Nouvelle-Zélande : la première ministre, épuisée mentalement, annonce sa démission 

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Nouvelle-Zélande : la Première ministre, épuisée mentalement, annonce sa démissionLa Première ministre de la Nouvelle-Zélande, Jacinda Ardern, lors du point de presse annonçant sa démission, le jeudi 18 janvier 2023. © AFP

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À la surprise générale, la première ministre néo-zélandaise, Jacinda Ardern, a annoncé jeudi sa démission, assurant n’avoir «plus assez d’énergie pour quatre ans supplémentaires».

«J’entame ma sixième année au Parlement . Lors de chacune de ces années, j’ai donné absolument tout ce que j’avais à donner», a soufflé, des sanglots dans la voix, la dirigeante, en conférence de presse.

«Je suis humaine. Nous donnons autant que nous le pouvons et aussi longtemps que nous le pouvons, et puis c’est le moment. Et pour moi, ce moment est arrivé», a dit Jacinda Ardern lors d’une réunion de son Parti travailliste.

Je sais ce que ce travail exige, et je sais que je n’ai plus assez d’énergie pour lui rendre justice, c’est aussi simple que cela. — Jacinda Ardern, Première ministre néo-zélandaise

Cinq ans et demi après, la travailliste Jacinda Ardern quittera ses fonctions dans trois semaines. «Je ne me représenterai pas aux élections… Mon mandat de Premier ministre prendra fin dès le 7 février. Ces cinq années et demie ont été les plus satisfaisantes de ma vie, mais il y a aussi eu des défis à relever. Je sais ce que ce travail exige, et je sais que je n’ai plus assez d’énergie pour lui rendre justice, c’est aussi simple que cela.»

Lors de sa première apparition publique depuis que le Parlement a entamé ses vacances d’été il y a un mois, Jacinda Ardern a expliqué qu’elle avait espéré profiter de cette pause pour trouver l’énergie nécessaire pour continuer à gouverner. «Mais je n’ai pas été en mesure de le faire», a-t-elle reconnu.

Elle a annoncé que les prochaines élections se tiendront le 14 octobre prochain, et que, d’ici là, elle continuerait à exercer son mandat de députée.

J’espère que je laisse les Néo-Zélandais avec la conviction que vous pouvez être gentil mais fort, empathique mais décisif, optimiste mais concentré… que vous pouvez être votre propre type de leader, celui qui sait quand il est temps de partir…

Le visage du leadership

En poste depuis 2017, Jacinda Ardern, 42 ans, faisait figure de femme politique atypique, reconnue sur la scène internationale pour son approche nouvelle et empathique du rôle de Premier ministre.

Dès son arrivée au pouvoir, sa fraîcheur, sa franchise et sa jeunesse avaient attisé l’intérêt des médias internationaux et soudain placé la Nouvelle-Zélande – où les médias ont parfois même parlé de «Jacindamania» – et ses 5 millions d’habitants, sous les projecteurs.

Dans une zone Asie-Pacifique dont les exécutifs sont souvent dominés par des politiciens âgés, elle était devenue une sorte d’icône pour une partie de la jeunesse de la région qui la suivait sur Twitter (800.000 followers) ou sur Instagram (1,7 million de followers).

Un bébé à l’ONU

Jacinda Ardern est entrée dans l’Histoire en septembre 2018, lorsqu’elle est apparue à l’Assemblée générale annuelle de l’ONU avec Neve, sa fille de trois mois. C’était la première fois qu’une femme dirigeante emmenait son bébé dans le vaste hémicycle des Nations Unies.

«Je veux rendre la chose plus normale», avait déclaré Jacinda Ardern à CNN, en espérant qu’en se montrant ainsi «plus ouverte, cela pourrait ouvrir la voie à d’autres femmes».

Elle était la deuxième Première ministre de l’Histoire à accoucher pendant son mandat, après la Pakistanaise Benazir Bhutto en 1990.

Une dirigeante tolérante et solidaire

En mars 2019, Jacinda Ardern a été saluée pour sa réaction lors de l’attentat de Christchurch en mars 2019, le pire jamais perpétré dans le pays, lorsqu’un suprémaciste blanc avait fait irruption dans deux mosquées de la ville lors de la prière du vendredi, tuant 51 personnes et en blessant une quarantaine.

Un foulard sur la tête, elle avait réconforté les familles des victimes après la fusillade, une attitude saluée mondialement. Plus tard, elle a expliqué que ce geste était spontané et un signe de respect envers la communauté musulmane.

Jacinda Ardern avait condamné, avec la plus grande fermeté, cet acte de barbarie et de haine, consolant la communauté musulmane avec les mots les plus affectueux et les gestes les plus tendres et émouvants, en prônant amour, cohésion et rapprochement entre communautés, dans une nouvelle Zélande alors sous le choc.

Pendant la cérémonie nationale pour les victimes de l’attaque, Jacinda Arden avait prononcé des mots touchant en arabe: «Salam Aleikoum», « Que la paix soit avec vous ».

Le Premier ministre australien, Anthony Albanese, a salué en Jacinda Ardern une cheffe de gouvernement qui a «montré au monde comment diriger avec intelligence et avec force».

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