Liban : la démission du gouvernement ne résout pas les problèmes du pays

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Les tourmentes du Liban n’en finissent pas. Après plusieurs jours de protestations massivesà la suite de la double-explosion survenue dans le port de Beyrouth le 4 août 2020, Hassan Diab, Premier ministre du pays, a annoncé ce lundi la démission de son gouvernement. Ce dernier a avancé que c’est la corruption endémiquedes sphères politiques du pays qui est à l’origine dela tragédie qui a coûté la vie à plus de 171 personnes, blesséplus de 6000 autres et laisséplusieurscentaines de milliers de personnes sans abris. D’après Reutures, Diab a soutenu que cette explosion, la plus grave de l’histoire de Beyrouth, a aggravé une crise financière profonde qui a fait s’effondrer la monnaie, paralysé le système bancaire et fait monter les prix en flèche.
«J’ai déjà dit que la corruption est enracinée à chaque point de l’État, mais j’ai découvert que la corruption est plus importante que l’État», a-t-il regretté, en reprochant à l’élite politique de bloquer les réformes. La non-adoption desdites réformes a, selon lui, enlisé les discussionsportant sur l’analyse de l’ampleur des pertes financièresmenée parle Fonds monétaire international d’un côté, etle gouvernement, les banques et les politiciens libanais de l’autre.
Un système sectaire archaïque
Pour France24, le port de Beyrouth reflète le système de pouvoir sectaire, grâce auquel les mêmes politiciens dominent le pays depuis la guerre civile de 1975-90. Chaque faction a son quota de directeurs au port, principale artère commerciale du pays. Selon un expert cité par le média français, «c’est une bonne chose que le gouvernement ait démissionné, mais le Liban a besoin de sang neuf, sinon il n’évoluera jamais». En effet, dans ce pays qui souffre de plusieurs maux, ce sont des factions et des familles spécifiques qui détiennent le pouvoir, poursuit la même source. Et de préciser que si Diab a pu former son gouvernement en janvier, ce n’était que grâce au soutien du puissant groupe Hezbollah, allié de longue date de l’Iran. Ainsi, pour reconstruire Le Liban, «il faut en premier renverser son système sectaire archaïque», affirment les militants libanais. Ces derniers, qui protestent depuis près d’une année contre la corruption et la mauvaise gestion politique de leur classe dirigeante, avaient déjà réussi à évincer la coalition de Saad Hariri en 2019.
Toujours pasde candidatspour remplacerDiab
Encore une fois, le président Libanais Michel Aoun se retrouve obligé de désigner un nouveau Premier ministre. Il doit désormais entamer les consultations avec les factions et les blocs parlementaires pour élire un candidat qui bénéficie du plus grand soutien politique. Toutefois, souligne Asharq Al Awsat, la présidence n’a pas encore déterminé la date dulancement officielle de ces consultations. Le journal explique que la formation d’un gouvernement au milieu des clivages entre factions a été décourageante par le passé. Aujourd’hui, avec le mécontentement croissant de la population et l’écrasante crise financière, il pourrait être encore plus difficile de trouver quelqu’un qui accepterait de devenir Premier ministre.
Bien que certains voient dans la démission du cabinet de Hassan Diab une victoire pour le mouvement de protestation, d’autres se disent préoccupés par ce nouveau vide politique. Ces derniers soutiennent qu’entre la profonde colère populaire, la crise économique et la récente tragédie de Beyrouth, la marge de manœuvre des politiques libanais a été réduite, surtout que ces derniers doivent en plus faire face à la pression des pays étrangers, qui conditionnent leur aide à des amendementsradicaux.
Soutien étranger
Par ailleurs, et afin de soutenir le peuple libanais endeuillé par le drame de la semaine dernière, La France a pris les devants de la réponse internationale. Le président français, Emmanuel Macron, a présidé ainsi une conférencequi a permis de récolter un quart de million d’euros qui servira à aider les Libanais. De son côté, le roi Mohammed VI a ordonné la construction d’un hôpital de campagne militaire à Beyrouth. Ce dernier est désormais opérationnel et prêt à accueillir les blessés. Le site en question compte actuellement 150 patients, selon les médias d’État. Une équipe médicale de 45 médecins de «diverses spécialités telles que réanimateurs, chirurgiens, traumatologues, ORL, ophtalmologues, traitement des brûlés, neurochirurgiens, pédiatres, pharmaciens, ainsi que des infirmières spécialisées et des éléments de soutien» a été mobilisée spécialement pour traiter les sinistrés.
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