Résilience et croissance : quelle situation économique en 2023 ?

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Au T1 2026, les services marchands reculent tandis que le commerce de gros reste stableImage d'illustration © DR

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En économie, comme partout ailleurs, il y a des hauts et des bas. Ce qui fait la différence d’un système, c’est la résilience avec laquelle il fait face à ses fluctuations. Selon le dernier rapport de la Banque mondiale, le Maroc a su faire preuve d’une résilience et d’une intéressante capacité de redressement en 2023. Toutefois, dans un contexte d’inflation, la croissance est-elle au beau fixe ? Détails.

La performance du Maroc à se relever est toujours perçue d’un bon œil sur la scène internationale. Pour preuve, dès l’annonce des premiers cas de Covid-19, des masques étaient fabriqués en masse. Dès l’annonce de l’existence d’un remède, les Marocains ont été vaccinés en un temps record. Et plus proche dans le temps, un tremblement de terre dévastateur n’a pas eu raison de l’économie nationale. Qu’en est-il de l’inflation ?

Selon le dernier rapport de la Banque mondiale, en 2023, l’économie marocaine a enregistré une croissance du PIB de 3,4%, un chiffre supérieur au taux de 1,5% de l’année précédente. Cette croissance peut être notable au vu de la situation économique internationale. Toutefois, le rythme de croisière du Maroc est resté inférieur à la moyenne des économies émergentes et en développement.

Le secteur agricole a, quant à lui, connu une augmentation de 1,4% de sa valeur ajoutée, principalement en raison de l’effet de base après une sévère sécheresse en 2022. L’industrie a enregistré une croissance modeste de 1,3%, malgré des variations importantes entre les sous-secteurs. Par exemple, les secteurs des phosphates et de la construction ont connu des contractions, tandis que les secteurs de l’automobile et de l’électronique ont enregistré des taux de croissance à deux chiffres.

Les services ont le vent en poupe

Le secteur des services a bénéficié d’une reprise continue du tourisme, avec une croissance de 4,4%. Le tourisme reste un pilier essentiel de l’économie marocaine, contribuant à environ 7% du PIB et fournissant un demi-million d’emplois directs. Malgré les impacts de la pandémie de Covid-19, l’industrie touristique marocaine a montré des signes de reprise solides, aidée par l’assouplissement des restrictions de voyage.

Du côté de la demande, la formation brute de capital fixe a augmenté de 1,5%, avec un dynamisme croissant vers la fin de l’année 2023. La consommation privée a également montré une résilience impressionnante avec une augmentation de 3,7%, malgré les pressions inflationnistes.

Sur le plan international, le Maroc a renforcé sa position. La confiance internationale dans l’économie marocaine est reflétée par des spreads souverains relativement faibles et une stabilité monétaire soutenue par des réserves de change importantes. La baisse des spreads des obligations souveraines, passant de 441 points de base en juillet 2022 à 186 points de base au premier trimestre 2024, a facilité l’accès aux marchés financiers internationaux.

Lire aussi : Le Maroc résiste aux défis économiques avec une croissance robuste

Par ailleurs, les annonces de nouveaux projets d’IDE ont continué à affluer, suggérant un potentiel de développement significatif. Bien que les flux d’IDE aient diminué en 2023, les projets de grande envergure annoncés laissent entrevoir une augmentation future des investissements. Les autorités marocaines devraient se concentrer sur l’absorption des retombées positives des IDE, notamment par le transfert de technologies et de savoir-faire, le développement des chaînes de valeur locales, et l’élimination des contraintes structurelles pour les PME.

L’impulsion post-Covid a entraîné un changement substantiel dans la composition des exportations marocaines, avec une augmentation notable des exportations d’équipements de transport et de produits électroniques. Ces secteurs à forte intensité capitalistique ont compensé la baisse des exportations de phosphates. Cette évolution indique une progression vers une économie plus complexe, un facteur clé pour un développement à long terme.

Le déficit du compte courant du Maroc a atteint son plus bas niveau depuis 2007, clôturant l’année 2023 à seulement 0,6% du PIB. Cette amélioration résulte du dynamisme des exportations et d’une réduction significative des importations d’énergie. Les transferts des Marocains résidant à l’étranger (MRE) ont également joué un rôle crucial en couvrant une grande partie du déficit commercial.

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