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Anass Hajoui Publié le 28/05/26 à 10:31
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Fonctionnaires fantômes

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Le gouvernement donne exceptionnellement le vendredi 29 mai comme jour férié pour Aid Al Adha. L’idée est de permettre aux fonctionnaires de profiter du pont, passer l’Aid en famille et revenir travailler normalement dès le lundi. Ca a l’air logique. Mais évidemment, la réalité est tout autre. Beaucoup d’administrations deviennent introuvables aussi le lundi et le mardi. Et c’est là que le problème commence.

Parce qu’un citoyen, lui, ne met pas sa vie en pause pendant une semaine. Une entreprise attend des documents pour débloquer des dossiers, un étudiant a besoin d’un papier administratif, quelqu’un doit légaliser un document, récupérer une signature, finaliser une procédure bancaire… Les gens se déplacent, prennent des journées, font la queue… puis découvrent que le bureau est vide ou que “la personne concernée n’est pas encore revenue”.

Et c’est exactement comme ça qu’est née l’expression des “fonctionnaires fantômes”. Pas forcément des gens qui ne travaillent jamais, mais des gens qu’on ne trouve jamais quand on en a besoin, c’est-à-dire pendant leurs heures de travail. Le vendredi est officiellement offert, puis le lundi et le mardi de cette même semaine de pont deviennent une reprise au ralenti. Au final, le service public disparaît concrètement pendant plusieurs jours.

Le plus ironique, c’est que le pont était justement censé éviter ce désordre. L’État donne un jour supplémentaire pour organiser le repos correctement, mais derrière, certains transforment ça en semaine quasi coupée. Et le coût, ce n’est pas l’administration qui le paie. Ce sont les citoyens et les entreprises qui restent bloqués en attendant un cachet, une validation ou une simple présence dans un bureau.

Le vrai problème est là, dans beaucoup d’administrations, le temps du citoyen reste secondaire. Attendre devient normal. Revenir demain devient normal. Découvrir qu’un service entier tourne au ralenti après un pont devient normal. Comme si la vie des gens pouvait systématiquement s’adapter aux absences administratives.

Et c’est là que toute la contradiction apparaît. On parle de modernisation, de digitalisation, d’efficacité publique. Mais au moindre pont, on découvre encore des structures qui dépendent entièrement de quelques personnes absentes pendant deux jours supplémentaires.

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