Cybersécurité : la santé est-elle hackable ?
Photo prise lors du GITEX Future Health Africa 2026 à Casablanca © Ayoub Jouadi / LeBrief
A
A
A
A
Dossiers médicaux numérisés, télémédecine, intelligence artificielle : le secteur de la santé connaît une mutation accélérée. Mais cette transformation digitale s’accompagne d’une exposition accrue aux cyberattaques.
À GITEX Future Health Africa, la cybersécurité s’impose comme un pilier incontournable de cette transition. Pour Sallman Ouarrak, PDG de Devoteam au Maroc, il est impossible de dissocier innovation et protection : « Pour accompagner la transformation du secteur de la santé, on doit passer par la cybersécurité ».
L’enjeu est d’autant plus stratégique que les données de santé figurent parmi les informations les plus sensibles. Leur protection devient une condition essentielle pour instaurer la confiance dans les systèmes numériques.
Lire aussi : Recherche clinique et innovation : le Maroc renforce ses alliances internationales
Des parcours patients à sécuriser de bout en bout
La digitalisation ne se limite plus à certains actes médicaux. Elle englobe désormais l’ensemble du parcours patient, de l’admission à la prévention.
« Aujourd’hui, il faut accompagner tout le parcours, de l’admission jusqu’au préventif », explique Sallman Ouarrak. Cela implique une sécurisation globale des systèmes, afin de garantir la confidentialité et l’intégrité des données à chaque étape.
Dans ce contexte, les entreprises spécialisées interviennent pour assurer la conformité réglementaire et protéger les informations sensibles. « Nous faisons de la conformité pour respecter les données à caractère privé, notamment les données de santé », précise-t-il.
Au-delà de la protection, il s’agit aussi de permettre une collaboration fluide entre professionnels, dans un environnement numérique sécurisé.
L’IA, alliée… et nouvelle menace
Comme dans d’autres secteurs, l’intelligence artificielle joue un rôle croissant en cybersécurité. Elle permet notamment d’améliorer la détection des menaces et la vitesse de réaction face aux incidents.
« L’IA améliore la manière dont on détecte et dont on répond aux attaques », souligne Sallman Ouarrak. Un atout majeur dans un domaine où le temps est un facteur critique.
Mais cette évolution s’accompagne d’un paradoxe : les cybercriminels utilisent eux aussi ces technologies. « Les attaquants utilisent l’IA, donc nous devons avoir les mêmes mécanismes de défense », avertit-il.
Cette course technologique impose une adaptation permanente des systèmes de protection, sous peine de voir les vulnérabilités se multiplier.
Plus rapide, plus précise : l’IA peut-elle surpasser le médecin ?
Des risques bien réels liés à l’IA
Si l’intelligence artificielle offre de nouvelles capacités, elle introduit également de nouveaux risques. Son fonctionnement repose sur des modèles d’apprentissage qui ne sont pas infaillibles.
« Le learning peut ne pas être correctement intégré, ce qui peut rendre l’IA contre-productive », explique Sallman Ouarrak. Une mauvaise utilisation ou un entraînement biaisé peuvent ainsi conduire à des erreurs, avec des conséquences potentiellement graves dans le domaine de la santé.
Autre enjeu : la réutilisation des connaissances humaines dans les systèmes d’IA. Si ces données sont mal exploitées, elles peuvent devenir une source de vulnérabilité supplémentaire.
Dans un secteur où la précision est vitale, ces limites imposent une vigilance accrue et une supervision humaine constante.
Vers une souveraineté cyber ?
Au-delà des enjeux techniques, la cybersécurité soulève une question stratégique : celle de la souveraineté. Pour le Maroc, il s’agit de développer des capacités locales afin de protéger ses infrastructures critiques.
« L’objectif est d’accompagner la cybersécurité du Royaume d’une manière souveraine », affirme Sallman Ouarrak.
Cette ambition s’inscrit dans une dynamique plus large, portée notamment par des événements comme GITEX, qui visent à positionner le pays comme un hub régional en matière de technologies et d’innovation.
La maîtrise des outils de cybersécurité devient ainsi un levier d’indépendance, mais aussi d’attractivité pour les investisseurs et les partenaires internationaux.
Prendre le train de l’IA… sans retard
Face à ces transformations, une conviction s’impose : le statu quo n’est plus une option. Les acteurs du secteur doivent s’adapter rapidement pour ne pas se laisser distancer.
« Il faut prendre le train de l’IA », insiste Sallman Ouarrak. Si certaines tâches peuvent être automatisées à terme, l’humain reste au cœur du système.
« L’IA ne dépassera jamais celui qui l’a construite », affirme-t-il, rappelant que ces technologies doivent avant tout être perçues comme des outils d’augmentation des capacités humaines.
Dans les allées de GITEX Future Health Africa, le constat est que la transformation numérique de la santé est en marche. Mais sans une cybersécurité robuste, elle pourrait rapidement devenir son principal point de fragilité.
Entre innovation et protection, l’équilibre reste à trouver pour bâtir des systèmes de santé à la fois performants, sécurisés et souverains.
Économie - La RAM maintient ses vols entre Bamako et Casablanca malgré la dégradation sécuritaire au Mali.
El Mehdi El Azhary - 6 mai 2026Économie - Le Conseil de la concurrence examine les cosmétiques de luxe et consulte le marché jusqu’au 8 juin 2026. Ce qu’il faut retenir.
Rédaction LeBrief - 6 mai 2026Économie - Comptes MRE : les dépôts de devises en espèces sont encadrés. Voici les règles à connaître pour éviter refus, blocages et justificatifs tardifs.
Rédaction LeBrief - 6 mai 2026Economie - La CGEM et le gouvernement appellent les petites entreprises marocaines à oser l’export et à saisir les opportunités mondiales.
Mouna Aghlal - 5 mai 2026Économie - L’Observatoire marocain de la commande publique publie un guide des achats publics verts.
El Mehdi El Azhary - 5 mai 2026Économie - Le gouvernement annonce un renforcement du stockage énergétique, tandis que des critiques relancent le débat sur la Samir et la souveraineté énergétique.
El Mehdi El Azhary - 5 mai 2026Entre importations massives et produits locaux mal protégés, le Made in Morocco se retrouve au cœur d’un étrange paradoxe.
Sabrina El Faiz - 14 mars 2026Consommation - Si les fruits et légumes nous mettent déjà la tête à l’envers, les viandes et poissons ne sont pas en reste !
Sabrina El Faiz - 7 mars 2026Économie - Un arrêté du 19 mai 2025 redéfinit les règles d’exonération des indemnités liées au transport, à la représentation ou aux aides sociales. La CNSS est désormais dotée d’un cadre harmonisé avec la fiscalité, garantissant plus de clarté pour les employeurs.
Ilyasse Rhamir - 20 octobre 2025Économie – Si on réussit, l’impact est double : compétitivité économique et contribution aux objectifs de transition énergétique du Royaume.
Rédaction LeBrief - 13 mars 2026Consommation-Production locale, importations, prix, qualité, enquête sur le marché ramadanesque des dattes au Maroc.
Sabrina El Faiz - 21 février 2026Économie - Fortement dépendant des importations et du charbon pour produire son électricité, le Maroc pourrait voir sa facture énergétique augmenter si la crise perdure au Moyen-Orient.
El Mehdi El Azhary - 11 mars 2026