Finances publiques : les warning de la Cour des comptes

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2020 devrait être l’année du retour du déficit budgétaire à 3% du PIB. Il n’en sera rien puisque le gouvernement prévoit un gap équivalent à 3,5% du PIB. En 2019, le déficit budgétaire a atteint 41,7 milliards de DH, soit 3,6% du PIB après avoir grimpé à 3,8% en 2018 (cette amélioration est en partie attribuable à la cession de 8% du capital de Maroc Telecom). Devant les députés le 28 janvier, Driss Jettou, président de la Cour des comptes, a attiréleur attention sur la situation des finances publiques en 2018. «Le recul intervient, après plusieurs années d’amélioration progressive du déficit budgétaire au cours de la période 2012-2017, sous l’impact de la baisse des recettes exceptionnelles provenant des dons des pays du Conseil de la Coopération du Golfe et malgré la progression remarquable et continue des recettes fiscales au cours des cinq dernières années».
La difficulté à tenir la trajectoire fixée s’explique par la diminution des dons en provenance du Golfe, mais aussi des concessions dans le cadre du dialogue social. Le gouvernement espère ramener le déficit autour de 3% en 2022. C’est important pour ne pas continuer d’alourdir la dette, un autre sujet à surveiller de près selon la Cour des comptes. L’encours de la dette du Trésor est passé de 345 milliards de DH en 2009 à 750 milliards de DH fin 2019. «Ces données montrent que l’objectif de parvenir à un niveau de la dette autour de 60 % du PIB à l’horizon 2021 sera difficile», relève le président de la Cour des comptes. De son côté, la dette publique a culminé à 901 milliards de DH soit 81,4 % du PIB. Pour la Cour des comptes, «la gestion de la dette garantie, en raison de son volume en hausse et de ses retombées négatives potentielles sur les finances de l’État, exige la disponibilité d’informations exhaustives quant à son contenu et aux normes établies pour son octroi, notamment au niveau des documents accompagnant le projet de loi de finances».
S’il faut surveiller l’endettement de près, la situation n’est pas pour autant alarmante. Le Maroc est toujours noté dans la catégorie Investment Grade par les agences de notation financière et il bénéficie toujours de la confiance des investisseurs étrangers. Les conditions assorties à la dernière émission d’obligations sur le marché international en sont la preuve. La prime de risque a nettement baissé par rapport à la précédente opération, signe que tout n’est pas mauvais.
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