Patrimoine agricole mondial : le Maroc distingué à Rome par la FAO

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Patrimoine agricole mondial : le Maroc distingué à Rome par la FAOLe Maroc obtient à Rome le certificat de désignation des systèmes ingénieux du patrimoine agricole mondial pour deux sites © DR

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Deux sites marocains figurent parmi les 24 nouveaux Systèmes du patrimoine agricole d’importance mondiale (SIPAM), qui ont reçu, lundi à Rome, les certificats de reconnaissance officielle de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Il s’agit des systèmes oasier-pastoral « Ksour de Figuig » et agro sylvo-pastoral de l’arganier « Ait Souab-Ait Mansour ». Lancés en 2002 par la FAO, les SIPAM promeuvent les pratiques durables et ancestrales.

L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a remis, lundi 22 mai à Rome, les certificats de reconnaissance officielle à 24 nouveaux Systèmes ingénieux du patrimoine agricole d’importance mondiale (SIPAM), dont deux Marocains.

Il s’agit du système agro-sylvo-pastoral de l’espace arganier « Ait Souab-Ait Mansour » dans l’Anti-Atlas – province de Tiznit dans la région du Souss Massa, reconnu en décembre 2018 et celui des « Ksours de Figuig », cultures oasiennes et pastorales autour de la gestion sociale de l’eau et des terres, dans la région de l’Oriental, reconnu en décembre 2022. Ces deux sites ont été primés pour leur résilience, leur singularité et la richesse de leurs ressources.

Notons que l’initiative SIPAM vise à identifier, soutenir et préserver globalement les systèmes agricoles traditionnels et leurs moyens de subsistance, la biodiversité agricole associée, les paysages ainsi que les systèmes de connaissances et culturels dans le monde entier. Ces systèmes se fixent pour objectif de promouvoir la conservation, la valorisation et la transmission du patrimoine agricole mondial.

Lire aussi : Agriculture : Sadiki s’entretient avec le président du FIDA

Coopération fructueuse entre le Maroc et la FAO

Lors de la cérémonie de remise des certificats de désignation des SIPAM et de leur exposition, le ministre de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et forêts, Mohamed Sadiki, a salué la coopération fructueuse entre le Maroc et la représentation de la FAO.

En outre, il a exprimé l’engagement de son département pour élargir cette reconnaissance à d’autres sites éligibles dans le cadre de l’initiative SIPAM. Le Royaume aspire à lancer des projets concrets visant la préservation du patrimoine agricole durable et le renforcement de la résilience des populations et des territoires concernés, a-t-il fait savoir.

Et de rappeler qu’en juin 2011, un premier site avait été accrédité au Maroc. Il s’agit d’ « Imilchil-Amellagou » dans le Haut Atlas Oriental – région de Drâa-Tafilalet. Ce dernier a été pris comme site pilote d’oasis froides.

Selon le responsable gouvernemental, le programme SIPAM offre un levier qui doit «nous permettre de consolider les efforts pour mobiliser des solutions durables et holistiques qui tiennent compte d’un développement durable, encourageant la croissance économique inclusive, la lutte contre les inégalités et une plus grande résilience des populations à l’évolution de l’environnement, notamment sous la pression des changements climatiques».

Les SIPAM, des réservoirs de diversité biologique

Pour sa part, le directeur général de la FAO, Qu Dongyu, a souligné que les SIPAM sont devenus «des réservoirs de diversité biologique». Ils offrent l’occasion d’accroître la compréhension et la sensibilisation aux problèmes de biodiversité et de célébrer les communautés locales qui sont en les gardiennes.

Désormais, «nous continuerons à travailler ensemble pour parvenir à un développement rural durable en mettant en œuvre de nouvelles actions, en développant des projets communs et des programmes de jumelage, en renforçant les capacités et en apprenant les uns des autres», a-t-il déclaré.

D’après l’organisation onusienne, les SIPAM sont des agroécosystèmes habités par des communautés qui vivent dans une relation complexe avec leur territoire. Ces sites sont des systèmes résilients caractérisés par une agrobiodiversité remarquable, des connaissances traditionnelles, des cultures et des paysages inestimables, gérés de manière durable par les agriculteurs, les éleveurs, les pêcheurs et les populations forestières de manière à contribuer à leurs moyens de subsistance et à leur sécurité alimentaire.

Lancé en 2002 lors du Sommet mondial pour le développement durable à Johannesburg, le programme tire parti de la reconnaissance mondiale et nationale de l’importance des systèmes du patrimoine agricole et fonctionne comme un soutien institutionnel pour leur sauvegarde. Aujourd’hui, la liste SIPAM se compose de 72 systèmes dans 23 pays à travers le monde.

Enfin, le Maroc est l’un des pays méditerranéens les plus riches en biodiversité et en nombre d’espèces endémiques. Son patrimoine culturel exceptionnel lui a valu l’inscription de plusieurs sites à l’Inventaire mondial du patrimoine de l’UNESCO. La diversité et la qualité des productions agricoles, la gastronomie, les savoirs agri-culturels, artisanaux, les traditions culturelles, sociales, vestimentaires et religieuses font de lui un partenaire privilégié pour l’initiative SIPAM.

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