Stellantis répond à l’offensive chinoise… en s’inspirant de la Chine
Présentation de FastLane 2030, par Stellantis. Ici Yves Peyrot Des Gachons, directeur général de Stellantis Maroc, à Casablanca, le 30 juin 2026 © LeBrief
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Le contexte a profondément changé. Les constructeurs européens, comme Stellantis font face à une concurrence chinoise qui progresse à une vitesse grand V. Les véhicules électriques venus d’Asie gagnent des parts de marché, les coûts de production restent très compétitifs et les technologies évoluent rapidement.
En parallèle, le rythme de l’électrification varie fortement d’une région du monde à l’autre. L’Europe accélère sa transition, tandis que d’autres marchés continuent de privilégier les motorisations hybrides ou thermiques. Dans ce nouvel environnement, Stellantis adapte sa stratégie en abandonnant une approche uniforme au profit d’une organisation beaucoup plus régionale.
Soit une place centrale aux bases industrielles capables de conjuguer compétitivité, proximité logistique et flexibilité. Sur ce terrain, le Maroc coche toutes les cases.
De la Chine, au Maroc
D’ailleurs, le groupe l’affirme, le Royaume figure parmi ses sites de production les plus compétitifs. Samir Cherfan, directeur des opérations Moyen-Orient et Afrique, va même jusqu’à résumer cet avantage : « le Maroc produit au coût chinois ». Belle phrase ? Aux actes d’en juger. Grâce à des coûts de fabrication maîtrisés, à une chaîne logistique performante et à sa proximité avec l’Europe, le pays est devenu une plateforme capable de rivaliser avec certains grands centres de production asiatiques.
Cette compétitivité explique une grande partie des ambitions annoncées pour les prochaines années. Stellantis veut porter à 90% la part des véhicules vendus au Moyen-Orient et en Afrique provenant soit de la région, soit d’Asie. Le Maghreb, et particulièrement le Maroc, occupe une place intéressante dans cette réorganisation des flux industriels. L’usine de Kénitra devrait ainsi continuer à monter en puissance avec l’arrivée de nouveaux modèles destinés aussi bien au marché local qu’à l’export.
Pendant des années, les constructeurs européens ont cherché à concurrencer frontalement les groupes chinois, aujourd’hui, Stellantis choisit de s’appuyer sur leurs atouts.
Le constructeur multiplie ainsi les partenariats avec plusieurs industriels chinois afin d’accéder à leurs technologies, à leurs capacités industrielles et à leurs coûts de production. Il s’agit là d’associer ces plateformes technologiques aux marques historiques du groupe comme Peugeot, Jeep ou encore Fiat. Autrement dit, conserver la valeur de marques reconnues tout en bénéficiant de la compétitivité asiatique.
Les alliances annoncées avec plusieurs groupes asiatiques permettront d’accélérer le développement de nouveaux véhicules tout en limitant les investissements et les délais de mise sur le marché. Lorsque les cycles technologiques se raccourcissent, cette agilité devient un avantage non négligeable.
Le Maroc profite directement de cette stratégie. Sa position géographique lui permet d’accueillir aussi bien des productions locales que des composants ou des véhicules issus d’Asie avant leur redistribution vers d’autres marchés. Cette complémentarité entre production régionale et sourcing asiatique devient l’un des piliers du plan Fastlane 2030.
Stellantis tourne la page du tout électrique
L’heure n’est plus aux annonces centrées exclusivement sur le véhicule électrique, Stellantis privilégie désormais une approche beaucoup plus pragmatique, adaptée aux réalités économiques de chaque marché.
Le groupe mise sur un portefeuille de motorisations beaucoup plus diversifié. Véhicules électriques, hybrides rechargeables, hybrides classiques, moteurs thermiques de nouvelle génération ou encore technologies à hydrogène cohabiteront au sein de la même stratégie. Le choix de la motorisation dépendra davantage des attentes locales que d’une feuille de route unique imposée à l’ensemble des pays.
Yves Peyrot Des Gachons, directeur général de Stellantis Maroc, rappelle que les véhicules 100% électriques représentent encore une part marginale du marché national. L’insuffisance des infrastructures de recharge continue de freiner leur diffusion, tandis que les modèles hybrides connaissent une progression beaucoup plus rapide.
Chaque zone pourra donc ajuster ses produits, ses investissements et ses technologies en fonction de ses propres besoins.
Cette régionalisation répond également à un impératif financier. Stellantis veut améliorer sa rentabilité grâce à une meilleure utilisation de ses usines, à une réduction des coûts de développement et à une simplification de son organisation industrielle. Le groupe vise plusieurs milliards d’euros d’économies d’ici 2028 tout en réduisant presque de moitié le temps nécessaire pour développer un nouveau véhicule.
Les futurs lancements industriels attendus à Kénitra devraient confirmer cette lancée, tout comme la montée en puissance des activités de micromobilité déjà produites dans le Royaume.
Un an après leur lancement, les principaux chantiers ferroviaires du Grand Casablanca avancent avec 20 milliards de dirhams d’investissement.
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