Export : l’Espagne cherche-t-elle à remplacer le Maroc ?

Avatar de Sabrina El Faiz

Temps de lecture :

Export : l’Espagne cherche-t-elle à remplacer le Maroc ?© Pixabay- TheDigitalArtist

A
A
A
A
A

Face à la débâcle qui plane sur cette campagne pour deux fruits clés du secteur agroalimentaire marocain, la pastèque et le melon, certains groupes espagnols se tournent vers d’autres pays producteurs et exportateurs en cette période estivale. Mais cela suffira-t-il à combler le vide marocain ?

La campagne d’export des pastèques et melons vers l’Espagne n’est pas au beau fixe. Pourtant, en cette saison d’été, l’on aurait pu croire à une hausse des exportations de ces fruits. Les commerçants espagnols se tournent vers deux autres pays africains. Une tentative pour alimenter le marché international de ces deux fruits avec de nouveaux stocks en provenance du Sénégal et de la Mauritanie.

Il s’agit d’une question que différents experts de ce domaine commercial analysent déjà. L’un d’eux est Amine Amanatoullah, producteur mauritanien, qui, dans des déclarations au média spécialisé Fresh Plaza, assure que «ce n’est pas automatique, et ce n’est même pas possible cette saison». «Je ne pense pas que la Mauritanie puisse bénéficier du vide laissé par le Maroc», détaille-t-il.

Mehdaoui Elmokhtar, producteur sénégalais, quant à lui, s’exprime de manière similaire dans le même média. L’expert reconnaît que «les importateurs européens se posent la même question. C’est techniquement possible, mais commercialement compliqué». De nombreux facteurs clés expliquent ce scénario.

«En Mauritanie, la campagne s’est terminée trop tôt en raison de problèmes de qualité. La campagne mauritanienne se termine généralement en avril, mais les plaintes des clients ont provoqué une fin abrupte de la saison. Les rendements ont également diminué cette année dans le pays en raison d’un froid plus intense que d’habitude», explique-t-il à Fresh Plaza.

De l’espoir, toutefois, du côté sénégalais. «Contrairement au Maroc et à la Mauritanie, nous cultivons des pastèques toute l’année au Sénégal. La meilleure fenêtre d’exportation se situe entre février et avril, car il est difficile de concurrencer le Maroc, géographiquement proche et disposant d’une meilleure logistique. Il est donc théoriquement possible de combler le manque causé par l’arrêt de la campagne marocaine».

Les systèmes d’alerte en Espagne

La présence de produits alimentaires en provenance du Maroc dans les supermarchés espagnols continue de susciter la controverse. Un fait très médiatisé a été ces fraises en provenance du Maroc qui serait arrivées avec l’hépatite A.

En février 2024, l’Espagne a connu une augmentation de 46,17% des importations de fruits en provenance du Maroc, par rapport au même mois de 2023. Cela a coïncidé avec le début des manifestations agricoles qui ont paralysé le pays et l’Europe pendant plusieurs mois.

Les données publiées par le ministère de l’Économie, du Commerce et de l’Entreprise ont révélé que l’économie espagnole est passée de l’acquisition de 12,9 millions de kilogrammes de fruits auprès du Maroc en février 2023 à 18,9 millions au cours du même mois cette année.

Ces hausses ont soulevé de nombreuses questions auprès des agriculteurs espagnols. À commencer par les différences réglementaires. Tentant d’impacter le marché de l’export marocain, les Espagnols ont lancé plusieurs alertes sur l’état de santé des fruits marocains. Or, il a été prouvé que les alertes pesticides des produits marocains, sont bien moins abondantes que pour d’autres produits, notamment en provenance de l’Union européenne.

Le Système d’alerte rapide pour les denrées alimentaires et les aliments pour animaux (RASFF) de l’UE a signalé seulement six alertes depuis le début de 2024, comparé à quinze à la même période en 2021. De plus, la plupart de ces alertes marocaines sont classées comme «légères», avec seulement 36% jugées graves, un taux bien inférieur à celui des aliments français, qui affichent un taux de 70% pour les alertes graves. Ces notifications du RASFF sont principalement destinées aux autorités pour prendre des mesures, plutôt qu’aux consommateurs finaux

JEUX Nouveau
🎯 Mot du Jour chargement...

Devine le mot français du jour et apprends son équivalent en Darija 🇲🇦

Appuie sur Entrée pour jouer avec ton essai déjà rempli !

Dernier articles
Les articles les plus lu
Prix carburants : l’essence grimpe de 50 centimes dès le 16 mai

Consommation - Prix carburants : l’essence augmente de quelques centimes dès le 16 mai, tandis que le gasoil reste stable.

Rédaction LeBrief - 15 mai 2026
Pêche côtière : 3,85 MMDH à fin avril 2026

Économie - La pêche côtière et artisanale affiche une hausse de sa valeur à fin avril 2026, dépassant 3,85 milliards de dirhams, malgré un recul des volumes débarqués.

Ilyasse Rhamir - 15 mai 2026
Peut-on domestiquer un arbre aussi complexe que l’arganier ?

Économie - Sélection de variétés, clonage, data… la recherche transforme l’arganier. Porté par l’INRA et ses partenaires, le Maroc construit une arganiculture moderne, entre performance agricole, innovation technologique et enjeux climatiques.

Ilyasse Rhamir - 15 mai 2026
Céramique : un accord pour structurer la filière marocaine

Économie - Un partenariat inédit vise à renforcer la compétitivité de la céramique marocaine, en misant sur l’innovation, la qualité et la structuration du secteur, avec l’ambition de consolider le « Made in Morocco » sur les marchés nationaux et internationaux.

Ilyasse Rhamir - 15 mai 2026
Céréales : lancement du dispositif de commercialisation 2026 à Casablanca

Économie - À Casablanca, les autorités lancent le dispositif de commercialisation des céréales pour la campagne 2026. Prix de référence, primes de stockage et mesures logistiques visent à soutenir les producteurs et renforcer les stocks nationaux.

Ilyasse Rhamir - 15 mai 2026
Le pétrole en hausse de 2% sur fond de tensions géopolitiques

Économie - Les prix du pétrole ont progressé d’environ 2% vendredi, portés par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient.

El Mehdi El Azhary - 15 mai 2026
Voir plus
Le Made in Morocco est-il en danger ?

Entre importations massives et produits locaux mal protégés, le Made in Morocco se retrouve au cœur d’un étrange paradoxe.

Sabrina El Faiz - 14 mars 2026
Viandes, poissons : la danse des prix ramadanesques

Consommation - Si les fruits et légumes nous mettent déjà la tête à l’envers, les viandes et poissons ne sont pas en reste !

Sabrina El Faiz - 7 mars 2026
Indemnités CNSS 2025 : nouveaux plafonds et conditions d’exonération

Économie - Un arrêté du 19 mai 2025 redéfinit les règles d’exonération des indemnités liées au transport, à la représentation ou aux aides sociales. La CNSS est désormais dotée d’un cadre harmonisé avec la fiscalité, garantissant plus de clarté pour les employeurs.

Ilyasse Rhamir - 20 octobre 2025
Pilotage énergétique : pourquoi la data est un levier de compétitivité pour les entreprises ?

Économie – Si on réussit, l’impact est double : compétitivité économique et contribution aux objectifs de transition énergétique du Royaume.

Rédaction LeBrief - 13 mars 2026
Ramadan 1447 : la grande bataille des dattes

Consommation-Production locale, importations, prix, qualité, enquête sur le marché ramadanesque des dattes au Maroc.

Sabrina El Faiz - 21 février 2026
Crise au Moyen-Orient : vers une hausse de la facture d’électricité au Maroc ?

Économie - Fortement dépendant des importations et du charbon pour produire son électricité, le Maroc pourrait voir sa facture énergétique augmenter si la crise perdure au Moyen-Orient.

El Mehdi El Azhary - 11 mars 2026
pub

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée Champs requis marqués avec *

Poster commentaire