Aide au développement : le rapport choc

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Aide au développement : le rapport choc

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Des économistes de la Banque mondiale relèvent dans une étude qu’une partie de l’aide au développement est détournée vers les centres financiers offshores et donc ne participe pas à la réduction de la pauvreté dans les pays concernés. Les conclusions de l’étude sont à prendre avec des réserves puisque les auteurs établissent leur constat sur une augmentation des transferts vers les centres offshores les trimestres de versement des aides. Le constat n’est pas une preuve de cause à effet, préviennent les auteurs. Si ces révélations se confirment, ce serait un camouflet pour la Banque mondiale. Globalement, l’aide au développement s’est chiffrée à 163 milliards de dollars en 2017 selon les données de la Banque mondiale.

Scandale ! C’est une histoire qui va faire beaucoup de bruit et obliger des inflexions sur l’aide publique au développement, si les révélations se confirment. La presse étrangère se fait l’écho d’un rapport interne de la Banque mondiale remettant vivement en cause l’efficacité des aides accordées au pays en voie de développement. Une bonne partie de ces financements serait détournée et transférée vers des paradis fiscaux, relèvent les auteurs de l’étude. Les détournements correspondraient en moyenne à 7,5% des versements de la Banque mondiale pour venir en aide aux pays en développement. D’autres sources évoquent une moyenne de 5%. Plus la dépendance est forte, plus la part qui est détournée est importante. Elle atteindrait 15% dans certains pays. La réalité peut-être bien plus grave.L’étude ne prend en compte que les transferts vers des comptes offshores et donc n’intègre pas de possibles dépenses en immobilier ou biens de luxe, précisent les auteurs. Il faut tout de même prendre ces estimations avec quelques réserves. Les auteurs relèvent un pic des transferts vers les centres offshores les trimestres de versement des aides au développement. Il n’y a pas, à proprement dit, de lien de causalité.

Le Fonds monétaire international (FMI) évalue à 200 milliards de dollars par an l’évasion fiscale des multinationales hors des pays en voie de développement. En ajoutant ces possibles déroutements des aides publiques au développement vers les centres financiers offshores, les conséquences pour les pays en développement sont immenses. Le déficit en infrastructures est encore immense dans de nombreux pays et la diversification des économies est très lente.

Si les révélations sont confirmées, ce serait un camouflet pour la Banque mondiale. Beaucoup d’observateurs relèvent des tensions au sein de l’institution. Certains attribuent la récente démission de l’économiste en chef de la Banque mondiale à des tentatives de censure de cette étude controversée.

L’aide publique au développement s’est chiffrée à 163 milliards de dollars en 2017 et a augmenté de 50% en dix ans. Cette aide bénéficie aux pays en développement, dont une grande partie se trouve en Afrique.

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