Finances publiques : les warning de la Cour des comptes

Avatar de J.R.Y

Temps de lecture :

Finances publiques maroc

A
A
A
A
A

S’exprimant devant les députés le 28 janvier, Driss Jettou, président de la Cour des comptes, a attiré leur attention sur la difficulté à tenir la trajectoire fixée pour le déficit budgétaire. 2020 devait pourtant être l’année du retour du déficit budgétaire à 3% du PIB. L’échéance a été repoussée à 2022. La baisse des dons en provenance des pays du Golfe et les concessions dans le cadre du dialogue social ont impacté les finances publiques et par ricochet le niveau de la dette dont le début de la décrue est toujours attendu. Cependant, la situation n’est pas alarmante.

2020 devrait être l’année du retour du déficit budgétaire à 3% du PIB. Il n’en sera rien puisque le gouvernement prévoit un gap équivalent à 3,5% du PIB. En 2019, le déficit budgétaire a atteint 41,7 milliards de DH, soit 3,6% du PIB après avoir grimpé à 3,8% en 2018 (cette amélioration est en partie attribuable à la cession de 8% du capital de Maroc Telecom). Devant les députés le 28 janvier, Driss Jettou, président de la Cour des comptes, a attiréleur attention sur la situation des finances publiques en 2018. «Le recul intervient, après plusieurs années d’amélioration progressive du déficit budgétaire au cours de la période 2012-2017, sous l’impact de la baisse des recettes exceptionnelles provenant des dons des pays du Conseil de la Coopération du Golfe et malgré la progression remarquable et continue des recettes fiscales au cours des cinq dernières années».

La difficulté à tenir la trajectoire fixée s’explique par la diminution des dons en provenance du Golfe, mais aussi des concessions dans le cadre du dialogue social. Le gouvernement espère ramener le déficit autour de 3% en 2022. C’est important pour ne pas continuer d’alourdir la dette, un autre sujet à surveiller de près selon la Cour des comptes. L’encours de la dette du Trésor est passé de 345 milliards de DH en 2009 à 750 milliards de DH fin 2019. «Ces données montrent que l’objectif de parvenir à un niveau de la dette autour de 60 % du PIB à l’horizon 2021 sera difficile», relève le président de la Cour des comptes. De son côté, la dette publique a culminé à 901 milliards de DH soit 81,4 % du PIB. Pour la Cour des comptes, «la gestion de la dette garantie, en raison de son volume en hausse et de ses retombées négatives potentielles sur les finances de l’État, exige la disponibilité d’informations exhaustives quant à son contenu et aux normes établies pour son octroi, notamment au niveau des documents accompagnant le projet de loi de finances».

S’il faut surveiller l’endettement de près, la situation n’est pas pour autant alarmante. Le Maroc est toujours noté dans la catégorie Investment Grade par les agences de notation financière et il bénéficie toujours de la confiance des investisseurs étrangers. Les conditions assorties à la dernière émission d’obligations sur le marché international en sont la preuve. La prime de risque a nettement baissé par rapport à la précédente opération, signe que tout n’est pas mauvais.

Dernier articles
Les articles les plus lu
Safran investit 3 MMDH dans une usine de trains d’atterrissage 

Économie - Safran lance une usine de trains d’atterrissage (3 MMDH, 26.000 m²) créant 500 emplois qualifiés.

Mouna Aghlal - 13 février 2026
Crédit du Maroc renforce sa trajectoire de croissance en 2025

Economie - Crédit du Maroc affiche en 2025 une forte croissance des crédits, revenus et bénéfices, soutenue par une gestion prudente des risques et des investissements stratégiques.

Mouna Aghlal - 13 février 2026
Sécurité des produits : le ministère ouvre l’agrément aux organismes de conformité

Économie - Le ministère lance un appel pour agréer des organismes chargés de contrôler la conformité des produits importés. Une mesure visant à renforcer la surveillance du marché, protéger les consommateurs et garantir une concurrence loyale entre opérateurs économiques.

Ilyasse Rhamir - 13 février 2026
Le Conseil communal valide le nouveau cadre de gestion de la propreté à Casablanca

Économie - Un nouveau dispositif pour la propreté voit le jour à Casablanca, misant sur la qualité visible des services,.

Ilyasse Rhamir - 13 février 2026
Marché du ciment : comment desserrer l’étau de la concentration ?

Economie - Un avis consultatif rendu par le Conseil de la concurrence le 12 février révèle une industrie cimentière où la compétition reste limitée. Le marché des ciments destinés aux chantiers de construction apparaît fortement concentré, avec des configurations régionales allant de l’oligopole au quasi-monopole. Décryptage.

El Mehdi El Azhary - 13 février 2026
La Confédération marocaine des TPE-PME appelle à un plan d’urgence après les inondations

Économie - Après les inondations dans le Nord, la Confédération marocaine des TPE-PME réclame un soutien urgent. Zones sinistrées, indemnisations, suspension des crédits et relance économique locale figurent parmi les priorités pour sauver des milliers d’emplois.

Ilyasse Rhamir - 13 février 2026
Voir plus
Visa Schengen : le cauchemar européen à prix d’or

Dossier - Entre les délais interminables, les coûts exorbitants et les parcours semés d’embûches, obtenir un visa Schengen c’est devenu…

Sabrina El Faiz - 26 juillet 2025
Coût, impact… tout savoir sur la nouvelle LGV Kénitra-Marrakech

Économie - Le Maroc lance l’extension de sa LGV vers Marrakech, un projet structurant qui transformera durablement la mobilité, l’économie et la connectivité entre les grandes villes.

Hajar Toufik - 25 avril 2025
Où en est l’avancement du gazoduc Nigeria-Maroc ?

Économie - Le projet de gazoduc Nigeria-Maroc progresse : 13 pays engagés, signature intergouvernementale à venir et lancement d’un premier tronçon entre Nador et Dakhla.

Hajar Toufik - 14 juillet 2025
BTP : le Maroc bétonne ses règles

Dossier - Pas d’attestation, pas de chantier. C’est simple, non ? Pas de couverture décennale, pas de livraison. N'y réfléchissons pas trop !

Sabrina El Faiz - 19 juillet 2025
Indemnités CNSS 2025 : nouveaux plafonds et conditions d’exonération

Économie - Un arrêté du 19 mai 2025 redéfinit les règles d’exonération des indemnités liées au transport, à la représentation ou aux aides sociales. La CNSS est désormais dotée d’un cadre harmonisé avec la fiscalité, garantissant plus de clarté pour les employeurs.

Ilyasse Rhamir - 20 octobre 2025
Régions : qui profite vraiment du Maroc des grands chantiers ?

Économie - Le Maroc construit partout, mais se développe-t-il partout ? Analyse région par région…

Sabrina El Faiz - 25 octobre 2025
pub

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée Champs requis marqués avec *

Poster commentaire