandes réformes dans le sens des orientations du FMI, à savoir l’augmentation des recettes de l’Etat et la réduction de certaines dépenses à travers la mobilisation des ressources intérieures et un assainissement budgétaire.

Ensuite, les autorités devront améliorer la gestion de la dette et renforcer le contrôle et la surveillance des entreprises publiques afin de mieux prévoir les risques qu’elles peuvent représenter pour les finances de l’Etat.

Le FMI souhaite également des réformes sur l’environnement des affaires et l’inclusion financière, visant ainsi une croissance plus durable et l’inclusion du secteur privé au cœur des actions et des décisions importantes sans négliger les individus en situation de vulnérabilité.

Le programme pourrait contribuer à mobiliser d’autres financements supplémentaires, notamment auprès de la Banque Mondiale, la BAD ou d’autres partenaires.

Le renouement des relations avec le FMI et ce nouveau programme constituent une nouvelle étape pour Dakar dans sa quête de développement et de renforcement de l’économie nationale. Toutefois, ce projet reste conditionné à l’approbation du conseil d’administration et à l’obtention des assurances de financement nécessaires par le Sénégal auprès de ces partenaires.

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