Guerre en Iran : le Maroc, la Tunisie et l’Algérie sous pression

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Un tanker a été touché par un projectile non identifié au large d’Oman, près d’OrmuzDétroit d'Ormuz © Centcom
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La reprise des affrontements entre les Etats-Unis et l’Iran ravive les tensions sur les marchés mondiaux de l’énergie et replace l’Afrique du Nord face à ses vulnérabilités. En quelques jours, le prix du pétrole a grimpé vers les 90 dollars le baril, faisant ressurgir les inquiétudes autour du détroit d’Ormuz, passage stratégique pour les exportations d’hydrocarbures. Si l’Algérie pourrait tirer un bénéfice temporaire de cette envolée des cours, le Maroc et la Tunisie, fortement dépendants des importations énergétiques, voient se profiler un nouveau risque pour leurs finances publiques, l’inflation et le pouvoir d’achat.

Le Proche-Orient redevient une source incroyable d’instabilité pour les économies nord-africaines. Depuis la reprise des hostilités entre Washington et Téhéran autour de la sécurité maritime dans le détroit d’Ormuz, les marchés pétroliers réagissent avec nervosité et les prix du brut repartent à la hausse.

Ce regain de tension, qui intervient quelques semaines seulement après un accord censé sécuriser durablement la navigation dans la région, rappelle à quel point les équilibres énergétiques mondiaux restent fragiles. Pour les pays du Maghreb, les conséquences sont immédiates mais contrastées. L’Algérie, exportatrice d’hydrocarbures, peut espérer un surcroît de recettes à court terme, tandis que le Maroc et la Tunisie doivent composer avec une facture énergétique plus lourde et un risque accru de tensions inflationnistes. Au-delà des effets conjoncturels, cette nouvelle crise remet en lumière la nécessité d’accélérer la diversification des approvisionnements et la transition énergétique dans la région.

Accord Iran-États-Unis : un compromis historique ou une simple trêve stratégique ?

La reprise de la guerre en Iran rebat les cartes pour le Maroc, la Tunisie et l’Algérie, trois pays d’Afrique du Nord directement exposés aux secousses du marché énergétique mondial. Depuis le 9 juillet, les hostilités ont repris entre Washington et Téhéran autour de la sécurité maritime dans le détroit d’Ormuz, provoquant une nouvelle hausse du pétrole, désormais proche de 90 dollars le baril.

En Algérie, cette flambée peut soutenir à court terme les recettes d’exportation d’hydrocarbures. En Tunisie et au Maroc, en revanche, la hausse des cours renchérit les importations d’énergie, alourdit la facture publique et ravive les tensions sur les prix intérieurs. Cette nouvelle séquence intervient à peine quelques semaines après un accord conclu mi-juin pour rétablir durablement la circulation maritime dans la zone.

La guerre en Iran ravive les fragilités énergétiques du Maghreb

Le principal choc passe par les routes maritimes du Golfe. Le détroit d’Ormuz, par lequel transite une part importante du pétrole mondial, reste un point névralgique pour l’approvisionnement international. A chaque regain de tension, les marchés anticipent des perturbations et répercutent immédiatement le risque sur les prix, avec des effets bien au-delà du Moyen-Orient, y compris sur les économies africaines importatrices d’énergie.

Pour l’Algérie, premier exportateur gazier du Maghreb, le contexte est plus ambivalent. Des cours élevés peuvent améliorer les entrées en devises et offrir un répit budgétaire, dans un pays où les hydrocarbures représentent une part décisive des exportations et des recettes publiques. Mais cet avantage reste fragile : une escalade prolongée pourrait aussi freiner la croissance mondiale, réduire la demande et accentuer l’incertitude sur les échanges, dans un environnement déjà marqué par les tensions géopolitiques et la volatilité des marchés.

Au Maroc et en Tunisie, la vulnérabilité est plus directe. Ces deux pays dépendent largement des importations pour couvrir leurs besoins énergétiques. Une hausse durable du baril se traduit par des coûts accrus pour les carburants, l’électricité, le transport et certaines chaînes de production. Pour les finances publiques, l’équation devient plus difficile, car il faut soit absorber une partie du choc budgétaire, soit laisser les prix peser davantage sur les ménages et les entreprises. Dans un contexte continental où plusieurs Etats africains cherchent à contenir l’inflation et à préserver la stabilité sociale, cette pression supplémentaire complique les arbitrages.

Au-delà du Maghreb, la reprise des combats souligne la dépendance persistante de nombreuses économies africaines aux fluctuations extérieures. Les institutions panafricaines, comme l’Union africaine ou la Banque africaine de développement, plaident depuis plusieurs années pour une meilleure sécurité énergétique, fondée sur les interconnexions régionales, les renouvelables et la diversification des approvisionnements.

Pour l’Afrique du Nord, cette nouvelle crise rappelle que la stabilité des détroits stratégiques, d’Ormuz à Bab el-Mandeb en passant par la mer Rouge, reste un enjeu économique important. Si le baril restait durablement autour de 90 dollars, soit bien au-dessus de sa zone habituelle de 70 à 75 dollars, les équilibres budgétaires, commerciaux et sociaux de la région pourraient être de nouveau mis à l’épreuve.

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