Barrages : près de 17 milliards de mètres cubes stockés au 16 février 2026

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Remplissage des barrages : les pluies de décembre redonnent de l’oxygène aux réserves hydriques du MarocLe barrage Youssef Ibn Tachfine sur l'oued Massa, dans la province de Tiznit © DR

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Au 16 février 2026, le taux de remplissage global des barrages marocains s’établit à 70,59%, pour un volume stocké de 16,76 milliards de mètres cubes, selon les données officielles publiées par le ministère de l’Équipement et de l’Eau. À la même date en 2025, ce taux ne dépassait pas 27,58%, ce qui confirme une amélioration hydrique notable sur un an.

Le bassin du Loukkos affiche un taux de remplissage élevé de 94,36%, avec près de 1,91 milliard de mètres cubes stockés. Plusieurs barrages de ce bassin atteignent ou frôlent leur capacité maximale, notamment Oued El Makhazine, Dar Khrofa ou encore Chefchaouen. Cette situation place le Loukkos parmi les bassins les plus confortables du Royaume à cette période de l’année.

Dans le bassin de la Moulouya, le taux global atteint 60,25% (717,20 millions de mètres cubes). Si certains ouvrages affichent des niveaux satisfaisants, d’autres restent en deçà de leur capacité, traduisant une répartition inégale des apports.

Lire aussi : Inondations : barrages, déversements et rôle de l’« Autoroute de l’eau »

Le bassin du Sebou se distingue par un volume particulièrement important : 5,55 milliards de mètres cubes, pour un taux de remplissage de 91,17%. Il s’agit du bassin le plus doté en volume absolu. Des barrages structurants comme Al Wahda, Idriss Iᵉʳ ou Allal El Fassi contribuent largement à cette performance, consolidant la sécurité hydrique des régions concernées.

Du côté du bassin de l’Oum Errabiâ, la situation apparaît plus contrastée. Le taux de remplissage global atteint 45,44%, pour un volume stocké de près de 4,95 milliards de mètres cubes. Si certains barrages présentent des niveaux satisfaisants, d’autres, notamment dans les zones amont, restent relativement bas, ce qui pourrait peser sur les usages agricoles en cas de déficit pluviométrique au printemps.

Le bassin du Tensift enregistre un taux de 84,75%, avec 227,30 millions de mètres cubes stockés. Cette performance repose notamment sur des ouvrages de taille moyenne, mais le volume total demeure modeste comparé aux grands bassins du nord et du centre.

La situation est plus tendue dans le bassin du Souss-Massa, où le taux de remplissage plafonne à 54,53% (731,22 millions de mètres cubes). Dans une région fortement dépendante de l’irrigation agricole, cette réserve reste sous surveillance, d’autant que les nappes phréatiques y sont historiquement surexploitées.

Le bassin de Draa-Oued Noun affiche un taux de 34%, avec environ 1,05 milliard de mètres cubes stockés. Malgré un volume significatif, le pourcentage relativement bas reflète la grande capacité théorique des ouvrages de cette zone aride.

Enfin, le bassin du Ziz-Ghris présente un taux de 60,13%, pour un volume avoisinant 536,97 millions de mètres cubes.

Une amélioration notable par rapport à 2025

La comparaison annuelle souligne un redressement spectaculaire. À la même date en 2025, le taux global n’était que de 27,58%, soit un différentiel de plus de 43 points. Cette progression s’explique par des apports pluviométriques plus soutenus au cours de l’automne et de l’hiver 2025-2026, après plusieurs campagnes marquées par un déficit hydrique sévère.

Certains barrages qui affichaient des niveaux critiques l’an dernier dépassent aujourd’hui 80%, voire 90% de remplissage. Cette évolution offre une marge de manœuvre appréciable pour l’alimentation en eau potable et l’irrigation au printemps et en été.

Malgré cette amélioration globale, la situation reste hétérogène. Les bassins du nord et du centre bénéficient d’un confort relatif, tandis que les zones sud et sud-est demeurent plus vulnérables, structurellement exposées à l’irrégularité des précipitations.

Par ailleurs, un taux de remplissage élevé en février ne garantit pas, à lui seul, une campagne agricole sans tension. La répartition spatiale des réserves, la gestion des lâchers d’eau et l’évolution climatique des prochains mois seront déterminantes.

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