Cannabis légal : le Maroc veut tirer parti d’un potentiel énorme
Cannabis © DR
A
A
A
A
Le Maroc se positionne résolument sur le marché du cannabis médical, avec l’ambition de devenir un acteur clé en Europe. Cette nouvelle industrie pourrait donc bien représenter une opportunité en or pour l’économie nationale, à condition de surmonter les obstacles qui se dressent encore sur son chemin.
Lire aussi : Cannabis thérapeutique : pourquoi le Maroc a sa place de leader ?
Des revenus prometteurs
Pour la première fois, le Maroc a exporté du cannabis produit légalement sur son sol. Au second trimestre, un quintal de résine avec une teneur en THC (delta 9-tétrahydrocannabinol), principal composé psychoactif du cannabis, inférieure à 1% a été vendu à la Suisse pour un prix variant entre 1.400 et 1.800 euros le kilo, rapporte le quotidien français LeMonde.
La même source indique que depuis la promulgation de la loi en 2021, près de 200 opérateurs se sont lancés dans cette nouvelle industrie, attirés par le potentiel économique considérable. Selon Insight Partners, la valeur du marché mondial du cannabis thérapeutique devrait dépasser les 50 milliards de dollars en 2028. La Fédération marocaine de l’industrie et de l’innovation pharmaceutiques (FMIIP) estime que le Maroc pourrait générer un flux de revenus annuel de 4,2 à 6,3 milliards de DH. C’est environ 400 à 600 millions d’euros, à condition de capturer une part de marché européenne de 10 à 15%.
Cependant, l’essor de cette industrie naissante n’est pas sans défis. Les barrières réglementaires demeurent un obstacle majeur, notamment en ce qui concerne les psychotropes. Certains laboratoires ont développé une quinzaine de médicaments à base de cannabis à haute teneur en THC, destinés à traiter des pathologies douloureuses telles que les cancers, la sclérose en plaques ou l’épilepsie. Cependant, leur commercialisation n’est pas prévue avant 2025, ciblant principalement les marchés marocain et européen, y compris l’Allemagne, le Danemark, la Suisse, l’Italie et la France, qui a récemment autorisé le cannabis médical à titre expérimental.
Si les choses avancent timidement, c’est à cause de la disponibilité limitée des produits, car le processus de fabrication est encore en cours. Actuellement, il n’y a pas de quantités suffisantes pour couvrir tout le territoire national.
Cannabis légal : vers un avenir radieux ?
Malgré ces obstacles, l’optimisme règne. La légalisation du cannabis au Maroc a ouvert de nouvelles perspectives économiques. Avec des investissements croissants et des développements en cours, le Maroc est bien positionné pour devenir un acteur majeur sur le marché mondial du cannabis médical. Les initiatives actuelles et futures pourraient transformer cette industrie en une source de revenus importante pour le pays, tout en offrant des traitements innovants pour diverses pathologies.
Mohammed El-Gerrouj, directeur de l’Agence nationale de réglementation des activités relatives au cannabis (ANRAC), espère d’ailleurs que le cannabis apportera au Maroc un succès similaire à celui de l’industrie automobile. Et pour accroître la compétitivité du Maroc sur ce marché concurrentiel, l’ANRAC milite pour l’utilisation de semences locales, comme la variété précoce, nommée «beldiya», moins consommatrice d’eau et mieux adaptée aux conditions climatiques locales. Si cette initiative se concrétise, la «beldiya» pourrait être mise à disposition des cultivateurs dès 2025, offrant ainsi une nouvelle dynamique à cette industrie prometteuse.
Enfin, il est important de rappeler que l’ANRAC a délivré, jusqu’au 23 avril courant, 2.905 autorisations sur 2.942 demandes examinées en 2024, contre 609 autorisations en 2023, pour une superficie globale de 2.552 HA (286 Ha en 2023).
Les plateformes aéroportuaires marocaines poursuivent leur progression avec plus de 18,8 millions de voyageurs au premier semestre.
Ilyasse Rhamir - 15 juillet 2026Le Maroc prépare un Pavillon nouvelle génération pour les plus grands salons du tourisme afin de renforcer son attractivité.
Ilyasse Rhamir - 15 juillet 2026La Banque mondiale mobilisera 15 milliards de dollars entre 2026 et 2035 pour soutenir la croissance, l'emploi, les PME et les réformes au Maroc.
Mouna Aghlal - 15 juillet 2026Le Maroc rejoint un dispositif OCDE d’échange fiscal automatique permettant de mieux surveiller les multinationales et de limiter les transferts artificiels de bénéfices.
El Mehdi El Azhary - 15 juillet 2026Cox prépare son expansion au Maroc et vise la future station de dessalement de Tanger, un projet de 150 millions de mètres cubes/an destiné à renforcer la sécurité hydrique.
El Mehdi El Azhary - 15 juillet 2026365 millions de dirhams seront investis pour renforcer l’approvisionnement en eau potable de Khouribga grâce à de nouvelles conduites, des réservoirs et une station modernisée.
Ilyasse Rhamir - 15 juillet 2026Entre importations massives et produits locaux mal protégés, le Made in Morocco se retrouve au cœur d’un étrange paradoxe.
Sabrina El Faiz - 14 mars 2026Consommation - Si les fruits et légumes nous mettent déjà la tête à l’envers, les viandes et poissons ne sont pas en reste !
Sabrina El Faiz - 7 mars 2026Économie - Un arrêté du 19 mai 2025 redéfinit les règles d’exonération des indemnités liées au transport, à la représentation ou aux aides sociales. La CNSS est désormais dotée d’un cadre harmonisé avec la fiscalité, garantissant plus de clarté pour les employeurs.
Ilyasse Rhamir - 20 octobre 2025Économie – Si on réussit, l’impact est double : compétitivité économique et contribution aux objectifs de transition énergétique du Royaume.
Rédaction LeBrief - 13 mars 2026Consommation-Production locale, importations, prix, qualité, enquête sur le marché ramadanesque des dattes au Maroc.
Sabrina El Faiz - 21 février 2026Économie - Fortement dépendant des importations et du charbon pour produire son électricité, le Maroc pourrait voir sa facture énergétique augmenter si la crise perdure au Moyen-Orient.
El Mehdi El Azhary - 11 mars 2026