Article IV du FMI : des consultations et des recommandations

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Le FMI effectue tous les ans des consultations avec le Maroc telque le prévoit l’article IV de ses statuts. En pratique, ces consultations se font sous forme d’échanges de vues entre les membres de la mission de l’institution et des acteurs-clés des secteurs public et privé marocains. La situation économique et budgétaire, les réformes structurelles et la situation du secteur financier sont les trois volets qui intéressent la mission. Le ministère de l’Economie, des Finances et de la Réforme de l’administration est chargé de la préparation de cette mission à la fin de laquelle les conclusions préliminaires sont publiées.
Les bons points du Maroc
Plusieurs conclusions sont satisfaisantes pour le gouvernement. Tout d’abord, sur le volet du budget, le FMI estime que la politique budgétaire a été assouplie de manière appropriée en 2020. Àl’heure de la crise liée à la pandémie de Covid-19, les recettes fiscales ont nettement diminué et les autorités ont accru les dépenses publiques et révisé leur composition pour réduire au minimum les répercussions économiques et sociales de la crise. Les services du FMI saluent aussi l’intention des autorités de soutenir la reprise en 2021 tout en les félicitantpour les efforts qu’elles ont engagés pour développer l’assistance sociale avec la perspective de l’élargissement de l’assurance médicale à tous les Marocains.
Au chapitre monétaire, la mission du FMI n’a pas manqué d’applaudir le travail accompli par Bank Al-Maghrib (BAM). «Les services du FMI notent avec satisfaction que BAM a décidé de demander aux banques d’accroître leurs provisions et de suspendre la distribution de dividendes cette année afin de se prémunir contre une détérioration éventuelle du portefeuille des crédits bancaires dans un avenir proche», souligne EcoActu. Dans leurs conclusions, les experts du FMI relèvent que les banques marocaines ont été relativement résilientes face à la pandémie, notamment grâce à leurs niveaux initiaux relativement élevés de fonds propres et de liquidité ainsi qu’à la riposte vigoureuse de BAM.
Peut mieux faire…
Si les experts du FMI ont exprimé leur satisfecit par rapport à la politique budgétaire menée par le gouvernement, il n’en demeure pas moins qu’ils trouventque le processus de rééquilibrage budgétaire doit être progressif et ne devrait être entrepris que lorsque la reprise économique sera solide. Autre préoccupation, celle liée à la dette. «Tout en reconnaissant l’incertitude exceptionnelle qui entoure le calendrier et le rythme de la reprise, les services du FMI recommandent dans leurs projections de référence de commencer à réduire le ratio dette publique par rapport au PIB à compter de 2022», précise Le360.
Le scénario d’une plus grande flexibilité du régime de change est également évoqué par les experts du FMI. Àleurs yeux, une telle démarche ne peut que profiter à l’économie marocaine en préservant les réserves et la compétitivité et en renforçant sa capacité d’absorption des chocs externes. Sur ce sujet, «les autorités sont en train d’assurer un suivi étroit des conditions de déroulement de la transition et d’approfondir les études sur tous les volets pour juger du moment opportun pour entamer une nouvelle phase», a fait savoir le chef de la mission du Fonds chargé du Maroc, Roberto Cardarelli.
Et pour finir, la mission du FMI considèrequ’il est essentiel de faire avancer le programme de réformes structurelles pour in fine améliorer le niveau de vie de l’ensemble des Marocains. Tout est dit.
Les prévisions du FMIPour l’exercice 2020, il va sans dire que la sécheresse et la pandémie de Covid-19 ont plombé la croissance. Selon le FMI, le PIB devrait se contracter dans une fourchette de 6 à 7% en 2020. Aussi, les déficits budgétaire et extérieur devraient se creuser, du fait de la baisse des recettes fiscales et le recul des recettes en devises tirées du tourisme. Le salut vient de la résilience des transferts des Marocains résidant à l’étranger et la baisse des importations. Ces deux facteurs ont permis de limiter les besoins de financement extérieur du Maroc. Autre élément salvateur : les réserves internationales qui restent largement supérieures à leur niveau de l’an dernier notamment grâce au tirage des 3 milliards de dollars de la Ligne de précaution et de liquidité (LPL) en avril dernier et aux sorties à l’international. Enfin, selon les projections de l’institution de Bretton Woods, la croissance du Produit intérieur brut (PIB) devrait rebondir à 4,5% en 2021, à condition que les effets de la sécheresse et de la pandémie s’estompent.
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