Carrefour de la TPME : le pari d’une exportation à la portée des petites entreprises

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Carrefour de la TPME : le pari d’une exportation à la portée des petites entreprisesPanel de discussion entre Chakib ALJ, Président de la CGEM, Karim ZIDANE, Ministre délégué chargé de l’Investissement, de la Convergence et de l’Évaluation des Politiques Publiques, et Omar HEJIRA, Secrétaire d’État chargé du Commerce extérieur, lors de la 2e édition du Carrefour de la TPME, le 5 avril 2026, Casablanca © LeBrief

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Pour la 2e édition du Carrefour de la TPME, l’accent a été mis sur l’export. En effet, cette occasion a permis de lancer un débat de fond sur le sujet : l’exportation peut-elle devenir un levier de croissance pour les très petites, petites et moyennes entreprises marocaines ? Au fil des échanges, un message s’est imposé avec force : oui, à condition de transformer l’audace entrepreneuriale en stratégie structurée, appuyée par un accompagnement public et privé renforcé.

Dès l’ouverture des travaux, Chakib Alj, président de la CGEM a placé le débat sur le terrain de la transformation économique. Pour lui, le Maroc ne peut plus considérer l’international comme un horizon réservé à une minorité d’entreprises structurées.

Les TPME, qui constituent l’ossature du tissu productif national, disposent d’atouts considérables : proximité avec les marchés, agilité, capacité d’innovation et forte adaptation sectorielle. Selon lui, le véritable enjeu consiste à lever les barrières psychologiques qui entretiennent l’idée que l’export serait un univers complexe, coûteux et inaccessible aux petites structures.

Il a insisté sur la nécessité de « dare to export », d’oser penser au-delà des frontières, en rappelant qu’un grand nombre de réussites entrepreneuriales ont commencé par une vision locale avant de conquérir des marchés extérieurs.

La qualité comme premier passeport vers l’international

Mais l’audace seule ne suffit pas. Le président de la CGEM a également mis en avant un principe fondamental : l’exportation n’est pas d’abord une question de logistique ou de douane, c’est avant tout une question de produit. Qualité, fiabilité, identité de marque et régularité de production constituent, selon lui, les véritables passeports pour l’international.

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Le Maroc dispose d’un savoir-faire reconnu, de filières artisanales et industrielles performantes, ainsi que d’une jeunesse capable d’insuffler une nouvelle dynamique aux chaînes de valeur nationales. Le défi consiste désormais à transformer cette richesse en marques marocaines fortes, identifiables et compétitives sur les marchés mondiaux.

Dans le prolongement de cette vision, Karim Zidane, ministre délégué chargé de l’Investissement, de la Convergence et de l’Évaluation des Politiques publiques  a rappelé que le Royaume a profondément renforcé son attractivité économique au cours des dernières années grâce à des investissements massifs dans les infrastructures, la connectivité logistique et les écosystèmes industriels.

Ports, plateformes industrielles, corridors logistiques, dispositifs publics d’accompagnement : autant d’outils qui placent aujourd’hui le Maroc dans une position stratégique entre l’Europe, l’Afrique et le Moyen-Orient. Pour le ministre, l’État a désormais un rôle clair : faire en sorte que ces avantages structurels profitent aussi aux TPME, et non uniquement aux grandes entreprises.

Un enjeu clé : rendre l’accompagnement plus lisible

Karim Zidane a également insisté sur un point souvent sous-estimé : l’accès à l’information. De nombreux mécanismes existent déjà, financement, accompagnement administratif, dispositifs de mise en relation, soutien institutionnel, mais restent insuffisamment connus des entrepreneurs. L’enjeu n’est donc pas seulement de créer de nouveaux outils, mais de démocratiser l’accès aux dispositifs existants, de simplifier les parcours et de rapprocher l’administration des besoins réels du terrain. Cette logique d’accompagnement doit permettre aux petites entreprises de franchir progressivement les étapes de la structuration exportatrice : certification, conformité, branding, logistique et accès au marché.

Sur le volet commercial, Omar Hejira, secrétaire d’État chargé du Commerce extérieur, a livré une lecture particulièrement offensive des opportunités extérieures. Son constat est sans ambiguïté : le Maroc dispose d’un potentiel exportateur largement sous-exploité, notamment pour les TPME.

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Il a rappelé l’existence d’un potentiel estimé à plusieurs dizaines de milliards de dirhams encore non capté, ainsi que l’accès préférentiel du Royaume à des marchés regroupant des milliards de consommateurs grâce à ses accords commerciaux. Pour le secrétaire d’État, cette ouverture internationale constitue une opportunité historique pour les petites structures marocaines, à condition qu’elles soient accompagnées vers la montée en gamme et l’internationalisation.

Réduire les freins pour libérer le potentiel export

Omar Hejira a particulièrement mis l’accent sur l’Afrique, qu’il considère comme un marché naturel d’expansion pour l’entreprise marocaine. Proximité géographique, affinités économiques, besoins croissants en biens manufacturés et en services : le continent représente, selon lui, un terrain de croissance majeur.

Il a néanmoins reconnu que des freins persistent, notamment en matière d’assurance export, de logistique et d’accès à certains réseaux commerciaux. C’est dans ce cadre qu’il a évoqué des mécanismes d’appui financier et d’assurance destinés à réduire le risque commercial et à encourager les primo-exportateurs à franchir le pas.

Au-delà des annonces, le Carrefour de la TPME aura surtout mis en lumière une évolution de doctrine. Longtemps pensée à travers le prisme des grands champions nationaux, la stratégie exportatrice marocaine intègre désormais plus clairement les petites structures comme vecteur de croissance.

Cette évolution est loin d’être anecdotique : les TPME représentent l’immense majorité du tissu entrepreneurial national. Leur intégration à la dynamique exportatrice pourrait non seulement diversifier l’offre marocaine à l’international, mais aussi renforcer la résilience économique du pays, créer davantage d’emplois qualifiés et irriguer les territoires au-delà des grands pôles industriels.

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