Face à l’IA, la montée en compétences devient stratégique
Panel de discussion entre Fatima Zahrae Chayat, professionnelle des Ressources Humaines à l’international, conseillère en communication stratégique et animatrice de podcast, Ntissar Hardaf, Directrice régionale des partenariats stratégiques pour l’Afrique et le Moyen-Orient chez Microsoft, et Salma Karim, Chef du département Capital Humain et Innovation à l’Agence de Développement du Digital (ADD) à l'UIR, le 29 avril 2026, Rabat ©LeBrief
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C’est autour de cette conviction qu’un panel réunissant trois intervenantes — Fatima Zahrae Chayat, professionnelle des ressources humaines à l’international, conseillère en communication stratégique et animatrice de podcast ; Ntissar Hardaf, directrice régionale des partenariats stratégiques pour l’Afrique et le Moyen-Orient chez Microsoft ; et Salma Karim, cheffe du département Capital humain et innovation à l’Agence de développement du digital (ADD) — décrypte les défis et les opportunités de cette nouvelle révolution technologique.
Combler le fossé entre l’université et le marché de l’emploi
Dès l’ouverture des échanges, Fatima Zahrae Chayat a posé une question centrale : comment réduire l’écart entre les compétences développées dans les cursus académiques et celles réellement attendues par les entreprises ? Dans un monde où l’IA transforme rapidement les métiers, cette interrogation devient fondamentale.
Pour l’experte RH, la jeunesse marocaine se trouve aujourd’hui face à une double réalité : d’un côté, une mutation profonde des exigences professionnelles ; de l’autre, une opportunité historique de façonner de nouvelles trajectoires de carrière. L’enjeu n’est plus seulement d’obtenir un diplôme, mais de construire une employabilité durable fondée sur l’adaptation, l’apprentissage continu et la compréhension des grandes tendances mondiales.
Pour Salma Karim, le Maroc dispose d’un atout majeur dans cette course à la transformation digitale : sa démographie. Une jeunesse largement connectée, familiarisée avec les usages numériques et naturellement ouverte aux innovations technologiques constitue un levier stratégique pour accélérer la modernisation du pays.
Selon elle, cette génération peut faire du Royaume un hub régional du digital, capable de rayonner bien au-delà de ses frontières, notamment vers l’Afrique. Mais cette dynamique doit impérativement s’accompagner d’une logique d’inclusion.
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Car si l’innovation crée des opportunités, elle peut aussi accentuer les fractures sociales et territoriales entre ceux qui ont accès aux outils numériques et ceux qui en restent éloignés. La démocratisation des compétences technologiques devient donc une priorité nationale.
L’ADD mise sur la formation et le capital humain
Face à cet enjeu, l’Agence de développement du digital multiplie les initiatives pour renforcer la culture numérique, accompagner la montée en compétences et préparer les talents aux besoins réels du marché.
Salma Karim met en avant des programmes d’envergure destinés à former des milliers de jeunes dans les domaines du digital, de la cybersécurité, de l’innovation et des technologies émergentes.
Mais au-delà du savoir-faire technique, elle insiste sur l’importance des soft skills : communication, leadership, capacité d’adaptation, gestion de projet, esprit entrepreneurial et intelligence collective. Car dans l’économie numérique, les compétences techniques ouvrent des portes ; les compétences humaines permettent d’évoluer durablement.
Du côté du secteur privé, Ntissar Hardaf apporte une lecture nuancée des impacts de l’intelligence artificielle sur l’emploi. Pour elle, l’IA ne doit pas être perçue uniquement comme une menace, mais comme un catalyseur de transformation.
Elle distingue trois grandes dynamiques : l’automatisation, qui remplace certaines tâches répétitives ; l’augmentation, lorsque l’IA améliore la performance humaine ; et enfin l’élévation, qui oriente les professionnels vers des missions à plus forte valeur ajoutée, centrées sur la stratégie, la créativité, l’innovation et la prise de décision. Dans ce nouveau paradigme, les métiers ne disparaissent pas forcément : ils évoluent, se recomposent et exigent de nouvelles compétences.
Apprendre en continu devient la nouvelle norme
Pour Ntissar Hardaf, la véritable compétence clé du XXIe siècle est la capacité à apprendre en permanence. Même dans une entreprise mondiale comme Microsoft, explique-t-elle, aucun collaborateur ne peut se permettre de cesser d’apprendre.
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Les cycles d’innovation sont devenus si rapides qu’il faut parfois désapprendre certaines méthodes, adopter de nouveaux outils et développer une curiosité intellectuelle constante. Cette culture du lifelong learning devient un impératif professionnel.
Les jeunes talents doivent ainsi miser sur leur agilité, leur capacité d’adaptation et leur ouverture à des apprentissages multiples. Le diplôme n’est plus une finalité ; il devient le point de départ d’un parcours évolutif.
Un autre enseignement majeur ressort de cette réflexion collective : le marché valorisera de plus en plus les profils hybrides, capables de conjuguer expertise technique, vision stratégique et intelligence relationnelle.
Comprendre la technologie ne suffira pas. Il faudra aussi comprendre les marchés, les besoins des entreprises, les enjeux sociétaux et les mutations économiques globales. Les professionnels de demain devront naviguer entre plusieurs disciplines, croiser les savoirs et faire preuve d’une forte capacité d’anticipation.
Une opportunité historique pour le Maroc
Ce dialogue entre expertise RH, secteur public et leadership technologique dessine finalement une vision commune : le Maroc dispose aujourd’hui d’une opportunité historique pour bâtir une économie numérique inclusive, compétitive et innovante.
Les infrastructures progressent, les stratégies nationales se renforcent, les entreprises accélèrent leur transformation digitale et la jeunesse manifeste une forte appétence pour les nouvelles technologies.
Comme l’a souligné Fatima Zahrae Chayat, le véritable défi n’est pas simplement de suivre le changement, mais de former une génération capable de le conduire. Dans cette nouvelle économie, la meilleure assurance professionnelle n’est plus un métier figé, mais la capacité d’apprendre, de s’adapter et de se réinventer sans cesse. C’est là que se joue l’avenir.
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