Covid-19 : éviter les nouveaux variants, une priorité pour le Maroc

Avatar de Nora Jaafar

Temps de lecture :

Covid-19 : bientôt le retour à une vie proche de la normale ? Image d'illustration © DR

A
A
A
A
A

Afin d’éviter le risque de propagation des nouvelles souches de la Covid-19 sur son territoire, le Maroc ajoute cinq autres pays à sa liste de destinations à risque. Il s’agit de la Turquie, de la Suisse, de l’Allemagne, de la Belgique et des Pays-Bas. Et alors que le Royaume poursuit sa campagne de vaccination contre le nouveau coronavirus, qui a profité à ce jour à 2.552.017 Marocains, le Serum Institute of India (STI), le plus grand fabricant de vaccins au monde, a annoncé d’éventuels retards de livraison de doses du vaccin d’AstraZeneca.

Quand il s’agit de la Covid-19, le Maroc ne laisse rien au hasard. Les autorités marocaines ont ainsisuspendu tous les vols à destination et en provenance de cinq pays, principalement européens, à partir de minuit, le 22 février, pour limiter la propagation de nouvelles souches du virus. Jusqu’à présent, les ambassades de Suisse, de Turquie et des Pays-Bas ont confirmé les suspensions des liaisons aériennes avec le Royaume. Les Pays-Basont également confirmé sur Twitter l’interruption des vols entre l’Allemagne et le Maroc. Aussi, les vols à destination et en provenance de la Belgique ont été suspendus. Selon la presse nationale, la décision de suspendre les vols sera réexaminée dans 15 jours. Depuis l’apparition de nouvelles variantes du nouveau coronavirus, Rabat a suspendu les vols du Royaume avec plusieurs pays, dont le Royaume-Uni, l’Afrique du Sud, le Danemark, l’Australie, le Brésil, l’Irlande, la Nouvelle-Zélande, le Portugal, la Suède, l’Ukraine et la République tchèque.

Lire aussi :Le Maroc suspend ses liaisons aériennes avec ces pays

Le variant britannique moins dangereux que les autres

C’est en raison de l’augmentation du nombre de cas provoqués par les nouveaux variants que le Maroc a choisi d’adopter davantage de restrictions concernant ses liaisons avec l’étranger. En effet, malgré la mise en place de diverses mesures proactives, le pays a jusqu’à présent détecté au moins 24 contaminations à la variante britannique de la Covid-19. Les nouvelles mutations du virus, dont celle du Royaume-Uni, ont des taux de transmission beaucoup plus élevés, même si leur taux de mortalité reste inchangé. Cependant, Dr Said Afif, président de la Société marocaine des sciences médicales et membre du Comité national technique de vaccination, explique au quotidien Aujourd’hui le Maroc que le variant britanniquede la Covid-19,le seul signalé au Maroc,n’inquiète que «par sa contagiosité accrue». L’expert souligne que ce sont les variants sud-africain et brésilien qui présentent davantage de risque et de menace pour l’Homme. Selon lui, outre leur vitesse de propagation, ces deux dernières souches «semblent mieux résister aux anticorps». «C’est pourquoi les autorités sanitaires doivent accorder une attention particulière à la surveillance des variants brésilien et sud-africain», affirme-t-il, tout en invitant les Marocains à respecter davantage lesmesures barrières pour éviter le pire.

Lire aussi :Covid-19/Vaccination : les dernières données nationales et internationales

Des retards d’approvisionnement en doses de vaccin annoncés par l’Inde

L’apparition de nouvelles souches intervient à un moment sensible et les autorités sanitaires marocaines craignent que ces dernières ne perturbent la campagne nationale de vaccination du pays. Cette dernière, lancée le 28 janvier 2021, risque d’être impactée pard’éventuels retards de livraison de doses duvaccin d’AstraZenecapar le Serum Institute of India (STI), le plus grand fabricant de vaccins au monde. Adar Poonawalla, patron de STI, a exhorté les pays en attente d’approvisionnement en vaccins du laboratoire suédo-britannique AstraZeneca contre la Covid-19 à faire preuve de patience. Dans un tweet datant du dimanche 21 février, le responsable a expliqué que son entreprise areçu l’ordre d’accorder la priorité aux «énormes besoins» de l’Inde. «@SerumInstIndia a été sommé d’accorder la priorité aux énormes besoins de l’Inde et ainsi de trouver un équilibre avec les besoins du reste du monde. Nous faisons de notre mieux», a-t-il précisé.

Said Afif estime toutefois qu’un retard de livraison de doses vaccinales ne représente pas un problème pour le Maroc. Le Royaume, quia reçu jusqu’à présentsix millions de doses du vaccin d’AstraZeneca, connait une nette amélioration des courbes épidémiologiques, avance l’expert. De plus, à ce jour, l’opération de vaccination nationale a pu profiter à 2.552.017 Marocains, dont 104.301 ont reçu leur première injection ce lundi 22 février. Et, depuis le vendredi dernier, ils sont 23.667 personnes à avoir reçu la deuxième dose du vaccin. Grâce à ce rythme vaccinal ainsi qu’à la décision du Royaume d’inclure à partir du mercredi 24 février la tranche d’âge de 60 à 64 ans et les personnes atteintes de maladies chroniques dans sa campagne de vaccination, le Maroc avance vers son objectif d’immunité collective, qui est de vacciner 80% de la population.

Lire aussi :Vaccination anti-Covid-19 : l’espoir renaît

Enfin, selon Azeddine Ibrahimi, directeur du laboratoire de biotechnologie de la faculté de médecine et de pharmacie de Rabat, «le Maroc est en tête du peloton en termes du nombre et du taux d’individus vaccinés, tandis qu’au niveau mondial, le Royaume est à la 15e place pour ce qui est du nombre des personnes ayant reçu l’injection du vaccin». L’expert ajoute qu’«ainsi, dans trois mois on réussira à préserver les personnes à risque au-delà de 55 ans».

Dernier articles
Les articles les plus lu
Intempéries : un dispositif structuré pour le retour des habitants à Sidi Slimane

Société - Les autorités locales mettent en œuvre un dispositif structuré pour faciliter le retour des habitants à Sidi Slimane après les intempéries.

Mouna Aghlal - 14 février 2026
L’agence Bayt Mal Al-Qods Acharif lance sa campagne sociale à l’approche du Ramadan

À l'approche du Ramadan, l'Agence Bayt Mal Al-Qods Acharif lance une campagne de 5 000 paniers alimentaires, 20.000 repas d’Iftar quotidiens.

Mouna Aghlal - 14 février 2026
Le CHU Mohammed VI d’Agadir clarifie les circonstances de décès d’un patient

Société - Le CHU Mohammed VI d'Agadir explique les circonstances du décès d'un patient survenu le 14 octobre. Détails à découvrir.

Mouna Aghlal - 14 février 2026
Intempéries : un plan intégré pour organiser le retour des habitants à Ksar El Kébir

Société - Les autorités de Larache annoncent un plan pour faciliter le retour des habitants à Ksar El Kébir après les intempéries.

Mouna Aghlal - 14 février 2026
Maroc ou le grand paradoxe hydrique ?

Dossier - Après des années de sécheresse, le Maroc a brutalement changé de décor hydrique en quelques semaines. Comment le pays gère-t-il ses ressources en eau ?

Sabrina El Faiz - 14 février 2026
Bulletin d’alerte météo : fortes intempéries attendues de vendredi à samedi

Société - La DGM annonce des intempéries majeures affectant plusieurs provinces ce week-end. Restez informés et préparez-vous.

Mouna Aghlal - 13 février 2026
Voir plus
Manifestations de la « GenZ 212 » : 60 personnalités marocaines exhortent le Roi à engager des réformes profondes

Société - Soixante figures marocaines appellent le roi Mohammed VI à lancer des réformes profondes en phase avec les revendications de la jeunesse.

Hajar Toufik - 8 octobre 2025
Travaux : les Casablancais n’en peuvent plus !

Dossier - Des piétons qui traversent d’un trottoir à l’autre, des voitures qui zigzaguent… À croire que les Casablancais vivent dans un jeu vidéo, sans bouton pause.

Sabrina El Faiz - 12 avril 2025
Manifestations de la « GenZ 212 » : appel à boycotter les entreprises liées à Akhannouch

Société - Les manifestations de la « GenZ 212 », poursuivent leur mobilisation à travers un appel au boycott des entreprises liées à Aziz Akhannouch.

Ilyasse Rhamir - 7 octobre 2025
Mariages marocains : l’amour au prix fort

Société - Au Maroc, on peut rater son permis de conduire, son bac… Mais rater son mariage ? Inenvisageable !

Sabrina El Faiz - 23 août 2025
La classe moyenne marocaine existe-t-elle encore ?

Dossier - Au Maroc, pour définir le terme classe moyenne, nous parlons de revenus. Cela ne veut pourtant plus rien dire.

Sabrina El Faiz - 5 juillet 2025
Le Maroc des voisins qu’on n’a pas choisis

Dossier - Les voisins ont bien changé. Les balcons étaient les réseaux sociaux d’antan. On y partageait les breaking news du quartier et les hommes étaient aussi bien surveillés que les enfants !

Sabrina El Faiz - 12 juillet 2025
pub

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée Champs requis marqués avec *

Poster commentaire