RDC : l’OMS réclame une trêve humanitaire face à Ebola
En République démocratique du Congo, l’Organisation mondiale de la santé a appelé, le 25 août, à une trêve humanitaire d’au moins six mois pour tenter d’enrayer la flambée d’Ebola qui progresse rapidement dans plusieurs zones du pays. L’agence estime que cette trêve humanitaire est désormais indispensable pour permettre aux équipes médicales d’accéder, en sécurité, aux communautés les plus exposées.
L’appel a été lancé à Addis-Abeba, en marge de la 76e session du Comité régional de l’OMS pour l’Afrique. Selon le dernier bilan arrêté au 21 août, la RDC comptait 5.514 cas confirmés et 2.642 décès dans 57 zones de santé, soit un taux de létalité de 47,9%, ce qui fait de cette épidémie l’une des plus graves jamais enregistrées dans le pays et sur le continent.
Pourquoi la trêve humanitaire est devenue centrale dans la riposte
Pour l’OMS, le principal obstacle n’est plus l’absence d’outils médicaux, mais l’impossibilité d’atteindre une partie des populations concernées. Dans plusieurs territoires, l’insécurité chronique, alimentée par des décennies de conflits armés, perturbe les campagnes de dépistage, d’isolement des cas, de suivi des contacts et de sensibilisation communautaire. L’agence souligne que lorsque les équipes parviennent à intervenir, la transmission peut être freinée, mais que le virus continue de circuler dès que l’accès est interrompu.
Cette dégradation intervient dans un contexte humanitaire déjà très fragile. Plus d’un million de personnes ont été déplacées par les violences, ce qui complique l’identification des chaînes de contamination et fragilise davantage les services sociaux et sanitaires. L’OMS a également actualisé ses recommandations temporaires à l’intention de ses États membres, en insistant sur la surveillance, la détection rapide des cas suspects, l’investigation, la prévention et la mobilisation des communautés locales, considérées comme un maillon essentiel de la riposte.
Au-delà de la RDC, l’alerte prend une dimension régionale. L’OMS considère le pays comme la seule zone à risque « très élevé », tandis que plusieurs voisins, dont le Burundi et la République centrafricaine, sont classés à risque « élevé ». Cette situation place les mécanismes de coordination africaine sous pression, notamment dans les domaines de la surveillance transfrontalière et de l’appui logistique.
Dans un cadre continental où l’Union africaine, les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies et les organisations sous-régionales sont régulièrement mobilisés lors des crises sanitaires, l’enjeu est aussi d’éviter une extension de l’épidémie au-delà des frontières congolaises. Le maintien de cette urgence de santé publique de portée internationale confirme la gravité du moment et l’importance d’une réponse sécurisée, continue et coordonnée.