HCP : le Covid-19 réduit de moitié les revenus des ménages

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La pandémie du coronavirus et le confinement qui s’en est suivi ont lourdement affecté les finances des différentes couches sociales du Maroc. Dans un rapport publié ce mercredi 22 juillet, le Haut-commissariat au Plan (HCP) révèle qu’il a mené une enquête «du 15 au 24 juin 2020, auprès d’un échantillon représentatif de 2169 ménages» pour mesurer l’impact de la crise sanitaire sur les revenus des citoyens.Il en ressort que le confinementa réduit de moitié le revenu mensuel moyen des actifs occupés. Il a baissé de 62% chez les travailleurs dans les zones rurales, de 46% chez les citadins, et de 52% chez les hommes contre 42% chez les femmes.
Selon l’enquête du HCP, ce repli mensuel «a atteint 74% parmi les artisans et ouvriers qualifiés, 71% parmi les ouvriers, 65% parmi les exploitants agricoles, 40% parmi les employés, 32% parmi les cadres moyens, 24% parmi les cadres supérieurs, 70% parmi les indépendants ou employeurs et 44% parmi les salariés». Ce sont surtout les revenus des salariés du secteur du bâtiment et travaux publics (BTP) qui ont été les plus touchés par cette pandémie ( 68% ), suivis de ceux opérant dans l’industrie (55%) et les services (39%). Le rapport indique que l’évaluation par classe sociale a révélé que le salaire mensuel des personnes actives «a baissé de 67% parmi les actifs occupés de la classe des 40% les plus pauvres, contre 32% parmi ceux de la classe des 20% les plus aisés».

Les résultats de cette période de confinement
Le HCP souligne dans son rapport que les revenus de 62% des actifs occupés exerçant une activité rémunérée (2travailleurssur 3) ont baissé lors du confinement, alors que ceux de 35% ont stagné, et seulement 3% ont vu leurs salaires augmenter. Cette baisse a touché pendant cette phase «70% de ruraux contre 59% de citadins et 65% d’hommes contre 51% de femmes». La même source soutient que les personnes les plus impactées sont les artisans et les ouvriers qualifiés (86%), les commerçants (84%), les exploitants agricoles (77%) et les cadres supérieurs (26%), dont 88% d’indépendants ou employeurs et 51% de salariés. «Selon le niveau de vie, la baisse des revenus a touché trois quarts (74%) des actifs occupés appartenant à la classe des 20% les plus défavorisés contre 44% parmi ceux de la classe des 20% les plus aisés», précise l’étude.
Les raisons de cette baisse de revenus
La fermeture des entreprises ou la réduction des effectifs ont été les deux principales raisons évoquées par 48% des personnes sondées, ayant arrêté de travailler pendant le confinement sanitaire. 40% des participants, dont 81% parmi les employeurs ou indépendants, ont cité l’arrêt d’une activité indépendante comme raison du repli de leurs ressources, tandis que les autres 7% (dont 14% de personnes souffrant de maladies chroniques, 13% de femmes et 11% de personnes âgées) avancent «la crainte d’une contamination».
Les chiffres du télétravail
Concernant le travail à distance ou le télétravail, le HCP indique que 16% des personnes en situation d’emploi ont adopté cette méthode, dont 24%de femmes contre 13% d’hommes, et 22% de citadins contre 5% de ruraux. 62% des cadres supérieurs ont eu recours à cette solution, «avec 47% à plein temps et 15% en alternance avec le travail en mode présentiel». De plus, elle a été adoptée «par 31% des actifs occupés exerçant dans le secteur des services, 21% de salariés, 10% d’employeurs ou indépendants» et 38% des individus appartenant à la classe la plus aisée, conclut le rapport.

Pour rappel, les résultats du volet portant sur les répercussions économiques de la pandémie du Covid-19 sur les revenus des ménages sont l’un des quatre modules thématiques couverts par le HCP dansson deuxième panel portant sur l’impact de la crise sanitaire sur la situation économique, sociale et psychologique de la population. L’objectif global de ces analyses est d’anticiper les comportements socioéconomiques et préventifs face au coronavirus et d’évaluer ses retombées sur les différentes catégories de la société en termes d’accès aux produits de base, à l’éducation, aux soins de santé, à l’emploi et au revenu.
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