Détroit d’Ormuz : les pays les plus vulnérables face au choc pétrolier
Détroit d'Ormuz © DR
A
A
A
A
Le détroit d’Ormuz constitue l’un des principaux points de passage du commerce mondial des hydrocarbures. Lorsque les tensions géopolitiques perturbent cette voie stratégique, les conséquences se répercutent rapidement sur les marchés internationaux. La récente escalade militaire observée dans la région a ainsi entraîné une forte augmentation des cours du pétrole brut et de l’essence.
D’après la CNUCED, les prix du pétrole brut ont progressé de plus de 40%, tandis que ceux de l’essence ont augmenté de plus de 50% par rapport aux niveaux observés avant l’escalade militaire. Cette hausse brutale alourdit considérablement les coûts d’importation pour les pays dépendants des approvisionnements énergétiques extérieurs.
Les pays vulnérables particulièrement exposés
La CNUCED a étudié la situation de 75 économies vulnérables, regroupant les pays les moins avancés (PMA) et les petits États insulaires en développement (PEID). Parmi eux, 65 sont importateurs nets de pétrole.
Cette dépendance énergétique touche une population considérable. Selon l’organisation, près de 983 millions de personnes vivent dans ces économies vulnérables. Plus de 30% d’entre elles vivent sous le seuil de pauvreté extrême fixé à 3 dollars par jour.
Les chiffres illustrent l’ampleur du problème. Parmi les pays les moins avancés, 87% sont importateurs nets de pétrole. La proportion atteint également 87% pour les petits États insulaires en développement. Dans un contexte de flambée des prix, ces pays disposent de marges de manœuvre limitées pour absorber le choc.
La CNUCED souligne que les gouvernements concernés devront faire face à des arbitrages difficiles entre le financement des importations énergétiques et les dépenses consacrées aux services publics essentiels.
Lire aussi : Prix du pétrole : le Brent dépasse 110 dollars après Ormuz
L’exposition de ces économies est renforcée par une caractéristique structurelle majeure : leur faible capacité de raffinage. Selon les données de la CNUCED, 97,8% des importations nettes de pétrole des économies vulnérables concernent des produits raffinés, contre seulement 2,2% pour le pétrole brut. Cette situation résulte du manque d’infrastructures industrielles permettant de transformer localement les hydrocarbures.
Cette dépendance aux carburants raffinés accroît leur vulnérabilité aux fluctuations des prix internationaux. Toute hausse du coût des produits pétroliers se répercute directement sur les dépenses d’importation et sur les prix payés par les consommateurs.
Les secteurs du transport, de la production d’électricité et de l’industrie sont particulièrement affectés. Dans de nombreux pays, l’énergie représente un poste de dépense incontournable pour les ménages comme pour les entreprises.
Une facture supplémentaire de 20 milliards de dollars
La CNUCED a évalué l’impact potentiel d’une hausse de 50% des prix du pétrole en conservant les volumes d’importation observés en 2024. Selon ses estimations, la facture annuelle des importations pétrolières des 65 économies vulnérables importatrices nettes pourrait augmenter de 20,4 milliards de dollars.
Les pays les moins avancés supporteraient la plus grande partie de cette charge supplémentaire, avec un surcoût estimé à 16,1 milliards de dollars. Les petits États insulaires en développement devraient quant à eux faire face à une hausse de 4,3 milliards de dollars.
Pour des économies souvent confrontées à des contraintes budgétaires importantes, une telle augmentation représente un choc considérable susceptible de fragiliser davantage les finances publiques et les équilibres extérieurs.
L’impact économique de cette hausse varie selon les pays. La CNUCED a calculé l’augmentation du coût des importations pétrolières en pourcentage du produit intérieur brut (PIB).
Parmi les pays les moins avancés, la Mauritanie apparaît comme l’économie la plus exposée, avec un surcoût potentiel équivalant à 7,3% du PIB. La Gambie suit avec 6,3%, devant le Burkina Faso (5%), le Liberia (4,8%), la Zambie et le Lesotho (4,3% chacun). D’autres pays comme le Mali, la République centrafricaine, le Myanmar, le Cambodge ou le Mozambique enregistreraient également des hausses importantes.
Du côté des petits États insulaires en développement, le Vanuatu serait le plus affecté avec un impact estimé à 5,8 % du PIB, devant les Maldives (5,2%), les Tonga (4,4%) et Maurice (4,2%). Les Fidji, les Samoa, la Jamaïque, Sainte-Lucie ou encore le Belize figurent également parmi les économies les plus vulnérables.Ces chiffres montrent que, pour certains États, le choc pétrolier pourrait représenter plusieurs points de richesse nationale.
Lire aussi : Détroit d’Ormuz : un navire de l’entreprise française CMA CGM visé par une attaque
La recherche de fournisseurs alternatifs
Au-delà de la hausse des prix, plusieurs économies vulnérables pourraient être confrontées à des difficultés d’approvisionnement.
La CNUCED rappelle que certains pays dépendent fortement des importations en provenance de la région du détroit d’Ormuz. Les Seychelles figurent parmi les plus exposées, avec 99% de leurs importations pétrolières provenant de cette zone. L’Ouganda (61,5%), Maurice (58,3%), la Tanzanie (56%) ou encore la Zambie (44,7%) affichent également une forte dépendance.
En cas de perturbations prolongées, ces pays pourraient être contraints de rechercher rapidement des fournisseurs alternatifs, souvent à des coûts plus élevés et dans des conditions logistiques plus complexes.
Des conséquences économiques et sociales multiples
Pour la CNUCED, les effets du choc pétrolier dépassent largement la seule question énergétique. La hausse des prix du pétrole entraîne d’abord une augmentation des coûts du transport et du fret, ce qui renchérit le prix global des marchandises. Elle alimente également l’inflation, particulièrement dans les économies qui dépendent fortement des importations de carburants.
Les finances publiques subissent également une pression accrue. Les gouvernements doivent souvent choisir entre soutenir les ménages face à la hausse des prix ou préserver leurs capacités d’investissement dans les infrastructures, l’éducation, la santé et le développement durable.
Enfin, l’augmentation de la facture énergétique peut aggraver les déficits extérieurs, affaiblir les monnaies nationales et conduire à un ralentissement de la croissance économique. Dans les pays disposant d’un espace budgétaire limité, ces effets risquent d’être particulièrement marqués.
Comme le souligne le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, cité par la CNUCED : « Lorsque le détroit d’Ormuz est étranglé, les populations les plus pauvres et les plus vulnérables du monde ne peuvent plus respirer ».
Face à cette situation, les économies les plus fragiles apparaissent une nouvelle fois comme les principales victimes des tensions géopolitiques mondiales, malgré leur faible responsabilité dans les crises qui les frappent.
Luiz Inácio Lula da Silva remporte la présidentielle brésilienne avec 51,75% des voix, mais devra composer avec un Parlement dominé par les conservateurs.
Ilyasse Rhamir - 26 octobre 2026Samedi de fortes tensions en France : 1.314 interpellations et 53 membres des forces de l’ordre blessés, selon l’Intérieur. À Paris, 142 personnes ont été interpellées.
Rédaction LeBrief - 25 octobre 2026Plus de six millions de Bulgares votent pour départager 27 binômes à la présidentielle, entre orientations proeuropéennes, sociales et nationalistes.
Aya Ait Chaib - 25 octobre 2026L’indice principal de la Bourse de Mascate a clôturé à 7.379 points, tandis que la capitalisation boursière a perdu 684 millions de rials omanais sur la semaine.
Aya Ait Chaib - 24 octobre 2026Après un premier cas humain mortel en France, l’OMS juge peu probable une propagation plus large du virus Shamonda.
Aya Ait Chaib - 23 octobre 2026Une fusillade dans les Yvelines fait un mort et cinq blessés. Le suspect a été arrêté et le parquet antiterroriste a ouvert une enquête.
Aya Ait Chaib - 23 octobre 2026Monde - Richesse mondiale en forte hausse : le nombre de milliardaires atteint un record avec 3.428 fortunes cumulant plus de 20.100 milliards de dollars. Elon Musk domine largement le classement de Forbes, où figurent aussi plusieurs grandes fortunes marocaines.
Ilyasse Rhamir - 11 mars 2026Monde - Après dix ans à la tête de l'AFD, Rémy Rioux s’apprête à quitter ses fonctions. L’Élysée a proposé Christophe Lecourtier à son poste.
Mouna Aghlal - 11 mars 2026Monde - L'Espagne a décidé de mettre un terme au mandat de son ambassadrice en Israël, rappelée depuis plusieurs mois dans un contexte de fortes tensions diplomatiques.
Ilyasse Rhamir - 11 mars 2026Monde - Face à l’envolée des prix du brut provoquée par la guerre en Iran et les perturbations dans le détroit d’Ormuz, Washington autorise pendant un mois la vente de cargaisons de pétrole russe déjà chargées en mer afin de stabiliser l’offre mondiale.
Ilyasse Rhamir - 13 mars 2026Monde - L’escalade militaire au Proche-Orient se poursuit. L’Iran évoque le maintien de la pression sur le détroit d’Ormuz tandis que les frappes s’intensifient dans la région. La flambée du pétrole et les déplacements massifs de populations inquiètent la communauté internationale.
Ilyasse Rhamir - 12 mars 2026Monde - La France a annoncé le déploiement de moyens militaires en Méditerranée et au Proche-Orient, dont une frégate et le porte-avions Charles-de-Gaulle.
El Mehdi El Azhary - 4 mars 2026