Afrique du Sud : Pretoria préoccupée par les restrictions américaines sur les visas

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Afrique du Sud : Pretoria préoccupée par les restrictions de visa américainesMaison blanche © DR
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L’Afrique du Sud a exprimé mercredi sa préoccupation après la décision de Washington d’imposer des restrictions de visa à certains responsables sud-africains. Pretoria accuse l’administration de Donald Trump de reprendre des récits qu’elle considère comme inexacts et relayés par des groupes extrémistes issus de la minorité blanche du pays.

Annoncées mardi par les autorités américaines, les restrictions de visa concernent plusieurs responsables sud-africains, dont l’identité n’a pas été rendue publique par Washington. Cette décision intervient dans un contexte de relations diplomatiques tendues entre les deux pays depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche en janvier 2025.

Les relations bilatérales ont notamment été marquées par l’instauration de droits de douane particulièrement élevés pour un pays d’Afrique subsaharienne, l’expulsion de l’ambassadeur sud-africain aux États-Unis ainsi que l’absence du président américain au sommet du G20 organisé à Johannesburg à la fin de 2025.

Washington invoque les discriminations raciales

Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a indiqué que les restrictions visaient des personnes accusées de promouvoir des « discriminations raciales », notamment à l’encontre des Afrikaners. Les mesures concernent également, selon Washington, des individus qui encourageraient la violence ou faciliteraient des expropriations de terres sans indemnisation.

Pretoria rejette depuis plusieurs mois ces accusations, qu’elle présente comme fondées sur des informations erronées ou sur une lecture biaisée de ses politiques publiques. Le gouvernement sud-africain défend notamment ses dispositifs de discrimination positive et ses politiques foncières comme des instruments destinés à réduire les inégalités héritées de la colonisation et de l’apartheid.

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Le ministre sud-africain des Affaires étrangères, Ronald Lamola, a déclaré que son gouvernement considérait la décision américaine « avec préoccupation ». Il a également accusé Washington de reprendre des récits diffusés par des groupes marginaux.

Dans un communiqué, Lamola a rappelé que la réduction des divisions héritées du passé et la construction d’une société reposant sur les principes démocratiques, la justice sociale et les droits fondamentaux constituaient, selon lui, un impératif inscrit dans la Constitution sud-africaine.

Washington annonce d’autres mesures

Les autorités américaines ont par ailleurs laissé entendre que les restrictions de visa pourraient être suivies de nouvelles mesures. L’ambassadeur américain à Pretoria, Brent Bozell, a indiqué mercredi que cette décision constituait « la première étape » d’une série de mesures progressives destinées à démontrer la détermination de Washington à traiter cette question.

En mai, l’administration Trump avait déjà relevé de 7.500 à 17.500 le plafond annuel de réfugiés admis aux États-Unis. Washington avait alors annoncé vouloir accorder une attention particulière aux Sud-Africains blancs considérés par l’administration américaine comme victimes de « persécution ». Une appréciation que le gouvernement sud-africain conteste catégoriquement.

Malgré ces tensions, Pretoria et Washington ont poursuivi ces derniers mois leurs discussions afin de tenter de rétablir leurs relations bilatérales. L’Afrique du Sud demeure le premier partenaire commercial des États-Unis sur le continent africain. Quelque 500 entreprises américaines sont implantées dans le pays, tandis qu’environ 30.000 ressortissants américains y résident.

Face à la nouvelle décision de Washington, Ronald Lamola a appelé ses homologues américains à éviter les « actions unilatérales » et à privilégier un « engagement constructif » à travers les canaux diplomatiques.

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