Mehdi Moumen : « Entreprendre en France, créer des passerelles avec le Maroc »

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Mehdi Moumen, fondateur d’AM EXPERTS, revient sur son parcours bancaire, son pari entrepreneurial en France et ses ambitions de créer des passerelles économiques avec le Maroc.Mehdi Moumen, fondateur d’AM EXPERTS © DR

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Après plusieurs années dans le secteur bancaire, en France comme au Maroc, Mehdi Moumen a choisi de franchir le pas de l’entrepreneuriat en fondant AM EXPERTS, un cabinet de courtage en assurance installé en France. A travers cette nouvelle aventure, il mise sur la proximité, le conseil et l’accompagnement personnalisé, notamment auprès des indépendants, des professions libérales et des dirigeants. Marocain du monde, il revient sur son parcours, les premiers pas de son entreprise et les passerelles économiques qu’il souhaite, à terme, développer entre la France et le Maroc.

Quitter le confort du salariat après plusieurs années à des postes de direction pour repartir de zéro : c’est le pari de Mehdi Moumen. Fort d’une expérience bancaire acquise des deux côtés de la Méditerranée, il a lancé AM EXPERTS avec une conviction : dans le courtage en assurance, la relation humaine doit rester au cœur du métier. Encore jeune, le cabinet entend se faire une place sur le marché français en misant sur un accompagnement de proximité et des solutions adaptées aux réalités de chacun. Une aventure entrepreneuriale qui pourrait aussi, à terme, ouvrir de nouvelles perspectives entre la France et le Maroc.

– Le Brief : Après plusieurs années dans le secteur bancaire au Maroc et en France, qu’est-ce qui vous a poussé à quitter le salariat pour créer AM EXPERTS ? En quoi votre double expérience a-t-elle influencé votre projet entrepreneurial ?

-Mehdi Moumen : Vous savez, l’envie d’entreprendre, je l’avais depuis longtemps. J’ai toujours eu cette idée, quelque part, de travailler à mon compte, de construire un projet qui me ressemble et d’y apporter ma propre vision du métier. Mais entre avoir cette envie et se lancer réellement, il y a parfois un monde.

J’ai eu la chance d’avoir un parcours professionnel assez riche, entre la France et le Maroc, au sein de différents établissements bancaires. J’y ai exercé des responsabilités de direction de centres de profit et de direction régionale, avec notamment le management de cadres et de managers.

Ce sont des expériences qui m’ont énormément apporté et que je ne renierai jamais. J’ai beaucoup appris auprès des établissements pour lesquels j’ai travaillé, mais aussi auprès de mes collaborateurs, de mes responsables et de mes clients. On apprend énormément sur le terrain, parfois même davantage dans les moments difficiles que lorsque tout fonctionne bien.

Avec les années, j’ai acquis une certaine expérience dans le pilotage des activités, le management, la relation commerciale et la prise de décision. Mais malgré tout cela, cette envie d’entreprendre était toujours présente.

Et puis, à un moment donné, je me suis dit : pourquoi ne pas essayer ? Après toutes ces années à accompagner des équipes, à développer des activités et à contribuer aux résultats de différentes organisations, pourquoi ne pas mettre cette expérience au service de mon propre projet ?

Je ne vais pas vous cacher qu’il y a eu des doutes. Quand on a passé autant d’années dans le salariat, qu’on a connu un environnement structuré, des responsabilités et une certaine stabilité, on réfléchit forcément à deux fois avant de se lancer.

On se demande si c’est le bon moment, si les clients vont suivre, si on va réussir à développer son activité. Ce sont des questions tout à fait normales. Mais je crois aussi qu’à force d’attendre le moment idéal, on risque de ne jamais rien faire. Alors j’ai décidé de me lancer.

Et ce qui est assez amusant, finalement, c’est qu’après avoir occupé des fonctions de direction pendant plusieurs années, on se retrouve à devoir tout faire soi-même. Chercher ses premiers clients, développer son réseau, organiser son activité, gérer les démarches administratives… On redécouvre certaines réalités du terrain, et ça fait du bien aussi.

Puis arrivent les premières satisfactions. Je me souviens notamment de la signature de mon premier contrat avec AM EXPERTS. Ce n’était peut-être pas un contrat très important financièrement, mais pour moi, il avait une valeur particulière. C’était le premier client qui me faisait confiance dans le cadre de ma propre entreprise.

Et ce genre de moment vous donne confiance. Vous vous dites que les choses commencent à avancer, que ce que vous avez imaginé peut réellement fonctionner.

Bien sûr, cela ne veut pas dire que tout est gagné. Il reste beaucoup de travail, des incertitudes et certainement des difficultés à surmonter. Mais avec le temps, chaque petit résultat vous aide à avancer et à prendre davantage confiance en votre projet.

Quant à mon expérience entre la France et le Maroc, je la considère comme une véritable richesse. J’ai évolué dans deux environnements bancaires différents, avec des approches commerciales et managériales parfois distinctes, mais finalement très complémentaires.

Cela m’a permis de développer une certaine capacité d’adaptation, d’apprendre à travailler avec différents profils et surtout de prendre du recul sur les situations.

Aujourd’hui, je ne considère pas la création d’AM EXPERTS comme une rupture avec mon parcours bancaire. Au contraire, c’est une manière de donner une nouvelle dimension à tout ce que j’ai appris. Après toutes ces années, j’avais simplement envie de me donner la chance de construire quelque chose à moi, avec mes moyens, mon expérience et beaucoup de motivation.

– Le Brief : Le marché français de l’assurance et du courtage compte de nombreux acteurs. Quelle place souhaitez-vous y prendre et qu’apporte concrètement AM EXPERTS de différent ? Quels sont vos premiers résultats depuis sa création ?

-Mehdi Moumen : Effectivement, il y a beaucoup d’acteurs sur le marché français de l’assurance, et la concurrence est importante. Mais cela ne veut pas dire qu’il n’y a plus de place pour de nouveaux cabinets. Bien au contraire, je pense que les besoins sont toujours présents, et qu’ils évoluent avec la situation économique. Aujourd’hui, les particuliers font davantage attention à leurs dépenses, les entreprises surveillent leurs charges et les indépendants doivent souvent jongler entre leurs investissements, leur trésorerie et leur protection.

Il suffit de discuter avec les gens pour comprendre que les préoccupations sont nombreuses. Et c’est justement dans ce contexte que notre métier prend tout son sens. Je crois qu’un bon courtier, ce n’est pas simplement quelqu’un qui compare des tarifs et propose un contrat. C’est avant tout quelqu’un qui prend le temps de comprendre la situation de son client.

Un particulier qui prépare sa retraite, un senior qui souhaite revoir sa complémentaire santé, un professionnel qui veut protéger ses revenus ou un dirigeant qui cherche à sécuriser son activité n’ont évidemment pas les mêmes attentes. Notre rôle, c’est de les écouter, de comprendre leurs priorités et de rechercher des solutions qui correspondent réellement à leurs besoins et à leurs moyens.

Avec AM EXPERTS, c’est cette approche que je souhaite privilégier. Je ne vais pas prétendre que nous avons inventé une nouvelle façon de faire du courtage. Il existe déjà de très bons professionnels sur ce marché. En revanche, je suis convaincu que la proximité, la disponibilité et la qualité de la relation font une vraie différence.

Personnellement, j’aime prendre le temps d’échanger avec les clients. Parfois, une personne nous contacte pour une assurance et, au fil de la discussion, on se rend compte que sa préoccupation principale est ailleurs. Elle peut avoir besoin d’être rassurée, de comprendre ses garanties ou simplement d’avoir un avis sur une situation.

Je trouve important de pouvoir lui répondre, même lorsque cela ne débouche pas immédiatement sur un contrat. C’est aussi l’avantage d’une structure à taille humaine. Nous avons une certaine souplesse, une relation directe avec nos clients et la possibilité de nous adapter plus facilement à leurs attentes. Et je tiens beaucoup à cela.

Concernant nos premiers résultats, AM EXPERTS a été créé en novembre 2025, mais nous avons véritablement démarré notre activité commerciale à la fin du mois de septembre 2026. Nous sommes donc encore une jeune entreprise.

Nous avons commencé à signer nos premiers contrats, notamment en assurance habitation et en responsabilité civile professionnelle. Nous avons également plusieurs dossiers en cours, particulièrement en assurance emprunteur, en prévoyance et en protection des dirigeants.

En parallèle, nous avons mis en place plusieurs partenariats avec des compagnies et des acteurs du marché de l’assurance et du financement. Nous développons aussi progressivement notre réseau professionnel. Les rendez-vous commencent à s’enchaîner, les premiers contacts nous ouvrent d’autres portes et certaines recommandations commencent à arriver. C’est encourageant.

Après, je reste lucide. Entreprendre demande de la patience. Il y a des journées où l’on avance beaucoup et d’autres où l’on a l’impression que rien ne bouge. Il faut apprendre à accepter ce rythme. Mais je suis confiant, parce que nous avons commencé à poser les bases de notre activité et que les premiers retours sont positifs.

Aujourd’hui, mon objectif n’est pas forcément de devenir le plus grand cabinet de courtage. Ce que je souhaite, c’est développer AM EXPERTS progressivement, fidéliser nos clients et faire en sorte que les personnes qui nous font confiance soient satisfaites de notre accompagnement.

Si demain un client revient vers nous ou nous recommande à un proche parce qu’il a été bien conseillé, pour moi, c’est déjà un très bon résultat.

– Le Brief : Les Marocains résidant à l’étranger doivent souvent gérer des projets et des engagements financiers dans deux pays. Avez-vous identifié chez cette communauté des besoins particuliers en assurance, en épargne ou en financement ? Envisagez-vous de développer une offre qui lui soit spécifiquement destinée ?

-Mehdi Moumen : Écoutez, étant moi-même Marocain du monde, c’est un sujet que je connais assez bien et auquel je suis naturellement sensible. Lorsqu’on vit en France tout en conservant des attaches au Maroc, on est souvent amené à gérer des projets ou des engagements dans les deux pays.

Cela peut concerner la famille, un investissement immobilier, un projet professionnel, de l’épargne ou simplement des questions liées à la gestion de son patrimoine. Et ce n’est pas toujours évident, parce que les deux pays ont des systèmes bancaires, des réglementations et des pratiques différentes.

J’ai la chance d’avoir travaillé dans les deux environnements, ce qui me permet de mieux comprendre certaines de ces problématiques. D’ailleurs, dans le cadre du développement d’AM EXPERTS, une partie de mes échanges se fait assez naturellement avec des Marocains installés en France.

On se rencontre lors d’événements culturels, de rencontres professionnelles, à travers des connaissances communes ou tout simplement dans la vie quotidienne. Et souvent, les discussions commencent de manière très simple. On échange sur nos activités, nos familles, nos projets, et puis on finit par parler d’immobilier, de financement, d’assurance ou de retraite. C’est assez naturel.

Il arrive aussi que certaines personnes nous sollicitent pour des questions qui concernent directement le Maroc. Dans ces situations, nous pouvons échanger avec des interlocuteurs professionnels sur place afin de mieux les orienter. Mais au-delà des projets entre les deux pays, il y a un sujet qui m’interpelle particulièrement : celui de la prévoyance et de la protection financière.

Je constate que, chez une partie de notre communauté, ces questions ne sont pas toujours prioritaires. On pense à travailler, à acheter un logement, à épargner, à investir, à accompagner sa famille. Ce sont des préoccupations tout à fait légitimes.

En revanche, on prend parfois moins le temps de réfléchir à ce qui pourrait se passer en cas d’arrêt de travail prolongé, d’invalidité ou de décès. Pourtant, ce sont des situations qui peuvent avoir des conséquences importantes sur l’équilibre financier d’une famille.

Je pense qu’il y a plusieurs raisons à cela. Parfois, c’est simplement un manque d’information. Dans d’autres cas, ce sont des habitudes culturelles, des contraintes financières ou des interrogations liées aux convictions personnelles. Et je pense qu’il faut respecter tout cela.

Notre rôle n’est pas de dire aux gens ce qu’ils doivent faire. C’est de leur expliquer les choses, de les aider à comprendre les risques auxquels ils peuvent être exposés et de leur présenter les solutions qui existent. Ensuite, chacun prend ses décisions en fonction de sa situation et de ses convictions.

C’est un travail de sensibilisation qui me paraît important, notamment auprès des familles, des cadres, des professions libérales et des entrepreneurs. Concernant une offre plus particulièrement destinée aux Marocains du monde, c’est effectivement une piste que j’aimerais développer.

Aujourd’hui, notre activité est principalement orientée vers le marché français, et notre première priorité est d’accompagner les personnes qui y résident dans leurs besoins en assurance, en épargne, en prévoyance et en financement.

Mais à terme, pourquoi ne pas envisager des partenariats avec des établissements ou des professionnels marocains pour faciliter l’accompagnement de certains projets entre les deux pays ? Bien entendu, cela devra se faire dans le respect des réglementations applicables et des domaines d’intervention de chacun. Je pense que mon expérience professionnelle sur les deux marchés peut être un atout.

Et puis, il y a aussi une dimension personnelle. Quand on partage certaines réalités avec les personnes que l’on accompagne, les échanges sont souvent plus simples. On comprend plus facilement certaines préoccupations, certaines habitudes et certaines attentes.

Cette proximité peut aider à instaurer une relation de confiance, et c’est quelque chose auquel j’accorde beaucoup d’importance.

– Le Brief : Votre cabinet privilégie les indépendants, les professions libérales et les dirigeants d’entreprise. Quelles lacunes constatez-vous aujourd’hui dans leur protection financière et sociale, et comment comptez-vous répondre à ces besoins dans un contexte de pression sur les budgets ?

-Mehdi Moumen : Vous savez, après plusieurs années passées à accompagner des professionnels et des chefs d’entreprise, il y a une chose que j’ai souvent constatée : un entrepreneur pense généralement à protéger son entreprise avant de penser à se protéger lui-même.

Et quelque part, je peux le comprendre. Quand on dirige une activité, on a énormément de choses à gérer. Il faut trouver des clients, développer son chiffre d’affaires, payer les charges, gérer la trésorerie, investir et parfois aussi manager des équipes.

Les journées passent vite, et certaines questions sont naturellement repoussées à plus tard. La prévoyance fait souvent partie de ces sujets. Pourtant, c’est essentiel, notamment pour les travailleurs indépendants et les dirigeants dont les revenus dépendent directement de leur capacité à travailler.

Prenons un exemple très simple. Un professionnel exerce son activité depuis plusieurs années. Il a une clientèle, son entreprise fonctionne correctement et il gagne convenablement sa vie.

Mais demain, s’il doit arrêter de travailler pendant plusieurs mois pour des raisons de santé, que se passe-t-il ? Est-ce qu’il pourra maintenir ses revenus ? Est-ce que ses charges professionnelles seront toujours couvertes ? Et surtout, est-ce que sa famille pourra continuer à vivre dans les mêmes conditions ?

Ce sont des questions que beaucoup de personnes ne se posent pas forcément tant que tout va bien. Et c’est souvent lorsqu’un problème survient que l’on découvre les limites de sa protection.

Il y a également des professionnels qui disposent de plusieurs assurances, mais qui ne savent pas exactement ce qu’elles couvrent. Notre travail consiste donc d’abord à faire le point avec eux.

Nous regardons leur situation, leur activité, les garanties dont ils bénéficient déjà et les risques qui mériteraient d’être mieux couverts. Ensuite, nous essayons de trouver des solutions adaptées. Mais il y a évidemment la question du budget, et elle est devenue incontournable. Aujourd’hui, les entreprises comme les particuliers doivent faire attention à leurs dépenses. Et je le comprends d’autant mieux que je suis moi-même entrepreneur.

Depuis que j’ai créé AM EXPERTS, je regarde aussi mes charges, mes investissements et ma trésorerie. Je sais très bien que chaque dépense doit être réfléchie. On ne peut donc pas demander à un professionnel de multiplier les contrats sans tenir compte de sa réalité financière.

Parfois, il faut simplement revoir ce qu’il possède déjà, identifier d’éventuels doublons ou mieux organiser ses garanties. L’idée, ce n’est pas de lui vendre une assurance supplémentaire à chaque rendez-vous. C’est de l’aider à trouver une protection cohérente avec son activité, sa situation personnelle et son budget.

Je crois également beaucoup à la pédagogie. Nous souhaitons développer des contenus et des formations pour expliquer plus simplement des sujets comme la prévoyance, l’assurance emprunteur, l’épargne ou la préparation de la retraite. Ce sont des sujets qui peuvent paraître techniques, mais qui concernent finalement tout le monde.

Et je trouve dommage que certaines personnes découvrent leurs droits, ou les limites de leurs garanties, uniquement lorsqu’elles rencontrent une difficulté.

Si nous arrivons déjà à aider un entrepreneur à mieux comprendre sa situation et à prendre les bonnes décisions pour sa protection, nous aurons fait une partie importante de notre travail.

– Le Brief : À moyen terme, envisagez-vous de créer des partenariats, d’investir ou de développer une activité au Maroc ? Plus largement, quels obstacles et quelles opportunités identifiez-vous pour les entrepreneurs marocains de la diaspora qui souhaitent créer des passerelles économiques entre la France et le Royaume ?

-Mehdi Moumen : Oui, bien sûr. C’est quelque chose auquel je réfléchis et qui pourrait naturellement s’inscrire dans le développement d’AM EXPERTS. Le Maroc est mon pays d’origine. J’y ai grandi, j’y ai également exercé des responsabilités professionnelles et j’y conserve des attaches personnelles et professionnelles importantes. C’est un pays dont je suis avec beaucoup d’intérêt l’évolution économique.

Je trouve notamment intéressant de voir le développement des infrastructures, l’émergence de nouvelles activités et les opportunités qui se présentent aujourd’hui aux entrepreneurs. Mais je préfère avancer étape par étape.

Aujourd’hui, ma priorité est très clairement de développer AM EXPERTS en France. C’est ici que j’ai construit une grande partie de mon parcours professionnel, que j’ai choisi de créer mon entreprise et que je souhaite inscrire son développement dans la durée. Nous sommes encore au début de notre activité, et je pense qu’il est important de prendre le temps de consolider ce que nous construisons avant de vouloir nous développer dans plusieurs directions.

Cela ne m’empêche évidemment pas de rester attentif aux opportunités de collaboration avec des acteurs marocains. À terme, j’aimerais pouvoir développer certains partenariats, notamment dans les domaines de l’assurance, du financement et de l’accompagnement des entreprises.

Je pense qu’il existe de vraies complémentarités entre les deux marchés. Plus largement, concernant les Marocains du monde, je suis convaincu que la diaspora peut jouer un rôle encore plus important dans le développement économique du Royaume.

Quand on parle de cette communauté, on évoque souvent les transferts d’argent vers le Maroc. Et c’est normal, parce qu’ils représentent une contribution importante à l’économie du pays. Mais je pense qu’il ne faut pas s’arrêter uniquement à cet aspect. Il y a aussi les compétences, les expériences professionnelles, les réseaux, les méthodes de travail et les connaissances acquises à l’étranger.

On retrouve aujourd’hui des Marocains dans de nombreux secteurs, avec parfois de très belles carrières, des responsabilités importantes ou des entreprises qu’ils ont eux-mêmes créées. Tout ce savoir-faire peut représenter une véritable opportunité pour le Maroc.

Après, il ne faut pas non plus idéaliser les choses. Entreprendre entre deux pays, ce n’est pas toujours simple. Il y a des différences réglementaires, des procédures administratives, des difficultés d’accès au financement et parfois un manque de visibilité sur les bons interlocuteurs. La distance joue également un rôle important.

On peut avoir une excellente idée, être très motivé et disposer des moyens nécessaires, mais si l’on ne connaît pas suffisamment le marché ou si l’on ne s’entoure pas des bonnes personnes, le projet peut rapidement devenir compliqué.

J’ai eu l’occasion de travailler dans les deux pays, et je sais qu’on ne peut pas forcément appliquer les mêmes méthodes partout. Chaque marché a ses particularités. Il faut prendre le temps de les comprendre et surtout savoir s’adapter.

À mon sens, l’un des enjeux est justement de faciliter les échanges entre les entrepreneurs marocains installés à l’étranger et les acteurs économiques au Maroc. Cela permettrait peut-être à davantage de projets de voir le jour, avec des partenariats mieux structurés et une meilleure connaissance des réalités de chaque marché.

En ce qui me concerne, je considère mon parcours entre la France et le Maroc comme une chance. Ces deux expériences m’ont beaucoup apporté, à des moments différents de ma vie, et elles continuent aujourd’hui à nourrir ma manière de travailler et ma vision de l’entrepreneuriat.

Je ne vois aucune opposition entre le fait de construire durablement une entreprise en France et celui de développer, à terme, des collaborations économiques avec le Maroc. Au contraire, je trouve que les deux peuvent parfaitement se compléter.

Pour le moment, je suis concentré sur le développement d’AM EXPERTS. J’ai envie de faire les choses sérieusement, de prendre le temps de construire une entreprise solide et de voir jusqu’où ce projet peut aller. Et si, demain, cette entreprise peut également contribuer à créer des opportunités de collaboration entre des professionnels français et marocains, j’en serai évidemment très heureux.

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