Contrebande : les cigarettes gagnent-elles du terrain ?

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France : fumer près des enfants dans les lieux publics, interdit dès le 1er juilletImage d'illustration © DR

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Les chiffres du dernier rapport annuel de l’Administration des douanes et impôts indirects montrent une année 2025 particulièrement intense sur le front de la lutte contre les trafics. Derrière la hausse globale des recettes et la modernisation des outils de contrôle, un phénomène retient l’attention : la circulation des cigarettes de contrebande ne recule pas, malgré des opérations de saisies en forte progression. Le marché parallèle reste alimenté par des réseaux organisés qui profitent de la demande et des écarts de prix.

L’année 2025 confirme une tendance déjà observée ces dernières années : la pression exercée par les services de contrôle s’intensifie, mais les trafics s’adaptent. Le rapport de l’Administration des douanes et impôts indirects met en avant une hausse globale des interventions et des résultats financiers, avec des recettes douanières qui atteignent un niveau record de 161 milliards de dirhams. Cette performance s’accompagne d’une augmentation des échanges commerciaux et d’un volume de déclarations en forte croissance, dépassant les 2,1 millions d’opérations.

Focus sur la contrebande de cigarettes

Dans ce contexte, la question des cigarettes de contrebande s’impose comme un marqueur important de la lutte contre les circuits parallèles. Leur présence sur le marché reste importante, malgré les efforts déployés sur le terrain. Les autorités ont saisi plus de 843.000 unités en 2025, contre un peu plus de 254.000 l’année précédente. Cette progression de plus de 200 % montre à la fois une intensification des contrôles et une persistance du phénomène.

Au-delà des chiffres, c’est la nature même du trafic qui évolue. Les réseaux s’appuient sur des circuits diversifiés, parfois transfrontaliers, et s’adaptent rapidement aux dispositifs de surveillance. La demande reste soutenue, notamment en raison des écarts de prix entre produits légaux et illégaux. Cette réalité alimente un marché parallèle difficile à endiguer complètement, malgré les moyens déployés.

Cigarettes au Maroc : les prix flambent en 2025

L’Administration des douanes et impôts indirects a pourtant renforcé son dispositif. L’année 2025 a été marquée par une modernisation des outils de contrôle et une utilisation accrue des données. Le système informatique de dédouanement a été enrichi par des dispositifs de ciblage plus précis, permettant de concentrer les efforts sur les flux jugés à risque. Cette approche a contribué à améliorer le rendement des contrôles physiques et à détecter davantage d’opérations suspectes.

Cigarettes, cannabis, psychotropes

Les autorités ont également misé sur la technologie. Un centre national de supervision a été mis en place, permettant de centraliser la vidéosurveillance sur plusieurs sites stratégiques, notamment des ports et des postes-frontières. Grâce à ces dispositifs, les équipes peuvent suivre en temps réel les mouvements de marchandises et de véhicules, et réagir plus rapidement en cas de comportement suspect.

Cette modernisation s’accompagne aussi d’un renforcement des moyens humains. De nouveaux agents ont été recrutés et les équipes ont été réorganisées pour améliorer la présence sur le terrain. Cette combinaison entre ressources humaines et outils technologiques vise à rendre le contrôle plus efficace et plus ciblé.

Mais la lutte contre les trafics ne se limite pas aux cigarettes. D’autres produits illicites connaissent également des hausses importantes. Les saisies de drogues ont fortement augmenté en 2025, avec plus de 77 tonnes de résine de cannabis interceptées, ainsi que des centaines de milliers de comprimés psychotropes et plus d’une tonne de cocaïne et autres substances dures. Ces chiffres illustrent l’ampleur des flux illégaux auxquels les services doivent faire face.

Dans le même temps, la lutte contre la contrefaçon et la contrebande en général a permis la saisie de marchandises d’une valeur importante, en hausse par rapport à l’année précédente. Textiles, téléphonie, parfumerie ou encore produits divers alimentent ce marché parallèle qui continue de se diversifier.

Concernant spécifiquement les cigarettes, les études de terrain montrent que leur consommation issue de la contrebande reste stable, voire en légère progression. Le taux de pénétration du produit illégal est estimé à un peu plus de 1%, ce qui peut sembler faible mais représente un volume important à l’échelle nationale. Cela confirme que le phénomène est loin d’être marginal.

Les autorités reconnaissent ainsi la nécessité de maintenir une pression constante. Les contrôles renforcés, le ciblage intelligent et la coopération entre services nationaux et internationaux constituent aujourd’hui les principaux leviers d’action. Des opérations conjointes avec des organisations internationales ont également permis de renforcer la surveillance des réseaux.

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