Traitement par la chloroquine : un choix controversé

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Au vu de la propagation de la pandémie du coronavirus au Maroc (170 cas enregistrés le 24 mars à 18h), le ministère de la Santé a dû faire des choix. Le premier étant l’adoption des médicaments Nivaquine et Plaquenil contenant de l’hydroxychloroquine (chloroquine) pour le traitement des cas atteints du virus.Avant cette décision, Khalid Ait Taleb, ministre de tutelle, a consulté le comité technique et scientifique du programme national de prévention et du contrôle de la grippe et des infections respiratoires aigües et sévères. Ce comité compte plusieurs professeurs, dont Aziz Maâouni, médecin particulier du roi Mohammed VI et directeur des cliniques royales, rapporte l’Économiste dans son édition du mercredi 25 mars 2020.
Une circulaire a été envoyée par la suite aux directeurs des centres hospitaliers universitaires(CHU) et aux directeurs des délégations régionales, avec comme instructions, le respect de certaines règles strictes. Parmi ces règles, la nécessité d’une gestion rationnelle du stock de ces produits, notamment par les responsables régionaux des unités d’approvisionnements et de la pharmacie. Le ministre note qu’il est préférable que ces médicaments soient stockés «dans un local sécurisé, tout en élaborant une liste de délivrance nominative par classe thérapeutique adressée aux structures de prise en charge». Le ministre met l’accent également sur la nécessité de ne «pas utiliser ce médicament pour d’autres pathologies autres que le coronavirus».
C’est d’ailleurs ce point qui pose problème. Selon Akhbar Alyaoum, la pénurie de médicaments à base de chloroquinedans les pharmacies met déjà certains patients utilisant cette molécule dans la tourmente. Ces derniers, qui souffrent d’ostéoporose ou d’infections dermatologiques, se tournent vers leur médecin spécialisé afin de leur prescrire un autre médicament qui « sauverait leur vie ». Khadija Moussayer, spécialiste en médecine interne affirme que «des centaines de patients, notamment ceux qui souffrent du lupus, doivent prendre de la chloroquine quotidiennement pour lutter contre le déclenchement des crises de cette maladie. C’est un traitement indispensable et irremplaçable», souligne Khadija Moussayer à Telquel. Pour rappel, le ministère a annoncé avoir réquisitionné tous les médicaments à base de chloroquinedu laboratoire Sanofi Maroc.
Une efficacité incertaine
Si les premiers résultats des tests effectués sur des échantillons très restreints de patients ont donné quelques satisfactions, la chloroquine, considérée par le président américain Donald Trump comme un « remède miracle », ne fait pas l’unanimité chez les professionnels de la santé. Dans une interview accordée àle Monde, Françoise Barré-Sinoussi, co-lauréate du prix Nobel de la médecine en 1983 et nommée à la tête d’un Comité d’analyse, de recherche et d’expertise, estime que les premiers résultats ont porté sur un échantillon de patients très restreints et qu’«Il est absolument indispensable que l’essai de ce médicament soit réalisé avec une rigueur scientifique, pour avoir une réponse sur son efficacité». De plus, la chloroquines’avère être dangereuse et entraine beaucoupd’effets secondaires indésirables. Rappelons que les essais cliniques sont toujours en cours, notamment en Chine ou une vingtaine d’essais cliniques ont été engagés pour tester l’efficacité de la molécule sur les patients affectés par le coronavirus. À ce jour, les pays qui ont décidé officiellement d’adopter ce médicament sont le Maroc, la France, l’Algérie, l’Égypte et la Jordanie.
Cette rencontre a réuni des professionnels de santé impliqués dans la prise en charge des patients atteints de cancer et leur a proposé une synthèse des principaux travaux.
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